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Bilan 2020 céréales champagne-ardennes Messagerie Champagne-Ardenne

Rendements en céréales 2020 : grandes disparités selon les terroirs

12 août 2020

Pour cette campagne 2019/2020, les rendements en céréales sont fortement hétérogènes selon les conditions d’implantation (excès d’eau à l’automne), la date de semis, le précédent cultural, la profondeur du sol, la maîtrise des pucerons. En sols profonds, les rendements moyens sont bons ; en sols superficiels, le stress hydrique exceptionnellement très marqué a engendré des rendements faibles. Décryptage de la campagne.

Trois faits climatiques ont marqué la campagne 2019-2020 : les pluies continues de l’automne ont compliqué les implantations, tandis que la sécheresse des mois de mars et avril ont perturbé la montée à épis. En plus, sur l’ensemble de l’année, la campagne 2020 se retrouve parmi la plus douce en termes de températures, favorisant les ravageurs et en particulier les pucerons. Heureusement, les bons rayonnements durant la montaison et le remplissage, ainsi que le retour des pluies en mai-juin ont permis de compenser (en partie) ce manque d’épis.

Un début de campagne difficile dès le semis

A l’automne, les pluies n’ont laissé que quelques fenêtres pour semer les céréales. Une bonne partie de l’assolement orge et blé d’hiver a été implantée environ 15 jours plus tard que les années précédentes. En cumulé, la pluviométrie sur la période automne-hiver du 1er octobre au 10 mars atteint des records, avec 100 mm de plus que les années les plus humides (2000 et 2001 par exemple) (figure n°1). Cet excès d’eau a pénalisé la levée, d’autant plus en sol hydromorphe. La forte pluviométrie a également favorisé le lessivage de l’azote, mais les températures douces de l’hiver ont favorisé la minéralisation. Au final, les reliquats sortie hiver sont dans la moyenne (-10 kgN/ha en précédent colza). De plus, cette période humide aura eu l’avantage de remplir complétement les réserves utiles avant le printemps.

Figure 1 : carte des pluies du 1er octobre 2019 au 10 mars 2020 (mm)


Avant cette phase humide qui a commencé début octobre, les sols étaient secs. Cela a rendu plus difficile la préparation du sol et le désherbage mécanique, notamment les faux-semis. Néanmoins, les conditions humides de cet automne ont servi au désherbage chimique : bonne efficacité des applications (quand elles ont pu être faites) mais des phytotoxicités parfois assez marquées (jaunissement/tassement des cultures).

Les températures douces en janvier et février ont accéléré le développement des plantes jusqu’à rattraper partiellement le retard dû au décalage des dates de semis. Grâce à cette météo de fin d’hiver, le stade épi 1 cm a été atteint au 16 mars en orge et au 24 mars en blé en moyenne, soit respectivement 11 et 9 jours en avance, malgré les semis tardifs. Le tallage est néanmoins inférieur à la moyenne : nettement en retrait en sols hydromorphes et pour les semis tardifs, et proche de la moyenne en craie-barrois (figures 2 et 3).

Figure 2 : tallage des orges sur le réseau régional ARVALIS

Figure 3 : tallage des blés sur le réseau régional ARVALIS

Un printemps très sec : la composante densité épis est déficitaire

A partir de début mars et jusqu’à fin avril, très peu de pluies ont été enregistrées. Les seuls épisodes de pluies sont limités et associées à une forte évapotranspiration (liée au sec, températures et au vent). Dans ces conditions-là, les réserves hydriques accumulées sur l’hiver n’ont tenu que jusqu’en avril (Figures 4 et 5). Le stress hydrique a atteint des niveaux encore plus bas que lors des années historiquement sèches (2003, 2011).

Figure 4 : Evolution de la réserve utile du sol en barrois

Figure 5 : Evolution de la réserve utile du sol en craie


En barrois, la réserve utile est passée en dessous du seuil de survie début avril, et grâce à de petits épisodes de pluie, elle est remontée quelquefois au-dessus de ce seuil. Ces quelques orages sont arrivés trop tard pour réussir à limiter les dégâts en orge mais ont été utiles au blé.

En craie, en revanche, une fois ce seuil atteint fin avril, la réserve utile n’est pas remontée au-dessus de la limite.

Les premiers apports réalisés en février ou début mars ont été très bien valorisés, ce qui est moins le cas des seconds apports, réalisés dans le sec, accentuant le stress azoté induit par la sécheresse. Le retour des pluies en mai a aidé à mieux valoriser l’apport à dernière feuille.

