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Risque maladie en champagne Messagerie Champagne-Ardenne

Risque maladies sur blé tendre : que disent les modèles ARVALIS ?

01 avril 2021

Après un automne-hiver favorable au maintien de l’inoculum des maladies du blé, ce sont bien les conditions météo à venir qui détermineront leur développement. Alors que les cultures entament leur montaison, quel est le risque a priori ?

Vers des variétés plus tolérantes aux maladies

Le choix variétal reste un levier majeur dans la lutte contre les maladies. De plus en plus de variétés très cultivées en Champagne-Ardenne présentent des profils plus résistants aux maladies et permettent ainsi de diminuer les risques (notamment vis-à-vis de la septoriose et de la rouille jaune). Le tableau 1 référence les notes de sensibilité des variétés de blé aux principales maladies, actualisées après la campagne 2020.

Attention, Certaines variétés sont passées de peu sensibles à moyennement sensibles à la rouille jaune (Campesino, Gravure et RGT Sacramento). De même, il semblerait que la résistance à l’oïdium sur la variété Chevignon ait été contournée sur certains sites d'essais champenois en 2020. A surveiller cette année.

Tableau 1 : Classement des variétés de blé selon leur tolérance aux maladies (notes CTPS / ARVALIS 2021)

Légende : 1 = Très Sensible ; 9 = Résistant
*Suspicion de contournement de la résistance à l’oïdium en champagne sur la variété Chevignon

Un risque piétin-verse à relativiser

Le piétin-verse est une maladie inféodée à la parcelle, qui maintient son inoculum sur les pailles infectées. Sa présence dépend fortement des attaques des années précédentes et des pratiques culturales (précédent, gestion des résidus, travail du sol). Dans la région, il y a eu relativement peu de piétin-verse ces dernières années, la probabilité d’avoir un inoculum actif est donc faible. Ce constat est confirmé par les remontées du réseau Vigicultures®, où très peu de symptômes de piétin-verse sont observées au 23 mars.

Le risque climatique piétin-verse simulé par les modèles est donc à relativiser. Les indices issus du modèle TOP, calculés au 22 mars, permettent d’évaluer ce risque pour la variété Chevignon (tableau 2). Ces indices sont ensuite à reporter dans la grille de risque nationale (actualisée en 2017) pour évaluer le risque global à la parcelle (figure 1).

Tableau 2 : Indices TOP calculés dans différents contextes pour la variété Chevignon (indice < 30 = risque faible ; indice entre 30 et 45 = risque moyen ; indice > 45 = risque fort)

Figure 1 : Grille de risque piétin-verse (ARVALIS – DRAAF, 2017)

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A noter que les variétés avec une note de 5 (ou plus) en résistance au piétin-verse - comme Campesino ou LG Absalon - ne nécessitent aucun traitement. Ces variétés présentent parfois quelques taches de piétin-verse, sans pertes de rendement pour autant.

Pour les autres variétés, si la parcelle présente un risque moyen ou fort d’après la grille, la règle reste avant tout l’observation. Priorité à la parcelle la plus à risque. Si le seuil ne dépasse pas 35 % de plantes touchées sur cette parcelle, alors il est peu probable que les autres parcelles soient fortement touchées.

En revanche, si plus de 35 % des tiges sont touchées, un traitement peut être réalisé entre épi 1 cm et 1 nœud. Après 2 nœuds, il est trop tard pour intervenir. Néanmoins, rappelons que l’efficacité d’un traitement fongicides sur le piétin-verse est assez faible (entre 15 et 45 %) en dessous du seuil d’intervention. Finalement, le traitement n’est jamais rentable.

Rappels pour les observations du piétin-verse :
Prélever 20 pieds issus de 10 zones différentes (parcourir la parcelle en diagonale).
Les seuils d’intervention sont les suivants (pour les variétés ayant une note piétin-verse ≤ 4) :
• < 10 % de tiges atteintes la nuisibilité est nulle.
• Entre 10 et 35 % de tiges atteintes, la nuisibilité est variable.
• Au-delà de 35 % de tiges atteintes, la nuisibilité est certaine.

L’oïdium, un risque contextuel

Les conditions climatiques au printemps peuvent être assez favorables à l’oïdium (alternance période sèches - faibles pluies). Cependant, beaucoup de variétés cultivées sont aujourd’hui résistantes à cette maladie. Les situations les plus à risque sont les parcelles en craie, en semis tardif (novembre), conservant de l’humidité (abritées, sols profonds) avec des variétés sensibles (Bergamo). A noter que sur certains sites d’essais, Chevignon s’est avéré sensible à l'oïdium, sans que ce soit systématique : à surveiller !

D’après le réseau Vigicultures® au 23 mars, peu de symptômes d’oïdium sont observés pour le moment, car les dernières pluies ont permis d’assainir les parcelles (la pluie « lave » les feuilles). Le risque est donc faible, mais la maladie est à observer sur les parcelles à risque si les conditions météo lui sont favorables.

Rappels pour les observations de l'oïdium : Prélever 20 plantes et observer les 3 dernières feuilles (par niveau : f3 / f2 / f1). Les symptômes sont un feutrage sous forme de pustules blanches sur les feuilles, ressemblant à du coton.

Les seuils d’intervention sont :
- Variétés sensibles : plus de 20 % de l’une des feuilles touchées sur plus de 5 % de leur surface.
- Variétés peu sensibles : plus de 50 % de l’une des feuilles touchées sur plus de 5 % de leur surface.


Traces présentes < 1 %


5 % de la surface : seuil d’intervention


20 % de la surface

Surveiller la rouille jaune selon les conditions météo

La rouille jaune peut occasionner des dégâts importants sur blé si elle n’est pas contrôlée. Elle est facilement reconnaissable (pustules jaunes alignées le long des nervures), et les symptômes ne sont pas répartis de façon homogène sur les parcelles : la maladie se développe d’abord en petits foyers de quelques m², avant de se généraliser à la parcelle si elle n’est pas contrôlée.

Au 23 mars, l’indice climatique du modèle CrustYellow d’ARVALIS permet de donner une première idée de la pression (figure 2). Ce risque est pour l’instant modéré, plus faible qu’en 2020 et qu’en 2014. Il faudra toutefois observer les parcelles notamment celles semées avec des variétés sensibles.

Figure 2 : Risque rouille jaune, calculé par le modèle CrustYellow d’ARVALIS pour la variété Chevignon

La zone jaune visualise l’expression potentielle de symptômes en situations à risque (variétés sensibles…). Rappelons que la majorité des variétés cultivées dans la région présente un bon niveau de résistance à la rouille jaune.

Il est possible de réaliser un traitement dès le stade épi 1 cm, seulement dans le cas de foyers actifs de rouille jaune (pustules « pulvérulentes » disséminant les spores du champignon) sur variétés sensibles ou moyennement sensibles. Dans ce cas, un relai est souvent nécessaire au bout de 15 jours, à décider selon les observations.

A partir du stade 1 nœud sur variétés sensibles ou moyennement sensibles, un traitement se justifie dès l’apparition des premières pustules.

Sur variétés tolérantes, c’est à partir du stade 2 nœuds qu’il faut être vigilant.

Le risque septoriose dépend de la météo entre 2 nœuds et floraison

La septoriose n’a pas d’incidence avant le stade 2 nœuds. La quantité d’inoculum étant rarement limitante, le risque est surtout déterminé par les conditions météo entre le stade 2 nœuds et la floraison (pluies et fortes températures). Il est aujourd’hui trop tôt pour évaluer précisément les risques.

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