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Parcelle d’orge versée en Champagne-Ardenne Messagerie Champagne-Ardenne

Risque de verse : faut-il prévoir un régulateur sur orges ?

25 mars 2021

L’orge d’hiver est assez sensible à la verse : en 2017, près de 70 % des surfaces en orges d’hiver de la région avaient reçu un régulateur. Cependant, il arrive que cette intervention ne soit pas toujours indispensable, d’où l’importance de raisonner sa régulation en identifiant correctement les parcelles à risque. Une nouvelle grille testée cette année par ARVALIS et ses partenaires permet d’évaluer la pertinence d’une intervention sur orges.

Des facteurs de risque bien connus

Le risque de verse dépend d’abord de l’espèce : l’orge d’hiver est la céréale la plus sensible. Si le levier variétal est un moyen efficace sur blé tendre d’hiver, il est plus difficile de l’affirmer pour l’orge (figure 1). Actuellement, il existe peu de variétés d'orges résistantes à la verse, et certaines historiquement très cultivées en Champagne-Ardenne comme Etincel y sont très sensibles. Cependant, de nouvelles variétés brassicoles plus tolérantes (KWS Faro ou KWS Joyau) se développent, diminuant petit à petit le risque dans la plaine.

Figure 1 : Effet de la résistance variétale en orge d’hiver sur la verse observé dans les essais de post-inscription, sans régulateur

(Source : ARVALIS, 2020)

Tableau 1 : Notes de résistance à la verse des variétés d’orge d’hiver

(Source : ARVALIS – CTPS, 2021)

D’autres facteurs ont un impact sur la verse, notamment la nutrition azotée : un excès d’azote peut provoquer un tallage excessif (en cas de premier apport conséquent) ou un allongement des entre-nœuds, ce qui augmente les risques. Pour la suite du cycle, le climat a bien entendu un impact : les printemps secs des dernières années sont plutôt défavorables à la verse.

Au final, tous ces facteurs sont des risques qui se cumulent pour la plante mais c’est bien un accident en fin de cycle qui provoque généralement les dégâts : orages (pluies et vents violents).

Une grille pour évaluer la pertinence d’une intervention

Pour la campagne 2020-2021, ARVALIS et les acteurs agricoles de la région (chambres, coopératives, négoces) ont mis en place un réseau d’essais pour évaluer les conséquences de la verse sur les variétés. Ce réseau a également pour but de vérifier et consolider la nouvelle grille de risque mise au point (tableau 2).

Tableau 2 : Nouvelle grille de risque verse sur orge d’hiver pour la campagne 2021

(Source : ARVALIS, 2020)

* Situations agronomiques avec reliquat de sortie d'hiver très élevé, ou apport d’azote précoce élevé, ou apport régulier de matières organiques (forte minéralisation).

Si les conditions de fin mars / début avril sont chaudes, sèches avec de forts rayonnements, diminuer d’une classe le risque évalué. Au contraire, en cas de printemps avec un faible rayonnement et un fort cumul de pluies, augmenter d’une classe le risque.

Les préconisations : réaliser une application unique pour les situations en risques faibles à moyens, renforcée par un deuxième passage avec un anti-gibbérellique en cas de risques forts. Cependant, dans certains contextes, le risque de verse peut être limité : une variété résistante semée en sol superficiel à la bonne date dans de bonnes conditions peut permettre de faire l’impasse. Pour les autres situations - notamment en craie -, il est aujourd’hui difficile de totalement faire l’impasse sur la régulation de l’orge d’hiver.

Retrouvez nos préconisations sur les régulateurs dans notre guide « Choisir et Décider – Orge d’hiver – Intervention de printemps 2020-2021 ».

Conditions d’application et produits : des règles à respecter

Il ne faut pas sous-estimer les risques de phytotoxicité lié à l’utilisation d’un régulateur de croissance : une perte de rendement est possible en l’absence de verse (figure 2) et si les conditions d’application ne sont pas optimales (tableau 3).

Figure 2 : Sur orge d’hiver, plus le niveau de verse est important, plus le régulateur présente d’intérêt

Il convient d’intervenir sur :
- des cultures en bon état (pas de stress liés aux maladies, hydriques ou des carences),
- dans des conditions météo favorables : temps poussant (sans gel ou fortes amplitudes thermiques, rayonnement important) le jour d’application et les trois à cinq jours suivants.

Si ces deux conditions ne sont pas réunies, alors mieux vaut retarder l’intervention. Dans le cas où deux traitements sont préconisés, se concentrer sur une seule intervention en bonnes conditions plutôt que deux dans des conditions non optimales.

Tableau 3 : Conditions d’applications des principaux régulateurs du marché

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