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Repousses de blé dans des chaumes de blé avant les semis 2018 d’orges. Messagerie Centre / Ile-de-France / Auvergne

Semis d’orge d’hiver et repousses de blé : quelle stratégie ?

20 septembre 2018

En raison de la sécheresse qui persiste depuis la fin des moissons, aucune repousse de blé ne s'est manifesté. Dans ce contexte, mieux vaut attendre leur levée pour pouvoir labourer ou déchaumer et ainsi permettre de semer les orges sur des sols propres.

Pour éviter les repousses de blé dans une culture d’orge, les solutions sont pourtant simples tant que le sol reste frais : labourer pour enfouir les grains de blé ou déchaumer pour les faire lever et les détruire avant le semis. Or, cette année, dans notre région, rien n’est simple : la récolte des blés, bien que précoce et rapide, a été suivie d’un épisode de sec très marqué qui perdure (carte 1). Seuls les faux-semis juste derrière le passage de la moissonneuse ont été efficaces, et encore...

Carte 1 : Cumuls des précipitations (mm) du 1er août 2018 au 16 septembre 2018

C’est pourquoi dans les parcelles implantées sans labour et pour des semis potentiellement précoces (à partir du 5 octobre), les levées des orges et des repousses de blé seront concomitantes, situation à éviter ! Comme il n’existe pas d’herbicide efficace contre le blé mais sélectif de l’orge, les parcelles risquent de se retrouver avec un joli mélange de céréales difficile à gérer et à commercialiser.

Pas de précipitation pour semer !

Pour les semis d’orge d’hiver, il n’y a donc pas d’autres solutions que d’attendre l’arrivée de pluies qui favoriseront la germination des grains de blé et permettront de retravailler les sols avec une reprise correcte, en vue de limiter l’usure du matériel et la formation de mottes. Il faudra compter un laps de temps minimum après les premières pluies significatives de 8 à 10 jours dans les situations les plus favorables pour le déroulement de ces opérations. Avec les prévisions météo disponibles à ce jour, cela conduit aujourd’hui à des semis d’orge d’hiver plutôt dans la deuxième quinzaine d’octobre.

Le côté positif de ces dates de semis plus tardives : une gestion plus sereine des insectes d’automne et de l’enherbement !

Avec des dates de semis optimales autour du 10 novembre, les orges de printemps en semis d’automne seront en théorie épargnées par cette problématique si le retour des pluies significatives a bien lieu dans le courant du mois d’octobre.

Un retard de semis inquiétant ?

L’orge d’hiver, plus « fragile » que le blé

Avec un cycle plus court que celui du blé, les orges d’hiver et escourgeons sont d’autant plus pénalisés sur les semis tardifs. Un retard d’un mois au semis ne se traduit que par un retard d’une semaine à l’épiaison. Mais cette semaine supplémentaire se rapproche des probables périodes plus échaudantes.

Par ailleurs, cette espèce est moins robuste au niveau de l’enracinement, en particulier en présence d’excès d’eau, et beaucoup moins plastique au niveau des compensations s’opérant autour de la fertilité des épis.

Enfin, elle est plus sensible au gel hivernal à un stade jeune de 2 à 3 feuilles. D’après la bibliographie, les orges semblent en difficulté lorsque les températures minimales sous abri passent sous -6 à -8°C, contre -10°C pour les blés. Traduit en termes de risque, dans ces régions, si on sème entre le 10 et le 20 octobre, on s’expose à un risque de gel destructeur 1 année sur 5. Le seuil de risque de gel 1 année sur 2 n’est atteint pour la région Centre que pour les semis s’échelonnant avec un gradient Est-Ouest du 10 novembre à début décembre.

Des différences variétales

Les références présentées ci-dessus s’appuient sur Esterel, notre témoin historique ; les variétés plus récentes sont mieux notées vis-à-vis du froid.

Figure 1 : Classement des variétés d’orge d’hiver par rapport à leur résistance au froid

Ne pas dépasser fin octobre, en augmentant les densités de semis

Les essais à disposition ne permettent pas de définir clairement une « courbe de réponse aux semis tardifs » (figure 2). Pour nos régions, on constate que :
► pour des semis fin octobre / début novembre, les pertes de rendement s’échelonnent de 0 à -20 %,
► pour des semis de mi-novembre à décembre, les pertes sont plus significatives et peuvent conduire à des diminutions de rendement allant jusqu’à -40 %.

Figure 2 : Réponse de l’orge à la date de semis

Retarder la date de semis, c’est évidemment augmenter la densité de semis +10 à +15 % par rapport aux densités classiques (tableau 1). Outre un tallage qui sera plus restreint sur un semis tardif, des conditions d’implantation un peu limites peuvent provoquer des pertes significatives à la levée, d’autant plus que la durée de cette dernière sera plus longue.

Tableau 1 : Densité de semis des orge d’hiver en régions Centre, Ile-de-France et Auvergne

Il est conseillé d’augmenter les densités de semis lorsque l’on retarde la date de semis. La règle des 1 % par jour de retard peut être appliquée au-delà des plages optimales de semis des variétés en fonction de leur précocité.

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2 commentaires 23 septembre 2018 par SIMON

bonjour pas de colza cette annee

21 septembre 2018 par GAUTIER

Je suis perdu cette année colza ne leve pas terrain en béton et pluie qui n'est pas là Alors attendre

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