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Apport d’azote sur un semis tardif de blé dur en 2020, en Poitou-Charentes Messagerie Poitou-Charentes

Semis très tardifs de blé dur : adapter la fertilisation azotée

16 avril 2020

De nombreuses surfaces, notamment en marais, ont été semées en blé dur ces dernières semaines. Si les références expérimentales sont peu nombreuses, il est quand même possible d’apporter quelques propositions techniques pour ces semis très tardifs, notamment vis-à-vis de la fertilisation azotée.

Le fait de semer à une date très tardive aura différentes conséquences :
- une réduction des besoins thermiques pour émettre une nouvelle feuille : un peu plus de 80°C base 0°C sont nécessaires pour émettre une feuille en semis tardif, contre 105 à 110°C pour un semis d’automne ;
- une phase de tallage très raccourcie et une arrivée rapide du stade épi 1 cm ;
- des enchaînements de stades accélérés par le fait qu’ils se déroulent à des périodes beaucoup plus chaudes et avec de fortes intensités lumineuses (jours plus longs, soleil plus haut) ;
- une réduction importante de la surface foliaire mise en place (moins de feuilles par plante car moins de talles) ;
- une quantité d’énergie lumineuse captée fortement réduite en raison du fort raccourcissement du cycle et de la réduction de la surface foliaire ; et par conséquent, une moindre production de matière sèche par plante ;
- un cycle qui se déroule en période plus chaude et plus sèche, loin de l’optimum de croissance des céréales à paille, avec un risque de stress hydrique et d’excès thermique beaucoup plus élevé.

On peut s’attendre à observer un stade épi 1 cm vers le 10-15 mai et une épiaison vers le 5-10 juin. La récolte pourrait intervenir au cours de la dernière décade de juillet. Ces plages de dates seront très dépendantes des températures et du déficit hydrique sur la période.

De ce fait, le potentiel de rendement est fortement réduit et plus aléatoire. Il sera donc nécessaire d’ajuster la dose totale et d’adapter le fractionnement.

Adapter la dose d’azote à un potentiel réduit

La perte de potentiel à prévoir en marais et directement liée à la réduction de la biomasse et à l’impact des stress hydriques et thermiques. Pour ne pas pénaliser le rendement et la qualité, une diminution d’environ 30-35 % de l’objectif de rendement habituellement retenu paraît raisonnable :
- pour un objectif habituel de 90 q/ha, on pourra retenir une valeur de 55-60 q/ha environ,
- pour un objectif habituel de 75 q/ha, on pourra retenir une valeur de 45-50 q/ha environ.

Les doses d’azote prévisionnelles seront donc réduites d’une centaine de kg N/ha par rapport aux doses prévues en semis normal.

Un fractionnement basé essentiellement sur les prévisions de pluies

La rapidité de l’enchaînement des stades et leur survenue à des périodes où les pluies peuvent être aléatoires doivent inciter d’une part à simplifier le fractionnement et à déclencher les apports avec l’opportunité des pluies prévues. Un compromis raisonnable peut consister à réaliser deux apports :
- un premier apport représentant l’essentiel de la dose prévisionnelle sera apporté à partir de 2-3 feuilles dès que les conditions climatiques seront favorables (pluie de 10-15 mm prévue) ;
- le solde de 40 à 60 kg N/ha (à ajuster en fonction du total prévu) sera déclenché à partir de 2 nœuds avec la même règle climatique que le premier ;
- selon que les conditions sont plus ou moins favorables, le dernier apport pourra être réduit ou revu légèrement à la hausse pour assurer la qualité du grain.

Exemple : pour une dose de 140 à 170 kg N/ha, apporter 100-110 kg N/ha à partir de 2-3 feuilles, puis 40-60 kg N/ha à partir de 2 nœuds pour solder la dose totale.

Compte tenu du risque de températures élevées et de pluies aléatoires, il sera préférable de privilégier les formes d’azote les plus robustes vis-à-vis du risque de volatilisation.

Fiche distribuée par le Comité Régional Blé dur Ouest-Océan animé par ARVALIS – Institut du végétal et auquel participent les organismes suivants : CDPM, Chambres d’Agriculture de Charente Maritime, Deux Sèvres et Vendée, Océalia, SICA Atlantique, Soufflet Agriculture, Terre Atlantique
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