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Protection de la culture : l'exploitant se doit de respecter certaines règles Protection de la culture

Réglementations et bonnes pratiques générales

29 mars 2011

L’impact des maladies et des ravageurs sur le rendement et la qualité de la pomme de terre exige une protection efficace de la culture. Les techniques mises en oeuvre doivent permettre de réduire le transfert de matières actives phytosanitaires vers les tubercules et les eaux souterraines ou de surface, mais également d’éviter l’apparition de phénomènes de résistance.

Objectifs

► Limiter le risque de transfert de substances actives phytosanitaires vers les tubercules et vers l’environnement.
► Protéger les utilisateurs de produits phytopharmaceutiques.

Sommaire :

Bonnes pratiques phytosanitaires
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Délai de ré-entrée 
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Utilisation de Mélanges Phytosanitaires 
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Gestion des ZNT 
► 
Lutte contre la dérive
► 
Equipements de protection 
► 
Diagnostics des risques
► 
Pour en savoir plus

Bonnes pratiques phytosanitaires : lire correctement les étiquettes pour prévenir les risques individuels

L’utilisation des produits phytosanitaires peut comporter des risques pour l’utilisateur et l’environnement. Afin de réduire les risques pour la santé de l’applicateur, la première étape d’un traitement doit consister à prendre connaissance des règles d’utilisation indiquées sur l’étiquette.

L’utilisation et la manipulation des produits phytosanitaires présentent des risques pour l’applicateur. Les étiquettes des produits comportent obligatoirement plusieurs éléments qui précisent le niveau de danger et informent sur les précautions à prendre lors de leur utilisation. Un homme avertit en vaut deux !

L’étiquette informe sur le danger et les précautions à prendre

Les éléments essentiels pour l’identification du danger figurent obligatoirement sur l’étiquette du produit (figure 1). La composition (matières actives et concentrations), le symbole et l’indication de danger sont mentionnés, de même que les phrases de risques « R », les conseils de prudence « S », et les N° d’appel d’urgence et d’accès à la fiche de données de sécurité.

Identifier les produits les plus dangereux

Même si la plupart des produits phytosanitaires utilisés portent un danger intrinsèque, les plus dangereux nécessitent une attention toute particulière. Les produits Très Toxiques (T+) et Toxiques (T) sont faciles à repérer avec leurs symboles de danger.


En revanche, les produits cancérigènes, mutagènes, ou toxiques pour la reproduction (CMR) sont plus difficiles à identifier car leur classement dépend de leurs phrases de risque.

Respecter le délai de rentrée dans la parcelle

Le délai légal de rentrée dans la parcelle établit la durée pendant laquelle il est interdit aux personnes de pénétrer dans une parcelle où a été appliqué un produit phytosanitaire. Ce délai est fonction des phrases de risque présentes sur l’étiquette du produit. Sans mention sur l’étiquette, le délai est de 6h minimum.


Porter des équipements de protection individuelle

Pour toute manipulation de produits phytosanitaire, il est vivement conseillé de se protéger par des équipements de protection individuelle (EPI). L'équipement complet comprend des gants, des lunettes, une combinaison, des bottes, et un masque respiratoire.

Délai de ré-entrée

Conformément à la réglementation, il convient de respecter les délais de rentrée dans la parcelle après traitement.

Le délai de ré-entrée correspond au laps de temps minimum qui doit s’écouler entre la fin de l’application d’un produit phytopharmaceutique et le moment où le producteur, ou tout travailleur, peut pénétrer à nouveau dans la parcelle. Il est exprimé en heures et est destiné à protéger les personnes d’une exposition trop rapide aux produits phytopharmaceutiques appliqués sur des terres ou dans des locaux. Ce délai est au minimum de 6 heures en extérieur et de 8 h en milieu fermé (serres, bâtiments).

