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Légère verse dans une parcelle semée avec une variété d’orge en Normandie Messagerie Normandie

Risque de verse sur céréales : surveiller les variétés sensibles

16 avril 2020

En céréales, le risque de verse est modéré cette année, sauf pour les variétés sensibles. L’application des régulateurs ne doit être réalisée que lorsque ce risque est avéré et les conditions climatiques favorables, ce qui n’est pas le cas actuellement.

La verse intervient surtout en fin de cycle, mais le risque se détermine bien plus tôt au cours du développement de la culture. Ce risque est déterminé par quatre facteurs principaux : la sensibilité variétale, la densité de tiges, le niveau de nutrition azotée en début de cycle et les conditions météorologiques. 

L’effet variété, un levier efficace pour se prémunir de la verse

Les sélectionneurs ont réalisé un gros travail de recherche afin de proposer des variétés à faible hauteur de tige pour limiter le risque de verse.

Les variétés de blé tendre cultivées en Normandie sont ainsi devenues globalement peu sensibles (Tableau 1), mais attention à LG Absalon et Filon.

Les variétés d’orge d’hiver sont globalement plus sensibles. KWS Jaguar, Etincel et Amistar, bien représentées sur le territoire normand, sont relativement sensibles à la verse. Attention donc au risque de verse sur ces variétés.

Tableau 1 : Sensibilité des variétés de blé tendre et d’orge d’hiver à la verse

Pour connaître le classement d’autres variétés, consultez les fiches variétés.

Un risque climatique assez faible

Les conditions climatiques de la campagne en cours ne sont pas favorables au risque de verse.
Premièrement, le tallage est limité. Le risque de verse est fortement conditionné par l’excès de tiges, conduisant à un allongement des entre-nœuds qui provoque une faiblesse des tiges. Les conditions de ce début de campagne (dates de semis retardées, croissance perturbée par de l'anoxie racinaire...) ont globalement diminué le risque en limitant le tallage. Ainsi, le nombre de tiges susceptibles de monter à épi se situe dans des niveaux faibles.

Deuxièmement, les quantités d’azote en sortie d'hiver n’étaient pas excédentaires. Or, l’excès d’azote favorise la verse. Il peut avoir des origines diverses comme des fournitures importantes par le sol (reliquats de précédents culturaux, forte minéralisation liée à des apports organiques importants), ou à un premier apport trop important sur la culture.

Le risque de verse est d’autant plus marqué que les apports d’azote sont précoces et importants, ce qui n’a pas été le cas en Normandie. De plus, les valeurs de reliquats d’azote mesurées en sortie d'hiver sont modérées (fort lessivage hivernal compensé en partie par une minéralisation importante suite aux températures élevées enregistrées au cours de l’hiver).

→ Pour cette campagne, le risque est donc à prendre en compte essentiellement sur variétés sensibles, en blé comme en orge.

Un régulateur ne s’applique qu’en cas de risque de verse avéré

L’utilisation d’un régulateur ne doit donc pas être systématique. Avant de choisir le régulateur ou son programme, il convient d’abord d’estimer le risque de verse et d’intervenir ensuite dans des conditions favorables. Il est possible d’estimer ce risque à la parcelle avec la grille dédiée (tableau 2) ou via des outils dédiés comme Farmstar®.

Tableau 2 : Grille de risque verse sur blé tendre

(Source : ARVALIS – Institut du végétal)

Des résultats d’essais ARVALIS de comparaison de produits à base d’éthéphon ou de trinexapac éthyl montrent l’intérêt des régulateurs en présence de verse supérieure à 30 % sur orge d’hiver (équivalent à un risque moyen à élevé ou plus). En revanche, en l’absence d’un risque de verse suffisamment élevé, on ne constate pas de gain de rendement et des pertes de rendement peuvent même être mesurées.

Régulateurs : attention aux conditions d’application

Les régulateurs de croissance agissent sur l’élongation des cellules de la tige, pour aboutir à des entre-nœuds plus courts ou à des parois plus épaisses et donc à des tiges plus solides.

Pour accroître leur efficacité et limiter la phytotoxicité du traitement, les applications sont à réaliser sur des cultures en bon état, correctement alimentées en azote et dans des conditions climatiques favorables : temps poussant, lumineux et sans forte amplitude thermique (écarts inférieurs à 15 - 20°C).

Il est nécessaire de tenir compte des conditions climatiques le jour de l’application mais aussi durant les 3 à 5 jours suivants.

Pour les produits à base d’éthéphon, de trinexapac ethyl ou de prohexadione calcium, on évitera toute application, dans un des cas suivants :
- en cas de risque de sous-alimentation azotée, avec symptômes de carences visibles (plantes vert-pâle, jaunissement des vieilles feuilles…), notamment en cas de sécheresse prolongée qui ne favorise pas une alimentation azotée correcte ;
- présence de gelées matinales ;
- amplitudes thermiques supérieures à 15 à 20°C.

Covid-19 : les équipes d’ARVALIS restent mobilisées et connectées
L’épidémie ne nous fait pas oublier que la campagne agricole se poursuit avec ses aléas, en particulier cette année où les conditions de cultures sont très compliquées. En ces temps de confinement et de difficultés d’accéder facilement aux parcelles, lors de vos tours de plaine et observations, n’hésitez pas à nous faire remonter tous les problèmes observés en culture et/ou questions de conjoncture via nos mails. Nous prendrons le temps d’y répondre et/ou en mutualisant les retours avec un message dédié toujours dans le souci d’accompagner au mieux les producteurs.

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