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Semis d’orge de printemps du 24 janvier 2020 au stade 3 feuilles fin février 2020, en Poitou-Charentes Messagerie Poitou-Charentes

Réussir la conduite des orges de printemps en 2020

27 février 2020

Quels sont les points-clés de l’itinéraire technique à adapter qui conditionnent la rentabilité des orges de printemps et la possibilité de les valoriser avec un contrat orge brassicole ? Le point sur l’implantation, la nutrition azotée et le désherbage de cette culture.

Cette année, les surfaces d’orges de printemps ont fortement augmenté, compte tenu des conditions climatiques défavorables aux implantations des céréales d’hiver à l’automne. On constate ainsi un report conséquent sur cette céréale avec des semis réalisés fin 2019 ou début 2020.

Des semis de qualité sur des sols ressuyés

L’orge de printemps est, parmi les céréales, la plus sensible aux excès d’eau, notamment à deux périodes-clés : lors de la germination et à la montaison. Ainsi, les périodes de semis sont conditionnées par le ressuyage des sols. Et d’expérience, il est bénéfique d’attendre un ressuyage correct du sol plutôt que de vouloir passer en force et semer à tout prix en particulier dans les sols de champagnes, limons, doucins… Si les parcelles ont un risque d’eau stagnante pendant le tallage herbacé des orges (impactant par conséquent le nombre d’épis/m²), il est préférable d’exclure cette espèce dans ces sols.

Ces dernières années, le renouveau variétal des orges de printemps permet d’accéder à des hauts niveaux de potentiel avec des variétés comme RGT Planet, KWS Fantex ou Focus. On peut également rappeler que les hauts rendements sur les orges à deux rangs sont souvent atteints avec des peuplements épis élevés. La densité de semis aura pour objectif d’installer un peuplement suffisant, mais sans être excessif, pour éviter la verse assez fréquente sur cette espèce et par conséquence la baisse du calibrage.

Des stades très variables selon la période de semis

Pour la région, on peut retenir pour l’instant trois grandes périodes de semis des orges de printemps : fin novembre, courant décembre et période 10/20 janvier. Les températures très douces ont permis des levées rapides, quelles que soient les périodes d’implantation.

Maîtriser dose et fractionnement des apports d’azote pour assurer un débouché brassicole

Le débouché des orges de printemps est majoritairement brassicole, ce qui implique de faire attention à la qualité technologique. Si le débouché brassicole est visé, la valeur de teneur en protéines est cruciale : ni trop, ni trop peu. La maîtrise de la dose totale et la gestion de son fractionnement sont essentiels pour viser un compromis entre efficacité acceptable (apports pas trop précoces) et une teneur en protéines compatible avec les exigences brassicoles.

Quelle stratégie d’apport ?

En règle générale, pour des semis précoces ou normaux, la fertilisation de l’orge de printemps est réalisée en deux apports.

• Dose > 120 kg N/ha, semis précoces, sols superficiels ou avec un reliquat d’azote sortie hiver faible : le fractionnement est recommandé.

- Un premier apport est prévu de la levée à 1/2 F (50 unités) ;
- puis le solde est apporté pendant le tallage (de préférence début tallage dans les sols argilo-calcaires superficiels et fin tallage dans les limons profonds, sols de craie, cultures irriguées et les semis d’automne.

• Dose < 120 kg N/ha : apport unique autour de 3 F.

• Pour des cas de semis tardifs pour la région (après fin février) et/ou levée très rapide : un premier apport peut être réalisé au semis (50 unités) et le solde début tallage. En cas d’apport au semis de solution azotée ou d’urée, il est préférable d’enfouir l’engrais pour limiter les pertes d’azote par volatilisation.

Comme pour toutes les céréales, il est inutile d’apporter de l’azote si aucun épisode pluvieux significatif n’est annoncé dans les jours suivant l’épandage. Non seulement l’azote risque d’être valorisé trop tard en cas de longue période sans pluie (risque notamment pour le dernier apport de dépassement de teneur en protéines), mais il risque d’être en partie perdu par volatilisation pour la solution azotée et dans une moindre mesure pour l’urée.

