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Semis d’orges d’hiver en 2018, en Bourgogne Messagerie Bourgogne-Franche-Comté

Semis d’orge d’hiver : plusieurs scénarios possibles

27 septembre 2018

Pas de pluie - ou quasi - depuis la moisson des blés... donc pas de germination des grains au sol... alors que les semis d’orge d’hiver sont à faire. Quelle attitude adopter dans ce contexte où les levées concomitantes d’orges et de repousses de blé peuvent être problématiques ?

Attendre le retour des pluies pour voir lever les repousses de blé

En l’absence de labour, il n’y a pas d’autres choix que d’attendre la levée des repousses de blé pour les détruire. A noter également l’absence de solution chimique totalement efficace pour détruire les repousses de blé dans une orge d’hiver.

Avec les conditions douces actuelles, le délai entre la germination des grains de blé et les semis de l’orge d’hiver sera de l’ordre de 8-10 jours.

D’après les résultats d’essais « dates de semis » menés par ARVALIS dans la région et alentours (figure 1), semer des orges d’hiver au-delà du 20 octobre, c’est prendre le risque de perdre au minimum plus de 10 % du potentiel de rendement de base. Néanmoins, dans le contexte actuel de difficulté à gérer les mauvaises herbes et les ravageurs d’automne, décaler la date, c’est limiter les infestations de vulpins et réduire le risque de pullulation des pucerons et cicadelles.

Figure 1 : Rendement des orges d’hiver en fonction de la date de semis

Il faudra également adapter les densités de semis : en règle générale, c’est + 10 % après le 10 octobre.

Changer de céréale à paille selon les opportunités

Semer une orge d’hiver avant les levées de blé ?

Implanter une orge d’hiver avec un risque important d’observer des repousses de blé lever en même temps, c’est partir, contraint et forcé, sur une orge dont le débouché sera très probablement fourrager alors qu’était prévue une destination brassicole. Soit on en prend son parti, soit on réfléchit à des alternatives d’opportunité.

Passer en blé sur blé ?

Sous réserve de disposer dans un temps court de semences traitées Latitude pour contrôler un possible risque de piétin échaudage, cette hypothèse n’a d’intérêt économique que si on parie sur un prix de vente du blé supérieur à celui de l’orge fourragère. Avec des charges d’intrants sensiblement équivalentes entre les deux espèces, le blé sur blé peut subir un rendement inférieur de 5 à 20 %, d’autant plus s’il est semé plus tard pour limiter le risque de développement de tous les bio-agresseurs, qu’il faudra combler par le prix de vente.

Semer de l’orge de printemps à l’automne ?

Imaginer cette solution, c’est déjà disposer de sols plutôt favorables et indemnes d’adventices, avoir des semences de la variété RGT Planet sous la main pour semer environ 350 grains/m² entre le 25/10 et le 05/11. Une fois cela acté, c’est parier sur la clémence du climat de l’hiver. Au cours des deux dernières années, ce type d’implantation a donné d’excellents résultats dans la région mais leur reproductibilité n’est pas assurée à 100 % dans un contexte de climat, certes qui se réchauffe, mais qui devient aussi plus aléatoire. Avec des charges d’intrants un peu inférieures à celles d’une orge d’hiver (mais en surveillant la rhynchosporiose en sortie d’hiver), des rendements proches et un prix de vente supérieur, la technique a ses adeptes. Et selon ses adeptes, si l’orge de printemps semée à l’automne ne passe pas l’hiver, le resemis en sortie d’hiver reste possible.

Les conseilleurs ne sont pas les payeurs

Tout ce qui vient d’être dit relève de l’hypothèse à chiffrer, de l’alternative avec risque plus ou moins grand, de l’opportunité à saisir ou pas…

Il ne s’agit donc que de pistes que chaque producteur peut explorer sous sa propre responsabilité. Voici un tableau synthétisant les avantages et les inconvénients.

Tableau 1 : Comparatif des différentes options de l’automne 2018, en relatif d’une Etincel, variété préférée brassicole semée le 1er octobre sans repousses de blé

Et si dans un contexte d’aléas en tous genres de plus en plus exacerbés, tout envisager ne serait-il pas une occasion de répartir les risques pour assurer de la résilience au système d’exploitation ?

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