La montée à épis s’est faite dans la moyenne pluriannuelle en environ 40 jours pour l’orge et 50 jours pour le blé. L’avance à épi 1 cm a été conservée à l’épiaison : 12 jours d’avance en orge (épiaison au 25 avril) et 13 jours en blé (épiaison au 11 mai). Cependant, la sécheresse durant la montaison a pénalisé la densité épis. Les orges ont été plus impactées par le sec que les blés. Les pertes d’épis représentent 10 à 40 % en orge et 5 à 30 % en blé selon les types de sols (figures 6 et 7).

Figure 6 : Densité épis en orge sur le réseau régional ARVALIS

Figure 7 : Densité épis en blé sur le réseau régional ARVALIS


Remarque
: quelques « coups de froid » ont pu provoquer des problèmes de stérilité d’épis, notamment sur orge d’hiver : on citera l’épisode de fin mars / début avril, avec des températures à -7 /-8°C, notamment en Haute-Marne. Des températures froides ont également été relevées à méiose/floraison, mais en grande partie compensées par les très bons rayonnements sur la période.

Une phase de remplissage avec rayonnement et températures douces

Entre avril et mai, le rayonnement a été très bon et a dépassé les moyennes pluriannuelles. Ce bon rayonnement a influé sur le nombre de grains par épi avec des valeurs de fertilités d’environ +10 % par rapport à la moyenne (figures 9 et 10). Cette composante ressort donc comme celle qui permet de compenser la faible densité d’épis. Cependant, à cause du stress hydrique et azoté, la compensation peut atteindre ses limites, notamment en sols superficiels.

Figure 9 : Fertilité épi en orge sur le réseau régional ARVALIS

Figure 10 : Fertilité épi en blé sur le réseau régional ARVALIS


Par la suite, les conditions de remplissage ont été excellentes : pas d’excès thermique, rayonnement optimal, pluies, pas/peu de maladies. Les poids de mille grains (PMG) sont donc très bons pour cette année (figure 11). En moyenne, ils atteignent 45 g en orge et 48 g en blé.

Figure 11 : Evolution du PMG en blé du remplissage à la récolte


Au final, la récolte en Champagne-Ardenne est en moyenne correcte, mais masquant de grandes disparités selon les terroirs : bonne en craie, mauvaise en barrois et sols hydromorphes. En effet, les sols très superficiels, très impactés par le stress hydrique, accusent parfois de grosses pertes de rendements (plus de 30 q/ha pour 160 mm de déficit hydrique sur la période épi 1 cm - grain pâteux). D’une manière générale, les semis très tardifs et les semis en précédent betterave ont également été très touchés par la sécheresse et présentent des rendements plus en retrait.

Figure 12 : Rendement en orge sur le réseau régional ARVALIS

Figure 13 : Rendement en blé sur le réseau régional ARVALIS

Du point de vue qualité, les calibrages en orge d’hiver sont bons à très bons. Par contre, les teneurs en protéines sont juste correctes. En blé, les poids spécifiques sont bons et les teneurs en protéines variables selon les rendements réalisés, parfois faibles en sols profonds.

Une pression maladie faible, mais des pucerons en pagaille

Sur la campagne 2019-2020, la pression maladie a été limitée. Au début du printemps, quelques maladies étaient présentes dans les parcelles, mais, du fait de la sécheresse en mars-avril, une bonne partie des maladies a été stoppée ou ralentie sur la période classique de contamination. L’année a donc été assez saine en termes de maladies foliaires et de maladies des pieds.

Concernant les ravageurs, l’année a été bien plus problématique. Les températures douces à l’automne et en hiver ont favorisé la prolifération des pucerons qui se sont développés massivement. Les conditions climatiques leur ont permis de s’installer dans les parcelles de l’automne jusqu’au printemps et de transmettre des viroses aux plantes (jaunisse nanisante de l'orge). Le virus était présent dans les parcelles dès le début de la saison et sa virulence a été exacerbée par les conditions climatiques douces de l’hiver. Cela a eu pour conséquence l’infection massive des plantes d’orge d’hiver mais également de blé et d’orge de printemps. Les dégâts les plus importants ont été observés en semis précoces et sans protection insecticide en végétation.

Les autres ravageurs ont été assez peu présents sur la campagne.

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2 commentaires 15 août 2020 par ANXIONNAT

moi ,j'ai traité mes orges de printemps contre les pucerons et je ne sais pas si c'est grace a ca, mais j'ai fait plus de rendement que mes voisins!!!!!!!!!!!! je pense qu'il faut se pencher sur le problème pucerons!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

14 août 2020 par JACQUIER

C'est bien la peine d'avoir des techniciens dans les coopératives et chambres d'agriculture et ne pas nous avoir fait protégé nos cultures de printemps (pucerons) ,car tous nous disaient que c'était physiologique (la f1 avec la feuille toute jaune )

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