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Pulvérisateur dans une parcelle de blé proche de l’épiaison pour réaliser le dernier apport d’azote en mai 2021 en Pays de la Loire Messagerie Pays de la Loire

Sécheresse d’avril : quelle conduite pour la fertilisation des céréales ?

06 mai 2021

Avril est marqué par un temps frais et très sec. Le dernier épisode de pluie significatif remonte au 10 avril, avec une forte variabilité entre les secteurs. La pluie se fait attendre pour une bonne valorisation des derniers apports d’azote sur les céréales.

Des potentiels jusque-là préservés dans la majorité des situations

La sécheresse d’avril fait suite à un mois de mars également très déficitaire en pluie. En conséquence, la réserve en eau des sols s’est vidangée rapidement au cours de la montaison. L’impact du déficit hydrique sur les cultures dépendra de la profondeur des sols et de la possibilité de compenser ou non par l’irrigation.

En sols de limons profonds à moyennement profonds, les céréales n’ont pas encore pâti du déficit hydrique à ce jour. Toutefois, le retour de la pluie annoncé début mai sera déterminant pour préserver le potentiel des cultures.

La situation est en revanche préoccupante dans les sols superficiels des régions qui n’ont pas bénéficié de pluies suffisantes en avril. En l’absence d’irrigation, les sols superficiels et séchants du sud de la région sont les plus concernés.

A noter que les effets dépressifs du temps sec ont heureusement été atténués par l’absence de fortes chaleurs sur avril.

Dans la majorité des parcelles, les premiers apports d’azote ont été positionnés avant les pluies de mi-mars. Des compléments au premier apport ont pu être réalisés avant la pluie du 10 avril. Aussi, hormis quelques exceptions (apports réalisés tardivement en avril et absence de pluie significative après), les céréales ont été jusqu’à présent correctement alimentées.

Le retour de la pluie est désormais vivement attendu afin de ré-alimenter les céréales en eau et en azote.

Pour optimiser les derniers apports d’azote

Comment prendre en compte la préconisation donnée par un outil de pilotage basé sur la teneur en chlorophylle des plantes ?

Quel que soit l’outil de pilotage utilisé, pour que le diagnostic ne soit pas biaisé, il convient de réaliser celui-ci au moins 8 jours après que la parcelle ait reçu un minimum de 15 mm d’eau depuis le dernier apport d’engrais azoté.

Lorsque le dernier apport a été réalisé avant le 12 mars, cette condition est remplie sur l’ensemble de la région.

Lorsque le dernier apport a été réalisé début avril, il faut s’assurer que le cumul de pluies du 9 au 12 avril ait été suffisant (> 15 mm) : la carte 1 montre que cette condition est réunie dans une large moitié nord de la région.

Rappelons que le diagnostic de nutrition de la culture, s’il est effectué dans le respect de ces conditions, est le moyen le plus fiable pour ajuster le dernier apport d’engrais.

Carte 1 : Pluviométrie du 1er au 25 avril 2021

Un seul épisode pluvieux très inégal aux alentours du 10 avril. Gradient nord-sud marqué. La Vendée, le sud Maine et Loire et le sud Sarthe sont les moins bien lotis.

Quand réaliser le dernier apport ?

La sécheresse actuelle ne permet pas aux plantes d’assimiler l’engrais. Il n’est donc pas recommandé d’apporter tant qu’une pluie significative n’est pas annoncée. Le changement de temps qui semble se profiler cette semaine laisse heureusement espérer une fenêtre d’intervention prochaine.

A ce jour, les stades des céréales permettent encore une valorisation de l’azote à la fois pour le rendement et la protéine. En effet, le dernier apport peut être réalisé jusqu’à début épiaison de manière à assurer à la fois le rendement et la qualité des grains. Au-delà de ce stade, si l’apport d’engrais contribue à enrichir les grains en protéines, il ne permettra plus de faire progresser le rendement.

La nécessité et l’urgence de l’intervention dépendront donc de la situation des parcelles :

- Intervenir en priorité sur les céréales les plus avancées, proches de l’épiaison
Pour ces parcelles, s’assurer que le dernier apport est nécessaire avec le diagnostic d’un outil de pilotage et apporter la dose préconisée dès qu’une pluie significative est annoncée (au moins 5 mm annoncés sur les 2-3 jours suivant l’apport).

- Pour les céréales actuellement en cours de montaison, pas d’urgence, attendre le retour de la pluie
De nombreuses parcelles sont encore entre 3 nœuds et gonflement. Dans ces situations, il n’y a pas d’urgence pour apporter l’azote. Il est préférable d’attendre le retour des pluies et une première ré-humectation des sols pour faire un diagnostic de nutrition en bonnes conditions, sur des plantes ré-hydratées et ensuite, positionner la dose recommandée par l’outil de pilotage avant une pluie significative.

Peu de dégâts de gel constatés à ce jour Suite à l’épisode de gel de la première décade d’avril, les premières observations effectuées dans les parcelles sont rassurantes et confortent le message du 15 avril. Il est possible d’observer quelques épis en partie brûlés par le gel sur des variétés d’orge et de triticale très précoces mais ceux-ci n’excèdent pas quelques pourcents dans le peuplement global de la parcelle. Si ce niveau d’épis gelés reste contenu, l’impact sur le rendement de l’accident sera négligeable.


Epi gelé observé sur une variété d’orge très précoce – 22 avril 2021 - La Jaillière (44)

Message rédigé par ARVALIS - Institut du végétal en concertation avec AGRIAL, Bernard Agri-services, la CAPL, la CAVAC, la Chambre d’agriculture des Pays de la Loire, les Etablissements Hautbois, Soufflet Agriculture

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