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paysage céréalier Ce mois-ci dans Perspectives Agricoles

Séparation du conseil et de la vente : quelles répercussions pour les agriculteurs ?

21 janvier 2021

Depuis le 1er janvier 2021, la mise en application de la séparation du conseil et de la vente des produits phytopharmaceutiques est effective. Décryptage avec Nathalie Verjux, chef du service « Protection intégrée des cultures » chez ARVALIS.

Perspectives Agricoles : Dans quel contexte s’inscrit cette réforme ?

Nathalie Verjux : Le dispositif a été ébauché en 2018 dans le cadre de la loi EGALIM, qui vise à équilibrer les relations commerciales dans le secteur agricole et alimentaire. Après une ordonnance en 2019, les actes administratifs signés en octobre 2020 décrivent les conditions de l’indépendance des activités de conseil d’une part, de vente et/ou d’application des produits phytopharmaceutiques d’autre part. Afin de réduire les usages de ces produits, l’État veut garantir que les activités de conseil aux agriculteurs concernant l’utilisation de ces produits seront indépendantes de tout intérêt commercial. Néanmoins, l’incompatibilité entre la vente et le conseil n’interdit pas à un vendeur de délivrer des informations appropriées à l’agriculteur qui achète le produit (cible, dose recommandée, conditions de mise en œuvre, consignes de sécurité…)


P.A. :
Qu’entend-on par « conseil indépendant » ?

N.V. : La loi distingue deux types de conseils indépendants de la vente : le conseil stratégique et le conseil spécifique. Le conseil stratégique est rendu obligatoire. Il doit prendre place deux fois en cinq ans et des justificatifs seront exigés lors du renouvellement du Certiphyto pour l’agriculteur.

Quant au conseil spécifique, il est facultatif. Il repose davantage sur un suivi en campagne. Il doit privilégier les méthodes alternatives, justifier l’emploi de produits phytopharmaceutiques comme solution de dernier recours, et orienter vers les spécialités qualifiées de moindre « impact sur la santé publique et l’environnement ». Des critères pas toujours simples à identifier.


P.A. :
En quoi consiste le conseil stratégique obligatoire ?

N.V. :
Un conseiller visite l’exploitation et rédige un diagnostic : spécificités pédoclimatiques, sanitaires et environnementales de l’exploitation, organisation et situation économique, analyse des moyens humains et matériels, des cultures et précédents culturaux, et analyse de l’évolution des pratiques phytosanitaires.
Il délivre un plan d’action écrit pour diminuer l’usage des « phytos » et prévenir les risques d’impasses et de résistance. Il donne également des recommandations sur les solutions alternatives ou les produits utilisables en derniers recours.
Le diagnostic doit être renouvelé au moins tous les six ans et le conseil stratégique tous les deux à trois ans (deux conseils exigés par période de cinq ans). Les justificatifs de ces conseils sont à conserver six ans. Une période de transition est prévue : il n’y aura pas de conseil stratégique obligatoire si le renouvellement du Certiphyto intervient en 2021, 2022 ou 2023 ; un conseil stratégique sera obligatoire si le renouvellement intervient en 2024 ou 2025 ; deux conseils stratégiques seront obligatoires si le renouvellement intervient à partir de 2026.


P.A. :
La loi prévoit des exemptions. Qui est concerné ?

N.V. : Les exploitations « engagées dans une démarche ou une pratique ayant des incidences favorables sur la réduction de l’usage et des impacts des produits phytopharmaceutiques » sont examptées de conseil stratégique. Sont ainsi concernées les exploitations en agriculture biologique ou en conversion, ou ayant une certification environnementale de niveau 3 (HVE). De même, les exploitations n’utilisant que des produits de biocontrôle selon la liste établie mensuellement par la DGAL et/ou des substances de base (liste européenne) et/ou des substances à faible risque (liste européenne), sont exemptées de ce conseil obligatoire. Toutefois, ces solutions sont loin de couvrir aujourd’hui tous les bioagresseurs dommageables aux grandes cultures.
En outre, la fréquence obligatoire de ce conseil stratégique est ramenée à un tous les cinq ans quand les surfaces traitées annuellement font moins de 10 hectares.

Pour accéder à l’ensemble du numéro, rendez-vous sur le nouveau site de Perspectives Agricoles.


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12 commentaires 23 janvier 2021 par BONGIBAULT

Du grand n importe quoi. Arrêtons ce système pour laver plus blanc que blanc et qui ne sert qu a satisfaire toute 1 populace d ecolos qui ne connaissent en aucun cas les méthodes de culture. PAUVRE FRANCE !

23 janvier 2021 par CAROUX

Philippe Il serait temps que la profession réagisse contre ce parasitisme administratif!

22 janvier 2021 par VI

On prend vraiment les agriculteurs pour des c...Depuis qu'ils on les pieds dans la boue sur l'exploitation derrière les parents et l'école avec des formations en tout genre,ils la connaissent leur terre ou leur blé. Le jour ou ils ont besoin d'un conseil, c'est bien à eux de le demander je pense

22 janvier 2021 par LEFORESTIER

Et dans votre newsletter juste au dessus de cet article : une pub pour un fongicide, on nous prend vraiment pour des nazes !!!

22 janvier 2021 par SEGAULT

Tellement de dégoût. Ils ont fini par tuer la passion que j'avais pour ce métier. Plus d'envie, juste du désespoir et de la colère.

22 janvier 2021 par AMBROGIO

les technocrates tu leur donne le Sahara au bout de six moi il rachète du sable (Coluche).De ne pas produire dans les zones a climat tempéré c est prendre le risque de famine ( politique du ventre plein). De choisir dans la société cinquante personnes au hasard qui ne connaisse rien, pour leur demander leur avis, faut pas s'étonner du résultat..

22 janvier 2021 par BOUTET

oui effectivement , cela va encore nous faire débourser de l argent dans une conjoncture difficile sans compter le temps passer a faire les démarches administratives......... Révoltant , car on essaie de faire des économies et a chaque instant il faut payer un service

22 janvier 2021 par SEGAERT

Apparemment nous ne connaissons pas bien notre métier. A quoi bon se former, s'il faut un tiers pour nous diagnostiquer et nous donner les itinéraires de traitements ou méthodes alternatives. Vraiment, on nous prend vraiment pour des ignares et des incompétents!!!! C'est grave très grave les amis, je suis révolté. Vous verrez, un jour, ils nous interdiront même d'intervenir les week-ends, pas trop tôt le matin et pas trop tard le soir.

22 janvier 2021 par DEBRE

Encore de nouveaux parasites à nourrir il n'y en avait pas assez...

22 janvier 2021 par LETIERCE

et qui connait mieux sont exploitation que l'exploitant ? Celui qui vient une fois va voir la situation de ce jour là ... mais il ne fera pas nécessairement le bon conseil en lien avec la situation ! C'est ridicule. Plus d'état tue l'état.

22 janvier 2021 par ROBIN

Combien coûte la plaisanterie et qui va l'a payer ?...

22 janvier 2021 par PARYSECK

Et personne ne dit combien ça va coûter !!!

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