Peut-on piloter les apports d’azote ?

Pour détecter d’éventuelles situations de carences azotées, il est possible de réaliser un diagnostic plante avec la méthode N-Tester® Extra au stade 1 nœud. Cette méthode est particulièrement efficace pour les situations les plus productives (situations irriguées, climat favorable, variétés productives) pour éviter d’avoir une teneur en protéines trop basse (phénomène de dilution). Cette méthode repose sur le diagnostic de nutrition azotée réalisé à 1 nœud sur une parcelle ayant reçu la dose d’azote prévisionnelle, en comparaison à une zone adjacente sur fertilisée courant tallage. L’objectif est de vérifier si la dose prévisionnelle risque d’être limitante ou non.

• Au stade 1 nœud (sous réserve que l’apport précédent courant tallage ait été valorisé par au moins 15 mm de pluie) : établir un diagnostic avec la pince N-Tester sur la parcelle, ainsi que sur la zone adjacente qui a été au préalable sur fertilisée courant tallage. Faire le rapport entre les 2 valeurs afin de déterminer l’indice NTester. Puis se rendre sur le site de Yara pour l’interprétation.

• Décision dans la foulée à 1 nœud :

- si l’indice NTester > seuil, la plante est correctement alimentée.
- si l’indice NTester =< seuil, la plante est sous-alimentée, apporter 30 kg N/ha immédiatement à 1 N seulement si de la pluie est annoncée (ou possibilité de recourir à l’irrigation).

Figure 1 : Principe du pilotage des apports d’azote sur orges de printemps

Gestion du désherbage : peu de solutions en culture

L’implantation printanière et le caractère couvrant de l’espèce rendent cette culture plus facile à désherber. Mais les systèmes de cultures dans lesquels on la rencontre et le faible nombre de produits disponibles, rendent la gestion de certaines adventices problématiques, surtout les graminées (ray-grass). Les semis d’orges de printemps semés à l’automne s’exposent aussi davantage au salissement.

Les solutions herbicides contre le ray-grass ou le vulpin dans l’orge de printemps sont peu nombreuses :

• Pour les spécialités racinaires, elles se limitent au chlortoluron (avant le 1er mars, en sols non drainés et sur les orges fourragères seulement - aucun chlortoluron n'étant actuellement autorisé en orge brassicole), ou à Avadex 480 (à 3 l/ha en présemis incorporé). Ce dernier est particulièrement à recommander en cas de résistance avérée des ray-grass aux herbicides de la famille des inhibiteurs de l’ACCase (groupe HRAC A) et de la famille des inhibiteurs de l'ALS (groupe HRAC B).

• Pour les spécialités foliaires, il n’y a que Axial Pratic (pinoxaden), Fenova Super (fénoxaprop) et Joystick (iodosulfuron), sachant que ces substances actives appartiennent à la famille des inhibiteurs de l’ACCase ou à la famille des inhibiteurs de l'ALS.

Côté dicotylédones, la flore est souvent mixte entre les adventices traditionnelles et des plantes à germination printanière (renouées, ombellifères…) et les solutions plus nombreuses.

L’orge de printemps est également l’occasion de mettre en œuvre du désherbage mécanique (herse étrille notamment) avec des niveaux d’efficacité beaucoup plus satisfaisants que sur les céréales d’hiver si une période plus sèche propice se présente…

Certains se sont posés la question du désherbage des orges de printemps semées à l’automne ? Jusqu’à récemment, ces orges étaient désherbées en sortie d’hiver, avec les produits autorisés sur « orges de printemps ». La réglementation autorise les désherbages d’automne car une orge de printemps semée à l’automne devient une « orge d’hiver », mais il convient de s’assurer de la sélectivité de ces spécialités sur une culture réputée plus sensible qu’une orge d’hiver. Des essais menés depuis deux ans ont a été mis en place afin d’étudier diverses solutions d’automne et mesurer l’impact sur le rendement.

La protection contre les maladies des orges de printemps et la lutte contre la verse seront abordées dans un prochain article.

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