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Foyer actif de spores pulvérulentes de rouille jaune Messagerie Champagne-Ardenne

Rouille jaune : surveiller de près les parcelles

02 avril 2020

Les premiers cas de rouille jaune sont signalés en Champagne (ouest marnais, Ardennes). Quelles précautions prendre ?

Un risque d’apparition précoce relativement faible malgré des conditions climatiques favorables

La rouille jaune se conserve durant l’été sur des tissus vivants, essentiellement des repousses de céréales. Les conditions très sèches de l’été et du début d’automne 2019 peuvent laisser à penser que les repousses ont été très limitées dans notre secteur, conduisant à un inoculum plutôt faible.

Mais, le retour de conditions très humides depuis le mois d’octobre, associées à un hiver doux, a favorisé le maintien de cet inoculum. De plus, les températures douces actuelles en journée sont favorables à la germination et aux cycles courts (avec une dissémination des spores importante).

D’après le modèle CrustYello [basé sur l’indicateur climatique YELLO associé à d’autres variables telles que la date de semis, la sensibilité variétale, le potentiel de repousse…], l’année 2020 ne semble pas être associée à un risque d’apparition très précoce de la maladie, comme 2014.

Les premiers symptômes, pour le moment très localisés, sont apparus autour du stade épi 1 cm. Néanmoins, l’observation régulière de ses parcelles reste le meilleur moyen pour juger de l’apparition et de l’évolution de la maladie.

Attention, en début d’attaque, la rouille jaune est difficile à déceler. Il faut rentrer dans les parcelles pour faire un diagnostic. La maladie apparaît principalement en foyers. Les spores jaunes sont alignées le long des nervures. Avec les races Warrior apparues depuis 2011, il apparaît que la luminosité ne semble pas avoir d’incidence sur la survie des spores : les UV forts de ces derniers jours ne limitent pas suffisamment la dissémination en présence d’un foyer actif.

Ce qui est déterminant dans le développement de la maladie, c’est la présence de rosée en fin de nuit avec des températures moyennes journalières de 10-15°C.

Valoriser la résistance variétale et surveiller très régulièrement les parcelles

Il est important de rappeler le mécanisme de mise en place de la résistance des variétés de blé à la rouille jaune.

Jusque début montaison, tous les gènes de résistance ne sont pas encore mis en place. Ce n’est qu’à partir du stade 1-2 nœuds et durant la montaison que certains gènes de résistance deviennent efficaces. La plupart de ces gènes quantitatifs sont actifs au stade dernière feuille étalée, on parle alors de résistance adulte.

Ainsi, il est tout à fait possible de voir quelques pustules de rouille jaune au stade épi 1 cm sur des variétés résistantes, sans que cela ait un impact sur le rendement, du fait d’une mise en place progressive de la résistance.

Actuellement, la sole régionale est implantée à 80 % avec des variétés résistantes à la rouille jaune (note supérieure ou égale à 7), contre 50 % en 2014, grande année rouille jaune (figure 1). Néanmoins, bien malin celui qui saurait prédire quelles variétés pourraient être contournées cette année au niveau de la résistance rouille jaune (tableau 1).

Figure 1 : Evolution du panel variétal blé entre 2004 et 2020 vis-à-vis de la résistance rouille jaune

Tableau 1 : Cotations rouille jaune pour les principales variétés de blé tendre développées en Champagne-Ardenne (les variétés écrites en rouge sont celles dont la cotation a été abaissée au vu des résultats de l’an dernier)

Comment bien observer pour ne pas déclencher un traitement inutile ?

En fonction du stade de la culture et des observations réalisées, il convient de suivre les seuils ci-dessous pour déclencher une intervention.

Pour les variétés sensibles et moyennement sensibles (notes < 7) :
- Au stade épi 1 cm : dès la présence de foyers actifs. Un foyer actif correspond à un carré de 1 m sur 1 m avec pustules pulvérulentes.
- Au stade 1-2 nœuds : dès l’apparition des pustules dans la parcelle.

Pour les variétés résistantes (notes ≥ 7) :
- Ne pas intervenir avant le stade 2 nœuds,
- A partir du stade 2 nœuds, intervention dès l’apparition de pustules dans la parcelle

Avec quel produit intervenir ?

Si un traitement s’avérait nécessaire (apparition de foyers actifs, ou apparition des pustules dans des parcelles au stade 1-2 nœuds), les strobilurines et les triazoles ont une efficacité très satisfaisante. Citons à titre d’exemple, Opus New à base d’epoxiconazole (arrêt de la vente depuis décembre 2019, application possible jusqu’au 30 juillet 2020), ou Balmora à base de tébuconazole. Ces produits étant systémiques, il est nécessaire lors de l’application de viser une bonne hygrométrie pour assurer une absorption rapide (en environ 1 h) et des températures « poussantes » (8-20°C). Il faut donc éviter les applications trop tôt le matin en cas de gelées.

Les essais ont montré qu’une enveloppe de 15-20 €/ha était suffisante pour ralentir la progression de la maladie en début de cycle, avec un relai si nécessaire (persistance d’environ 15/20 jours).

Il faut également avoir en tête qu’un traitement à base de triazole qui s’avèrerait inutile sur rouille jaune peut exercer une pression sélective sur les souches de septoriose. Ainsi, en cas de traitement indispensable, il faudra veiller à ne pas réutiliser une seconde fois la même matière active dans le programme fongicide.

Covid-19 : les équipes d’ARVALIS restent mobilisées et connectées
L’épidémie ne nous fait pas oublier que la campagne agricole se poursuit avec ses aléas, en particulier cette année où les conditions de cultures sont très compliquées. En ces temps de confinement et de difficultés d’accéder facilement aux parcelles, lors de vos tours de plaine et observations, n’hésitez pas à nous faire remonter tous les problèmes observés en culture et/ou questions de conjoncture via nos mails. Nous prendrons le temps d’y répondre et/ou en mutualisant les retours avec un message dédié toujours dans le souci d’accompagner au mieux les producteurs.

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