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Passage d’un déchaumeu à l’interculture après récolte de blé dur en Poitou-Charentes en 2019 Messagerie Poitou-Charentes

Retour des pluies : c’est le moment de penser désherbage !

01 août 2019

Les pluies étaient de retour la semaine dernière, à des niveaux variables selon le secteur. Le sol étant humide, les repousses et adventices vont en profiter pour lever. Après ressuyage, un passage de déchaumeur est à envisager en post-récolte.

Le point sur le climat

Depuis fin juin, la région est marquée par une période de sécheresse. Ces conditions climatiques ont rendu les interventions de travail du sol moins efficaces, notamment pour la gestion d’adventices. Le retour des pluies la semaine dernière, avec au moins 15 mm tombés partout dans la région, change la donne et laisse une fenêtre d’intervention suffisante pour assurer la gestion des adventices et repousses à l’interculture.

Figure 1 : Pluviométrie (mm) entre le 24/07/2019 et le 27/07/2019

Le déchaumage pour abaisser le stock semencier

Les déchaumages superficiels et rappuyés à l’interculture sont un bon levier pour réaliser des faux-semis et réduire à moyen terme le stock semencier. Les espèces à germination estivale lèveront préférentiellement : amarantes, chénopodes, digitaires, mercuriales, morelles, panics, sétaires... Tout comme les espèces à germination indifférente : matricaires, pâturins, ray-grass, stellaire, ravenelle, rumex et véronique de Perse notamment. En revanche, les conditions estivales ne sont pas favorables à la levée des espèces à germinations automnale, hivernale ou printanière (comme folle-avoine, vulpin, gaillet).

En conditions sèches, le passage d’un outil à dents permettra d’extirper les rhizomes de rumex ou chiendent, qui vont se dessécher en surface. En revanche, on évitera le passage d’outils à disques en interculture, en cas de forte infestation, car ils fractionnent les organes souterrains et favorisent ainsi la dissémination de ces vivaces.

Remarque sur deux adventices difficiles : datura et ambroisieDatura et ambroisie sont des adventices estivales qu’il convient de gérer efficacement à l’interculture car elles sont responsables de problèmes de santé publique. En effet, les plantes de datura contiennent des alcaloïdes tropaniques, molécules très toxiques pour l’homme et les animaux (tous les organes sont toxiques, il faut éviter tout contact de la plante avec la peau et porter des gants pour les arracher). Le pollen de l’ambroisie quant à lui est agressif et responsable d’allergies chez un grand nombre de personnes. L’objectif primordial est donc d’empêcher leur pollinisation et grenaison.
L’interculture d’été est une période très propice au développement de ces adventices. Après la récolte de la céréale à paille, du colza ou du pois protéagineux, elles ont le champ libre pour se développer, en l’absence de concurrence pour les éléments minéraux, la lumière et l’eau. Elles sont aussi aidées par leur bonne résistance à la sécheresse. Cette période est donc propice pour combattre le datura et l’ambroisie et permet de compléter la lutte en culture, qui peut s'avérer parfois insuffisante.

Bien choisir son outil de déchaumage

Si l’objectif principal est de gérer une forte pression d’adventices par la réalisation de faux-semis, les premières interventions devront être superficielles, c’est-à-dire sur une profondeur de 1 à 5 cm au maximum, et si besoin rappuyées. Les outils répondant à ces critères sont par exemple les herses de déchaumage, les bêches roulantes, les déchaumeurs à disques indépendants ou les vibro-déchaumeurs. En tendance, la vitesse au travail sera assez élevée, ce qui permettra de créer plus de terre fine qu’à vitesse réduite. Même avec un réglage de profondeur au minimum, les outils à dents (2 rangées type Smaragd, 3 rangées type Terrano) ne réaliseront qu’un travail moyen de faux-semis.

Si le but est de détruire des adventices développées (renouée liseron, datura, ambroisie après moisson, ou opération faisant suite à un premier déchaumage,…), les outils les plus adaptés seront notamment les cultivateurs ou les vibro-déchaumeurs en veillant bien à l’écartement entre dents et à l’état d’usure des pièces travaillantes (ailettes, socs pattes d’oie). Les déchaumeurs à disques indépendants pourront aussi être intéressants à condition d’augmenter la profondeur de travail du sol.

Le travail du sol à l’interculture, en plus de gérer les adventices, peut aussi permettre de lutter contre les ravageurs (limaces, campagnols…), de baisser la pression de certaines maladies pour l’année à venir (piétin échaudage, rouilles…), d’améliorer la structure du sol s’il est tassé, de contribuer à la préparation du lit de semence ou encore de gérer l’incorporation des résidus.

Figure 2 : Aptitudes agronomiques des principaux types de déchaumeurs

Le labour pour enfouir les espèces qui ne germent pas l’été

Le labour constitue un levier complémentaire efficace pour faire baisser le stock semencier par enfouissement des semences tombées au sol, notamment pour les espèces qui ne germent pas l’été. La Taux Annuel de Décroissance (TAD) correspond à la proportion de graines qui perdent leur capacité germinative après une année d’enfouissement. Les graminées sont généralement les espèces les plus les plus sensibles. Notez cependant que le labour est peu efficace sur folle-avoine car cette adventice a la capacité de germer en profondeur. A l’inverse le labour est moins efficace sur la plupart des dicotylédones car elles ont une durée de vie plus longue et la capacité de germer plus en profondeur. La réalisation du labour se fera si possible après un à plusieurs déchaumages superficiels.

Au-delà de ses effets sur les adventices, le labour permet aussi d’abaisser la pression de certaines maladies comme l’ergot :
- de manière directe en enfouissant en profondeur les sclérotes (forme de conservation du champignon pour passer l’hiver) qui perdent alors leur capacité à germer,
- de manière indirecte en limitant le nombre d’adventices graminées qui pourraient être infectées par le champignon et permettre sa multiplication.

Figure 3 : Taux annuel de décroissance des principales adventices

Appliquer un herbicide pour gérer les vivaces

En présence de vivaces sur la parcelle (chardons, liserons notamment), ou de risque d’érosion en cas de pente, l’intervention herbicide peut être privilégiée. Il s’agit de détruire les adventices encore présentes : vivaces, et autres adventices annuelles (dont datura et ambroisie). En présence de vivaces, seuls les produits systémiques sont efficaces, tels que le glyphosate majoritairement utilisé, herbicide total et non persistant.

Pour réussir la destruction des vivaces, il est préférable de les laisser redémarrer après la moisson afin d’avoir suffisamment de surface foliaire (le produit n’a pas d’action anti-germinative sur graine). Essayer de viser des conditions climatiques favorables (températures inférieures à 25°C et hygrométrie de l’air supérieure à 60 %), même si elles sont rarement réunies en été. En cas de présence concomitante de vivaces avec ambroisie et/ou datura, il faudra de toute façon intervenir avant le stade début floraison.

Notez que la formulation SL des produits à base de glyphosate les rendant sensibles à la dérive, il est fortement conseillé d’équiper les pulvérisateurs de buses antidérives. Par ailleurs, le glyphosate est sensible à la présence d’ions calcium et magnésium dans la bouillie. Il est donc nécessaire de corriger les eaux dures avec du sulfate d’ammonium. On veillera également à réduire le plus possible le volume hectare (inférieur à 80 l/ha) pour limiter la quantité de ces ions dans la bouillie.

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