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pustules de rouille jaune sur feuille de blé tendre en avril 2020 en Auvergne Messagerie Centre / Ile-de-France / Auvergne

Rouille jaune sur blé : surveillez les variétés sensibles

09 avril 2020

Depuis mars, des variétés sensibles de blé tendre et de blé dur présentent des symptômes de rouille jaune. A surveiller de près.

Des symptômes de rouille jaune ont été identifiés, particulièrement sur des variétés sensibles, en Ile-de-France, Indre-et-Loire, Cher et Auvergne. Plus étonnant, des pustules ont aussi pu être observées en Eure-et-Loir sur une variété de blé dur non sensible (Anvergur). Les variétés sensibles à la rouille jaune sont donc particulièrement à surveiller. Des observations complémentaires sur variétés moins sensibles peuvent également permettre de confirmer le niveau de risque.

Comment reconnaître la rouille jaune ?

Cette maladie se caractérise par des pustules jaunes parfois orangées, de petite taille et alignées entre les nervures jusqu’à dessiner des stries. Parfois, les premières pustules peuvent être denses et dispersées, les alignements apparaissant plus tardivement. Dans tous les cas (alignées ou non), elles sont localisées sur les feuilles du bas de quelques plantes. Lorsque ces pustules sont encore en incubation, on peut n’observer que des taches chlorotiques allongées, toujours dans le sens des nervures. A l'échelle de la parcelle, la maladie est visible par l’apparition de petits foyers jaunes et nettement délimités qui progressent en taille au fil des jours. En cas de climat très favorable, comme en 2014, l’ensemble de la parcelle peut se retrouver infesté.

Les feuilles, les gaines, les tiges et les épis peuvent être atteints. A un stade avancé, les stries jaunes cèdent la place à des pustules noires, les téleutosores (initiation de la phase de reproduction sexuée – phase non trouvée en France).

Quel risque en 2020 ?

La rouille jaune se conserve durant l’été sur des tissus vivants, essentiellement des repousses de céréales. Les conditions sèches de l’été 2019 peuvent laisser penser que les repousses ont été limitées dans nos régions sur la période estivale, conduisant à un inoculum plutôt faible.

Le retour de conditions très humides à partir d’octobre, associées à un hiver doux, a favorisé le maintien de cet inoculum.

D’après le modèle ARVALIS CrustYello, le risque d’apparition de la rouille jaune à 1 nœud sur variété sensible est modéré en Ile-de-France, en Eure-et-Loir, dans le nord du Loiret et certains secteurs de l’Auvergne. A surveiller donc.

Cartes 1 à 3 : Comparaison du risque rouille jaune (modèle crustyello) au stade 1 nœud entre 2014, 2019 et 2020

Quelle évolution possible dans les jours à venir ?

La rouille jaune est une maladie qui se développe bien lors de printemps frais. La dissémination est assurée par le vent et les faibles hygrométries favorisent le transport des spores sur de plus grandes distances. Une fois sur les feuilles, ces spores ont besoin d’humidité pour germer (rosée ou forte hygrométrie) et de températures douces.

Si le temps sec des dernières semaines a été défavorable au développement de la maladie, il a en revanche été bénéfique pour la dispersion de l’inoculum sur des dizaines, voire des centaines de kilomètres. La hausse des températures et l’augmentation de l’hygrométrie générale (quelques pluies sont parfois annoncées) pourraient entraîner l’apparition de nouveaux foyers sur variétés sensibles dans les jours à venir.

Surveillance des parcelles : priorité aux variétés sensibles

La résistance variétale à la rouille jaune est un travail de longue date mené par les sélectionneurs, faisant ainsi de cette caractéristique le premier levier de lutte contre cette maladie. Cependant, les races de rouille jaune évoluent chaque année, pouvant conduire à une modification de la résistance variétale. Les contournements sont difficiles à prévoir, il faut donc rester vigilant et maintenir des observations sur toutes les variétés. La priorité sera à donner aux variétés les plus sensibles et des passages moins fréquents seront utiles pour les variétés à bon comportement.

Figure 1 : Echelle de résistance des variétés de blé tendre à la rouille jaune


Figure 2 : Echelle de résistance des variétés de blé dur à la rouille jaune

Quand intervenir si la présence est confirmée ?

Rappel des seuils d’intervention

Pour les variétés sensibles à moyennement sensibles (note ≤ 6), il est recommandé d’intervenir dès le stade épi 1 cm si des foyers actifs sont observés. A partir du stade 1 nœud, l’intervention doit se faire dès l’apparition des premières pustules dans la parcelle.

Pour les variétés résistantes (note > 6), on considère que le seuil d’intervention n’est pas atteint avant le stade 2 nœuds. Au-delà de ce stade, il faut intervenir dès l’apparition des premières pustules dans la parcelle.

Remarque : les variétés notées 8 et 9 ne présentent généralement pas de symptômes, tout au plus quelques stries. Elles ne justifient aucun traitement contre la maladie, même en cas de forte épidémie.

Avec quels produits ?

L’utilisation des fongicides pour lutter contre la rouille jaune est fonction de la tolérance variétale et du stade de développement du blé tendre, mais pas seulement. Il faut aussi tenir compte de l’évolution de la septoriose. Si une intervention est nécessaire, les produits à base de triazoles (époxiconazole, cyproconazole, metconazole et tébuconazole) ont une efficacité très satisfaisante. Ils peuvent être complétés avec une strobilurine. Dans tous les cas, la lutte contre la rouille jaune doit être réfléchie avec celle prévue contre la septoriose.

Figure 3 : Comment adapter son programme septoriose en cas de rouille jaune ?

Covid-19 : les équipes d’ARVALIS restent mobilisées et connectées
L’épidémie ne nous fait pas oublier que la campagne agricole se poursuit avec ses aléas, en particulier cette année où les conditions de cultures sont très compliquées. En ces temps de confinement et de difficultés d’accéder facilement aux parcelles, lors de vos tours de plaine et observations, n’hésitez pas à nous faire remonter tous les problèmes observés en culture et/ou questions de conjoncture via nos mails. Nous prendrons le temps d’y répondre et/ou en mutualisant les retours avec un message dédié toujours dans le souci d’accompagner au mieux les producteurs.

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