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Chantier de semis d’orge de printemps dans une parcelle de Poitou-Charentes pendant l’hiver 2020 Messagerie Poitou-Charentes

Semis de céréales toujours plus tardifs : choisir des espèces et des variétés adaptées

23 janvier 2020

Les chantiers d’implantation des céréales ont repris avec le retour de conditions plus favorables ces dernières semaines. Certaines parcelles prévues en céréales sont encore en attente d’être semées : voici quelques éléments pour décider de la conduite à adopter.

La situation est très hétérogène au sein de la zone Poitou-Charentes, avec des semis plus compliqués dans les secteurs les plus hydromorphes.

Opter de préférence pour une culture de printemps

A partir de fin janvier, le potentiel de rendement d’une céréale d’hiver commence à être fortement pénalisé. Les pertes de rendement seront au minimum de l’ordre de 30 à 40 % par rapport à un semis de fin octobre, si les semis peuvent être réalisés d’ici fin janvier. Au-delà de cette période, les pertes de potentiel attendues sont encore plus importantes (de 40 à 60 %) ; sauf si l’irrigation est disponible et peut permettre de préserver un peu mieux le potentiel, la perte sera limitée mais malgré tout, le potentiel atteignable en semis d’automne sera réduit.

En sol sensible à l’excès d’eau et à ressuyage lent, les fenêtres propices au semis sont souvent rares en sortie d’hiver. Dans ces situations, il semble plus opportun de se tourner vers une culture de printemps.

Si le choix retenu est de rester sur une céréale à paille, il est bien sûr nécessaire d’adapter l’itinéraire technique à ce contexte de semis très tardif.

Quel choix d’espèce et de variétés ?

Blé tendre d’hiver

Certaines variétés de blé tendre sont encore envisageables jusqu’à mi-février du fait de leur alternativité, de leur précocité à épiaison et, en synthèse, de leur potentiel accessible correct en semis tardif. Les variétés les mieux adaptées sont précoces à épiaison mais disposent aussi d’une note d’alternativité élevée.

Tableau 1 : Principales variétés de blé tendre adaptées aux semis très tardifs

Pour un semis postérieur au 31 janvier, il est recommandé de se rabattre sur des céréales de printemps.

Orge de printemps

L’orge de printemps offre une productivité supérieure à celle d’un blé de printemps. A semer dès à présent lorsque les conditions sont favorables. Si l’irrigation est possible, le potentiel de l’espèce reste intéressant, y compris en sol peu profond jusqu’à mi-février.

Blé dur

Le blé dur de printemps peut aussi être une bonne alternative pour des semis de céréales à paille au printemps, à condition d’avoir un sol assez profond ou de l’irrigation possible. En effet, le raccourcissement du cycle le rend plus sensible aux stress hydriques de fin de cycle. Ici, nulle nécessité d’adaptation variétale, toutes les variétés de blé dur sont de type printemps et les variétés disponibles sont de précocités comparables. Il convient toutefois d’être très attentif à la conduite de culture : la fertilisation azotée doit être soignée pour assurer une teneur en protéines compatible avec les exigences du marché (14 %) et la protection de l’épi devra être suivie de près pour assurer là aussi qualité sanitaire et technologique.

Une densité de semis entre 350 et 400 grains/m²

Les capacités de tallage étant réduites en semis tardif, on sèmera à une densité de 350 grains/m2 en sols de limon si les conditions de semis sont optimales et de 380 à 400 grains/m2 en conditions plus difficiles et en sols argileux.

Retournement de parcelle ou zone de parcelle : ne pas se précipiter

Lorsque le problème du retournement se pose, il faut en premier lieu analyser la répartition spatiale des plantes au sein de la parcelle.

Il est toujours plus facile de prendre une décision de resemis sur des zones bien délimitées : fourrières, zones plus hydromorphes… que lorsque le peuplement moyen global de la parcelle est atteint ; ou encore, lorsque seules les traces de tracteur au semis sont non levées.

Pour décider d’un retournement, la valeur indicative est de 100 pieds/m². Mais on peut sans risque descendre à 80 pieds/m2 pour du blé tendre. En effet, si les conditions sont bonnes, le tallage et la fertilité épi peuvent rattraper une partie du potentiel. Les orges sont plus sensibles à la composante de rendement "nombres d’épis" : les seuils seront donc revus à la hausse pour cette espèce.

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