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Epis de seigle en Poitou-Charentes Messagerie Poitou-Charentes

Semis tardifs de céréales : faut-il revoir ses choix d’espèces ?

05 décembre 2019

Les chantiers d’implantations de céréales ne sont toujours pas terminés… Avec des dates de semis plus tardives, de nombreux agriculteurs s’interrogent sur la pertinence de conserver sa sélection d’espèces ou de la modifier. Quelques clés de décision.

Les références expérimentales sur le potentiel des différentes céréales en semis très tardifs sont peu nombreuses mais la connaissance de leur comportement agronomique et de leurs exigences en matière de conduite culturale peuvent aider dans la prise de décision.

La décision finale repose sur un compromis dépendant du potentiel de l’espèce à la date de semis envisagée, des marges prévisionnelles comparées des différentes espèces et du nécessaire maintien d’un équilibre entre cultures au sein de l’exploitation.

Blé tendre

Sous réserve de choisir une variété précoce et dont la note d’alternativité n’est pas limitante, il est possible sans prendre de risque physiologique majeur de semer du blé tendre jusqu’à la fin du mois de janvier. Le potentiel de rendement sera très sérieusement pénalisé par rapport à un semis de fin octobre. On peut estimer la baisse de potentiel pour un semis de mi-janvier d’environ 15 à 20 q/ha en sol profond, de 30 à 35 q/ha en sol superficiel.

Blé dur

Toutes les variétés de blé dur étant des variétés de printemps, l’espèce se prête facilement à des semis très tardifs. Toutefois, la perte de potentiel par rapport à des semis de fin octobre/début novembre sera du même ordre de grandeur que celle observée en blé tendre pour des semis de janvier. L’espèce ayant un système racinaire plus fragile que le blé tendre, il faut également privilégier son implantation en première paille et éviter les précédents maïs sauf si ceux-ci ont été récoltés tôt (courant septembre) et que leurs résidus sont soigneusement enfouis avant l’implantation.

Orges

A partir du début décembre, il est préférable de s’orienter vers des orges de printemps, plus adaptées et plus productives en semis tardifs, y compris si le débouché prévu est l’alimentation animale.

Seigles et triticales

Même si certaines variétés de seigle et de triticale sont très précoces, les rythmes de développement de ces deux espèces sont plus lents que ceux des blés et il faut rester vigilant sur leur adaptation aux semis très tardifs. Quelques références Ouest montrent que leur potentiel est au moins du niveau du blé tendre en sols de limons en particulier en sol drainé. Dans les argilo-calcaires, il est par contre préférable de s’orienter sur des espèces plus précoces comme les blés ou les orges.

Dans tous les cas, pour des semis très tardifs de céréales, il faut soigner le plus possible le positionnement de la graine : un semis au-delà de 1,5-2 cm de profondeur mettra beaucoup plus longtemps à lever. D’autre part, l’allongement du rhizome pourra entraîner en cas de gelée marquée une rupture mécanique de celui-ci entraînant la mort de la plantule (schéma 1).

Schéma 1 : Rupture du rhizome, lié à un allongement excessif, provoquée par le cisaillement du sol lors de la prise en glace de celui-ci au cours d’un épisode de gel prononcé

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