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Baisser les densités de semis des céréales Messagerie Centre / Ile-de-France / Auvergne

Semis des céréales : les économies possibles sans prendre de risque

17 octobre 2019

Des difficultés de trésorerie peuvent amener à rechercher des économies de charges au moment du semis. Le point sur les pistes possibles et les erreurs à ne pas faire.

Jusqu'où baisser les densités de semis ?

Les enquêtes sur les pratiques montrent que les densités de semis mises en œuvre par les agriculteurs sont en moyenne de 10 % supérieures à nos préconisations (cf. guides Choisir & Décider – Variétés et interventions d’automne). Celles-ci sont d’ailleurs des optima autour desquels une marge de manœuvre existe sans trop de pénalités. Il y a donc des économies possibles !

Les céréales à paille possèdent en effet de multiples mécanismes de compensation au cours de leur développement et la mise en place des composantes du rendement, entre le tallage, la fertilité épi et le poids de mille grains (PMG). Nos essais en Auvergne, dans le Centre et en Bourgogne montrent qu’entre 200 et 400 grains semés au m2, le rendement dépend peu de la densité de semis (figure 1).

Figure 1 : Au-dessus d’une densité de semis de 150 grains/m2, le rendement du blé varie peu (essais ARVALIS Auvergne, Centre et Bourgogne, semis de début octobre à fin novembre)

Ce constat reste vrai pour des semis de début octobre jusqu’à fin novembre (figure 2). Par contre, nos essais montrent que la réduction de la densité en dessous de 150 grains/m2 pour des semis de novembre peut entraîner une baisse de rendements. C’est là que l’on pourra situer la limite à ne pas franchir avec des semences de bonne qualité sanitaire et en l’absence de risque de ravageurs du sol.

Figure 2 : Les densités inférieures à 150 grains/m2 peuvent être mises à mal dans le cas de semis tardifs (62 essais blé ARVALIS Auvergne, Centre et Bourgogne)

Plus largement, la limite de densité jusqu’à laquelle il est possible de descendre doit être réfléchie en fonction des risques de pertes à la levée. En moyenne, on considère que le taux de perte entre le semis et la levée est de 15 %. Ce chiffre doit être réévalué à la hausse dans certaines situations :
- Structure du sol dégradée. La sécheresse prolongée sur la quasi-totalité de la campagne 2018/2019 a pu non seulement empêcher les argiles de bénéficier de l’action gel/dégel cet hiver mais également de travailler les sols cet été. Si les préparations de semis sont motteuses ou les structures toujours dégradées, le risque de perte est plus élevé, surtout si les conditions restent sèches.
- Risque lié aux ravageurs du sol. Il convient de bien évaluer ce risque, notamment vis-à-vis des limaces, sans oublier les taupins ou le zabre.
- Faculté germinative des semences de ferme. Celle-ci peut être inférieure à celle des semences certifiées (qui est généralement supérieure à 90 %). Même si le risque de grains fusariés est faible pour la récolte 2019, il peut être opportun de réaliser un test sur un échantillon du lot destiné au semis.

Evaluer ses PMG pour déterminer les bonnes doses en kg/haUne fois la densité de semis déterminée, il reste alors à convertir le nombre de grains/m² en dose kg/ha. Cette dose correspond au PMG multiplié par le nombre de grains/m²/100.
Le PMG est variable entre variétés mais également d’une année à l’autre. Il est donc recommandé de prendre en compte les PMG réels. Une différence de 3 g dans la détermination du PMG se traduit par une différence moyenne de 10 kg de semences/hectare.

Assurer une très bonne qualité de semis

Si des réductions de densités sont possibles par rapport aux pratiques habituelles, il est nécessaire d’avoir une très bonne qualité de semis pour limiter les risques. Un semis à profondeur régulière et suffisante (3 à 4 cm) et bien rappuyé permettra de limiter à la fois les pertes à la levée et celles éventuellement liées à l’application d’herbicide d’automne.

Attention aux économies sur le traitement de semence : les pertes peuvent être très lourdes !

La protection fongicide des semences reste incontournable contre certaines maladies très dommageables et pour lesquelles il n’existe aucun moyen de lutte en végétation. C’est le cas de la carie commune du blé : ne pas traiter les semences contre cette maladie en l’absence d’analyse sanitaire ou pour des semis sur sol potentiellement contaminé, c’est non seulement prendre un risque sur la commercialisation de la récolte mais également mettre en danger le statut sanitaire de la parcelle (et des parcelles voisines), du fait de la dissémination des spores à la récolte et de leur forte longévité. Et cela pour des économies d’intrants relativement faibles.

A noter, en outre, qu’hormis le traitement spécifique piétin échaudage, les autres spécialités disponibles en traitements des semences sont multicibles.

Concernant l’orge, la contamination des semences par le charbon nu nécessite une surveillance attentive pour une application d’un traitement de semences adapté, cette protection est fortement recommandée pour les parcelles de production de semences.

Le risque de certains ravageurs du sol (taupins, zabre) doit également être pris en compte pour une protection des semences adaptée contre les attaques des larves.

Tableau 1 : Coût du traitement de semences fongicide au regard du risque pris s’il n’est pas appliqué

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1 commentaires 20 octobre 2019 par BURIDANT

Bonjour les semences fermière sont un bon levier pour réduire les frais du au semis

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