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Semis précoce de maïs dans le Sud-Ouest en 2019 Messagerie Sud-Ouest

Semis de maïs précoces : veiller à de bonnes conditions

21 mars 2019

Opter pour un semis précoce de maïs permet de réduire les frais de séchage et d’esquiver le stress hydrique de l’été. Il est toutefois nécessaire de soigner la conduite des implantations.

Semer tôt pour récolter plus sec

Les frais de séchage représentent des charges importantes en maïs. Pour récolter des maïs plus secs, plusieurs leviers sont disponibles.

Semer plus tôt

En sud Aquitaine, on estime qu’un semis du 10 avril permet de gagner 10 points d’humidité à la récolte par rapport à un semis du 10 mai (pour une même date de récolte). Le tableau 1 donne les dates limites théoriques de semis pour espérer atteindre 24 % d’humidité avant le 20 octobre en fonction du secteur géographique et de la précocité variétale.

Tableau 1 : Date limite de semis en fréquentiel (médiane) pour atteindre 24 % d’humidité avant le 20/10

Choisir une variété plus précoce

Le choix de la précocité d’une variété est un compromis technico-économique entre le rendement et l’humidité. A rendement équivalent, il est bien entendu plus intéressant de choisir la variété qui aura l’humidité à la récolte la plus faible. A noter que plus les prix du maïs sont bas, plus il devient intéressant de précocifier ses variétés.

Récolter plus tard

C’est un pari un peu hasardeux à double titre. Les conditions climatiques ne permettent pas tous les ans de repousser la date de récolte. De plus, les récoltes tardives favorisent le développement des champignons de type Fusarium, producteurs de mycotoxines, ce qui est très dommageable pour nos débouchés.

Pour limiter les pertes de rendement et essayer d’esquiver le stress hydrique

Semer tôt peut permettre d’augmenter son potentiel de rendement, grâce à la mise en place précoce d’une surface foliaire capable d’intercepter le rayonnement des jours longs (juin-juillet), et ceci afin de maximiser la photosynthèse.

L’autre atout des semis précoces est d’avancer le stade floraison (stade le plus sensible au déficit hydrique), et donc d’espérer « esquiver » la période de fort stress hydrique en été. Bien entendu, la réussite de cette stratégie dépend de la météo. Le choix d’une variété plus précoce (de surcroît semée tôt) permet également d’avancer le stade floraison.

Quels sont les risques ?

Le gel peut être un risque pour les semis trop précoces. En fonction de la zone, la date du dernier gel à 0°C varie entre mi-mars et mi-avril (tableau 2). Jusqu’à à 4-5 feuilles, l’apex est situé sous la surface du sol. Il n’est affecté que si le gel est très important ou en cas de semis superficiel. Certains sols sont plus à risque : sols caillouteux, sableux. La présence d’eau aggrave l’impact. En général, à ce stade les plantes repartent. A partir de 6 feuilles, l’apex atteint la surface du sol, le risque de gel est alors plus important.

Tableau 2 : Date du dernier jour de gel à 0°C sur la période janvier-juin – Etude fréquentielle sur la période 1997-2016

Source : ARVALIS – Institut du végétal et Météo France.



Les levées en semis précoces étant plus longues du fait des températures fraîches, les maïs sont plus exposés à des problèmes agronomiques (battance des sols) et aux bio-agresseurs. Les attaques de ravageurs du sol peuvent être plus importantes en semis précoces (taupins, limaces, nématodes…). La flore adventice change également, et on voit se développer des adventices des cultures de printemps (mercuriale, renouée liseron…).

Quelles précautions prendre ?

En fonction des conditions de la parcelle, les semis précoces sont plus ou moins faisables (tableau 3).

Tableau 3 : Faisabilité des semis précoces

Les conditions d’implantation sont au moins aussi importantes que la date de semis, notamment pour les semis d’avril. Quelle que soit la date de semis, il est indispensable d’attendre un bon ressuyage de la parcelle avant d’intervenir pour éviter lissage et tassements préjudiciables à l’enracinement. Il faut aussi noter qu’un sol ressuyé se réchauffera mieux. Par ailleurs, on évitera les préparations de sol trop fines, notamment en sols sensibles à la battance. Cette règle est encore plus importante pour les semis précoces, plus exposés pendant la phase sensible entre le semis et la levée.

Tout ce qui favorisera le démarrage rapide de la culture sera à privilégier : variété à bonne vigueur au départ, engrais starter localisé dans la raie de semis. Une protection insecticide en micro-granulés dans la raie de semis sécurisera le peuplement. Enfin, en semis précoce, le recouvrement de l’inter-rang peut être lent et le re-salissement des parcelles peut exiger un renforcement du programme herbicide ou un rattrapage mécanique au moyen d’un binage.

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