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Chantier de semis de maïs en 2019 en Normandie Messagerie Normandie

Semis de maïs : des pluies favorables aux levées

25 avril 2019

Les chantiers d’implantation du maïs sont en cours... les pluies en milieu de semaine 17 pourraient profiter aux levées des semences. Ce qu’il faut savoir pour réussir ses semis.

Il est important de soigner la préparation du sol : attention aux préparations trop creuses et soufflées, notamment en conditions sèches. Un défaut de rappuyage limite les contacts sol-graine et racines-sol, ce qui compromet l’humidification de la graine et le bon enracinement de la jeune plantule. Or, un bon enracinement est indispensable pour assurer une alimentation hydrique et minérale du maïs satisfaisante.

Point climatique au 22 avril 2019

Depuis mi-mars, les précipitations sont inférieures à la médiane sur 20 ans de 20 à 30 mm selon les secteurs. L’Eure et l’Orne sont les départements les plus touchés. Depuis début avril, la majorité des secteurs ont reçu entre 10 et 15 mm (carte 1).

Carte 1 : Pluviométrie entre le 1er et le 22 avril 2019

Des averses sont prévues à partir du 24 avril comme l’annoncent les prévisions Taméo® pour Rots (14) (figure 1). Celles-ci pourraient favoriser la levée du maïs.

Figure 1 : Prévisions climatiques à Rots (14)

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Le semis, une étape primordiale

Engrais starter : bien le positionner

L’apport d’un engrais starter au semis du maïs peut se justifier quand les conditions de démarrage de la culture sont difficiles.

L’effet starter se traduit par une meilleure vigueur de la plante dans la phase d’installation, souvent par un gain de précocité (floraison et récolte) et parfois par un léger gain de rendement. Cet effet est essentiellement dû au phosphore et il n’est observé que si l’engrais est localisé à proximité de la graine. En effet, les racines des jeunes plantes de maïs ne parviennent pas toujours à valoriser cet élément minéral présent dans le sol, même lorsque que les teneurs à l’analyse sont élevées (tableau 1).

L’effet d’une fumure starter est surtout visible quand les conditions sont difficiles pour la culture après le sevrage de la graine à 5-6 feuilles et jusqu’au stade 8-10 feuilles : sol froid, excès d’eau, excès d’acidité, tassement…

Tableau 1 : Préconisations engrais starter sur maïs en fonction des conditions de culture

(Source : ARVALIS – Institut du végétal)

Deux types de produits peuvent être utilisés.

• L’engrais starter classique, type 18-46, est distribué par le système de fertiliseur du semoir. On cherche à placer l’engrais suffisamment près de la graine pour que les premières racines y trouvent facilement le phosphore, mais pas trop près pour éviter l’absorption trop importante d’azote sous forme ammoniacale (risque d’intoxication de la plantule). En pratique, on vise 5 cm sur le côté et 5 cm en dessous de la ligne de semis et une régularité de distribution sur la ligne.

• Les micro-granulés starter, aux doses préconisées, amènent moins de phosphore qu’un 18-46 (de l’ordre de 10 unités/ha P2O5) et ont un effet intermédiaire entre un engrais starter et un témoin sans engrais starter. Ils ont l’avantage de représenter des volumes plus faibles à l’hectare (20 à 25 kg/ha selon les produits) mais restent coûteux. Ils sont répartis par le distributeur de micro-granulés insecticide. Dans ce cas l’engrais est localisé dans la raie de semis, à côté de la semence.

En sol peu pourvu en phosphore (ne recevant jamais d’effluents organiques par exemple), les micro-granulés starter doivent impérativement être accompagnés d’un apport en plein.

Figure 2 : Positionnement d’un engrais starter en comparaison avec un produit micro-granulé starter

(Source : ARVALIS – Institut du végétal)

Lutter contre les corvidés

Sur maïs, les attaques ont essentiellement lieu autour du semis et de la levée, elles sont parfois prolongées au-delà du stade 4 feuilles. En réalité, il n’y a pas de solution miracle.

La première protection consiste à éviter d’attirer les oiseaux notamment autour du semis : éviter un semis décalé dans le temps par rapport aux parcelles environnantes ou un semis très proche du travail du sol, bien contrôler la profondeur de semis et ne pas laisser de graines en surface. Un semis au-delà de 5 cm de profondeur pourrait être préjudiciable à la qualité de la levée et n’éloignera pas les corbeaux

Il existe des traitements de semences répulsifs à base de thirame ou de zirame. Leur efficacité reste moyenne et très variable selon le contexte. Elle est insuffisante face à des attaques importantes.

Il peut être mis en place des systèmes d’effarouchement : canon à gaz, cerf-volant… mais l’efficacité reste toute relative également.

Lutter contre les taupins

Dans les situations à risque taupins (précédent prairie/graminées et ou sol riche en matières organiques), depuis le retrait du Sonido, le recours à des produits microgranulés est la seule option possible : ils ne sont pas tous équivalents en termes d’efficacité.

Les conditions d’emploi du produit Force 1,5G (à base de téfluthrine) ont évolué : les microgranulés de ce produit doivent désormais être enfouis à plus de 3 cm de profondeur. Or, ce positionnement n’est pas compatible avec une protection efficace contre les attaques de taupins sur jeunes maïs. Dans nos expérimentations, l’efficacité de Force 1,5G est de 78 % lors d’une application avec diffuseur ; elle chute à seulement 25 % lors d’une application sans diffuseur. Compte tenu de ses nouvelles conditions d’emploi, ce produit ne présente plus d’intérêt technique pour la protection du maïs contre les taupins.

Les autres produits microgranulés à base de pyréthrinoïdes (Belem 0,8MG, Fury Geo, Karaté 0,4GR, Trika Expert+) demeurent applicables avec diffuseur. De fait, ils présentent un niveau de protection contre les taupins satisfaisant à condition de soigner le réglage de la dose de produit et les conditions d’application des microgranulés au moment du semis.

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