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Larve de foreur sur un épi de maïs en mai 2020 dans le Sud-Ouest Messagerie Sud-Ouest

Risque foreurs élevé sur maïs

07 mai 2020

Les pyrales et les sésamies ont profité des bonnes conditions automnales et hivernales pour se maintenir dans les cannes de maïs. Avec un risque élevé aujourd'hui, il faut se tenir prêt à mettre en place une stratégie de lutte solide.

Les parcelles présentant le plus gros risque foreurs sont celles :
• qui montrent habituellement une forte pression foreurs et/ou qui ont subi des attaques en 2019, notamment après un hiver doux permettant la survie des larves, ce qui a été particulièrement le cas cette année.
• dont le broyage des cannes n’a pas été réalisé juste après la récolte. Cela a notamment été souvent le cas dans le Sud-Ouest du fait des conditions très pluvieuses à la récolte.
• qui se trouvent à proximité de zones enherbées et en jachère.

La pression ainsi que la répartition entre espèces de foreurs sont variables selon les départements (figure 1). En 2019, les sésamies étaient ultra majoritaires en Gironde et Dordogne, alors que la répartition entre pyrale et sésamie était équilibrée en Lot-et-Garonne, au sud des Landes et en Pyrénées-Atlantiques.

Figure 1 : Bilan sanitaire 2019 (source BSV) - Réalisé avec la contribution de Euralis, Maïsadour, CA33, Terres du Sud, GR-CETA, ARVALIS - Institut du végétal, Fdgdon64

Choisir une stratégie de lutte

La deuxième génération de foreurs provoque les principaux dégâts économiques et sanitaires. Mais la lutte contre cette génération nécessite des moyens adaptés (enjambeur) ou spécifiques (comme les trichogrammes contre la pyrale).

La lutte contre la première génération est plus facile à mettre en œuvre car elle peut être réalisée avant le stade limite de passage du tracteur. Mais pour être efficace, cette stratégie doit être mise en œuvre collectivement à l’échelle de grands bassins de production. Son objectif est de réduire le potentiel de population de deuxième génération. Néanmoins, l’efficacité de cette stratégie repose beaucoup sur les conditions climatiques plus ou moins favorables au taux d’accroissement des populations entre la première et la deuxième génération.

Suivi du vol des foreurs et périodes optimales d’application

La période optimale d’application d’un produit insecticide en végétation est indépendante du stade du maïs, elle doit suivre l’évolution des stades de développement des insectes foreurs. Différentes protections sont disponibles, selon les stades-cibles :
- Trichogrammes : action ovicide efficace uniquement sur la pyrale du maïs. L’application doit être réalisée en début de vol des papillons de pyrale pour viser les premières pontes.
- Pyréthrinoïde (nombreuses spécialités commerciales), chlorantraniliprole (Coragen) ou autres produits avec action larvicide sur pyrale et sur sésamie. Les substances actives étant non systémiques, la période d’application du produit doit être ajustée en fonction de la cible :

• Objectif pyrale : application au « pic » de vol de papillons de pyrale pour toucher le maximum de jeunes larves après leur éclosion et avant que celles-ci se réfugient dans la plante.
• Objectif sésamie : application une semaine après que 50 % du vol de sésamie ait été réalisé. Cette date correspond au stade où les jeunes larves (dites « baladeuses ») colonisent les pieds voisins du pied porteur de la ponte.
• Objectif pyrale et sésamie : compromis entre les deux périodes pour toucher un maximum de larves des deux espèces.

Dans tous les cas, une stratégie de traitement en deux applications (espacées de 10-12 jours) apporte une meilleure efficacité (sous réserve du respect de la réglementation).

Le bulletin de Santé du Végétal permet de situer les pics de vol en fonction des conditions de l’année grâce à des suivis de chrysalidation (pyrale), modèle (NONA pour la sésamie) et un réseau de pièges.

Rappelons que le piégeage permet uniquement d’établir une prévision des dates optimales de lutte adaptées aux conditions de l’année. Le nombre de papillons capturés n’est malheureusement pas un indicateur de l’intensité des attaques à venir…

Quoi de neuf dans les produits de lutte contre les foreurs ?

Des spécialités commerciales à base de Bacillus thuringiensis ont été récemment autorisées sur maïs grain (incluant le maïs semence) et maïs fourrage : Costar WG (De Sangosse), Xentari et Dipel DF (Philagro). Elles sont toutes trois homologuées à la dose de 1 kg/ha avec l’usage « traitement généraux x traitement parties - aériennes x chenilles phytophages ». La zone non traitée (ZNT) est de 5 m et leur emploi est autorisé durant la floraison et au cours des périodes de production d’exsudats, en dehors de la présence des abeilles. Ces produits sont autorisés en agriculture biologique et sont présents sur la liste biocontrôle.

Ces produits sont spécifiques de la pyrale. Nos essais ont montré une efficacité de Bacillus thuringiensis proche de 0 sur les sésamies. Sur pyrale, leur efficacité est d’environ 30 %, contre plus de 80 % pour Coragen dans les mêmes essais (figure 2). Nous avons observé une variabilité importante de l’efficacité de ces produits, en partie expliquée par la quantité d’eau reçue dans les 10 jours qui suivent le traitement : de fortes quantités de pluie ont tendance à diminuer l’efficacité de ces produits.

Figure 2 : Nombre de larves et galeries par plante (histogramme) et moyenne des efficacités en % (bulles)

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Vigilance vers gris

Surveillez les parcelles, en particulier les bordures, car seule une réaction prompte permet de sauver la situation. Le cycle du vers gris est en effet très rapide.
Dès l’apparition des premiers symptômes, une application d’une pyréthrinoïde effectuée le soir (les chenilles sortent la nuit) avec un fort volume d’eau présente une bonne efficacité. Une pluie peu de temps après le traitement renforcera l’efficacité. Il est très important de cibler le vers gris dès les premiers dégâts au moment où les larves à des stades jeunes sont sensibles à l’action de contact et d’ingestion des insecticides. *
Les larves plus âgées ne sont plus sensibles au contact des insecticides.



Photo 1 : Premières attaques visibles par des jeunes larves. Stade repère pour intervenir.


Photo 2 : Flétrissement caractéristique suite à une attaque de vers gris.

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