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Une jeune femme regarde les feuilles de blé tendre dans une parcelle au stade dernière feuille pointante, après les pluies orageuses du 19 et 20 avril 2020 en Pays de la Loire Messagerie Pays de la Loire

Retour salutaire de la pluie : ajuster la conduite des céréales

23 avril 2020

Après quasiment un mois sans pluie depuis mi-mars, les pluies orageuses du 19 avril sont salutaires pour le potentiel des céréales. Elles vont enfin permettre une valorisation des apports d’azote et corriger en partie le déficit hydrique déjà sévèrement installé dans les sols les plus superficiels. Le point sur la conduite de la fertilisation et la protection des céréales.

Les pluies d’orage ont été inégales d’un secteur à l’autre : si la façade océanique a été bien arrosée, la Sarthe et la Mayenne ont reçu beaucoup moins de précipitations. Pour les zones qui ont pu en bénéficier, ce retour de la pluie intervient entre dernière feuille pointante et gonflement pour la majorité des parcelles : à ce stade, les stress occasionnés par la longue période de sec sont encore rattrapables.

Fertilisation azotée : attendre la pleine valorisation de l’apport précédent pour solder le dernier apport

Rappelons que le dernier apport d’azote sur céréales peut être positionné jusqu’au stade gonflement – début épiaison.

Pour les secteurs ayant reçu plus de 15 mm de pluie les 19-20 avril, les conditions sont désormais idéales pour utiliser un outil de pilotage afin de calibrer la dose à apporter (attendre quelques jours après la pluie pour effectuer le diagnostic). La dose préconisée par l’outil correspondra bien aux besoins actuels de la culture et sera à apporter autour du stade gonflement – début épiaison, de préférence à la faveur d’une pluie annoncée.

Lorsque le diagnostic de pilotage a été établi avant ou en l’absence de ces pluies, il est important de prendre en compte les conditions de valorisation de l’azote apporté en mars pour valider ou ajuster le conseil. Deux cas de figure se présentent :

• Lorsque l’apport d’azote précédent a pu être réalisé avant le 10 mars, celui-ci a été bien valorisé et la dose préconisée par l’outil de pilotage correspond bien aux besoins de la culture. Cet apport a d’ailleurs pu être fait avant la pluie du 19 avril pour les parcelles les plus avancées ou sera fait dans les jours à venir, à la faveur d’une pluie annoncée.

• Lorsque l’apport d’azote précédent est intervenu après le 10 mars, sa valorisation a été retardée et ne sera pas optimale. En effet, une partie a été perdue par volatilisation, ou réorganisée dans le sol. La fraction de l’engrais encore présente dans le sol et valorisable est désormais en cours d’absorption par la culture sous l’effet de la dernière pluie. Dans ces situations, un diagnostic de pilotage réalisé avant la pluie indique un niveau de carence en partie lié au défaut de valorisation de l’apport précédent. Il convient donc de réaliser un nouveau diagnostic lorsque c’est envisageable, ou à défaut d’ajuster la dose préconisée par l’outil en s’appuyant sur l’abaque en tableau 1.

Tableau 1 : Abaque d’ajustement du conseil donné par l’outil de pilotage lorsque celui-ci a été utilisé avant la pluie du 19 avril selon le niveau de valorisation de l’apport précédent

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La septoriose à contrôler dès que possible

Le champignon, bien présent sur les feuilles du bas depuis la sortie d’hiver, avait jusque-là peu progressé, restant cantonné sur les F5 – F4 des plantes, F3 pour les parcelles les plus précoces sur variétés sensibles. Toutefois, la pluie parfois abondante du 19 avril a réactivé les contaminations. Il est désormais important de protéger les parcelles :

► Dans la majorité des cas, le programme de protection vis-à-vis des maladies foliaires consistera à un traitement unique à dernière feuille étalée - gonflement. La majorité des parcelles arrive à ce stade, une intervention est donc à positionner dans la semaine dès que la dernière feuille est bien étalée.

► Sur variétés sensibles, un traitement a pu être déclenché dès mi-avril visant la septoriose ou la rouille jaune, avec deux cas de figure :

• Dans les parcelles précoces, le traitement de mi-avril a été positionné au stade dernière feuille étalée avec un traitement « type T2 » complet. Dans ce cas, la parcelle est protégée, attendre la floraison pour décider éventuellement d’un traitement visant la fusariose si nécessaire.

• Ce premier traitement « type T1 » a été réalisé au stade dernière feuille pointante. Il convient alors de ré-intervenir en relais avec le T2 dès que la parcelle sera au stade dernière feuille étalée – gonflement.

Pucerons sur feuillage au cours de la montaison : pas d’intervention avant l’épiaison

Les pucerons sont toujours régulièrement observés sur les feuilles des céréales dans la région. Rappelons que, passé le tallage, ce n’est plus l’effet de la transmission du virus de la jaunisse nanisante de l’orge (JNO) qui est à craindre mais la nuisibilité directe des pucerons. Celle-ci n’est effective que lorsqu’ils colonisent les épis et affectent le remplissage des grains. Seul Sitobion avenae (cornicules noires) monte sur épis.

► Pas de traitement avant épiaison : les pucerons sur feuilles, même si la population est importante, ont une faible nuisibilité. Les auxiliaires s’installent alors et contribuent à réguler les populations. On observe déjà actuellement des pucerons « momifiés », signe de leur présence active. Il convient donc d’éviter les interventions insecticides trop précoces pour les préserver.

► Seuil d’intervention à partir d’épiaison : un épi sur deux infesté par au moins un puceron. Tant que ce seuil de traitement n’est pas atteint, il ne faut pas intervenir : un traitement insecticide mal positionné aurait pour effet de détruire les auxiliaires et de provoquer la pullulation de pucerons.


Photo 1 : femelle parthénogéniques et larves de pucerons

Sur céréales de printemps, pas d’intervention au-delà du tallage

On observe également des pucerons sur les céréales semées courant mars. Ces pucerons sont potentiellement porteurs du virus de la JNO. Toutefois, les stades des céréales de printemps évoluent très rapidement et une intervention n’est justifiée que sur des stades plantules et en cas de forte présence de pucerons (> 10 % de pieds porteurs). À partir de fin tallage, une inoculation tardive du virus ne présentera pas de forte nuisibilité.

Message rédigé par ARVALIS - Institut du végétal en concertation avec AGRIAL, Bernard AgriServices, CALIANCE, la CAPL, la CAVAC, la Chambre d’agriculture de la Mayenne, la Chambre d’agriculture des Pays de la Loire, les Ets Hautbois, Soufflet Agriculture.
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