Cependant, des phrases de risque imposent des durées nettement supérieures :

► 24 heures si le produit comporte une des phrases de risques R36 (irritant pour les yeux), R38 (irritant pour la peau) ou R41 (risque de lésions oculaires graves),
► 48 heures si le produit comporte une des phrases de risques R42 (risque de sensibilisation par inhalation) ou R43 (risque de sensibilisation par contact avec la peau).

En cas d’intervention nécessaire avant les délais mentionnés ci-dessus, il faut au préalable consulter l’étiquette du produit ou la fiche de sécurité pour savoir s’il existe une dérogation possible.

Utilisation de Mélanges Phytosanitaires

Les mélanges phytosanitaires autorisés sont disponibles sur une liste publiée au Bulletin officiel du ministère de l’Agriculture.

L’arrêté du 7 avril 2010 relatif à l’utilisation des mélanges interdit :

- Les mélanges comprenant :

► au moins un produit toxique classé T ou T+
► au moins deux produits avec les phrases de risque R40 ou R38
► au moins deux produits avec la phrase de risque R48
► au moins deux produits avec une des phrases de risque R62 ou R63 ou R64

- Les mélanges comprenant au moins un produit classe 4 pour les risques aquatiques ou terrestres dont la ZNT est de 100 m ou plus.

- Les mélanges d’une pyréthrinoïde avec un produit contenant une triazole ou une imidazole  utilisés en période de floraison ou de production d’exsudats pouvant attirer les abeilles.

Gestion des ZNT

Il est obligatoire de respecter les zones non traitées (ZNT) en bordure des cours d’eau (arrêté du 12 septembre 2006).

Les largeurs des ZNT sont de 5 mètres, 20 mètres, 50 mètres ou 100 mètres selon la toxicité pour les milieux aquatiques de chaque produit. L’information est indiquée sur les étiquettes des produits phytopharmaceutiques.

Lorsque l’étiquette ne précise pas la ZNT, elle est de 5 mètres par défaut. Certains produits peuvent en être exemptés mais, dans ce cas, l’étiquette le précise.

De plus, il est possible de réduire ces ZNT à 5 mètres si les trois conditions suivantes sont mises en oeuvre de façon simultanée :

► enregistrement de toutes pratiques phytosanitaires sur la parcelle;
► présence d’un dispositif végétalisé (bande enherbée ou haie arbustive) permanent d’au moins 5 mètres de large ;
► utilisation d’un système de pulvérisation capable de diviser par trois le risque de dérive par rapport à une buse classique de référence. Voir la liste des moyens autorisés disponible au bulletin officiel du Ministère de l’Agriculture (dernière mise à jour : 14/02/2011).

De manière générale,  il est recommandé d’utiliser les buses à injection d’air classique au dessus de 3 bars de pression minimum et les buses à injection d’air basse pression à partir de 2 bars.

Lutte contre la dérive

Le moyen de lutte le plus efficace consiste à ne pas traiter en présence de vent.

Les produits ne peuvent être utilisés que si le vent a un degré d’intensité inférieur ou égal à 3 sur l’échelle de Beaufort (voir tableau 1) correspondant à une petite brise, entre 12 et 19 km/h (les feuilles et les rameaux sont en mouvement). Un anémomètre permet de mesurer la vitesse du vent avec plus de précision.


Tableau 1 : Correspondance entre l'échelle de Beaufort et la vitesse du vent


La dérive est liée à la taille des gouttelettes sortant de la buse. Ceci est fonction du type et du calibre de la buse, de la pression et dans une moindre mesure, du produit utilisé.

Pour une pression d’utilisation donnée, les buses dites à dérive limitée ou « anti-dérive », ont la faculté de former des gouttes de plus grand diamètre, qui sont moins sensibles au vent. Il en existe 3 grands types : les buses basse pression, les buses à pastille de calibrage et les buses à injection d’air.

Le taux de dérive est également lié à la hauteur de la rampe par rapport à la cible. L’objectif est de positionner la rampe le plus bas possible sans affecter le bon recouvrement des jets sous la rampe.

Penser aux équipements de protection individuelle

La manipulation et l'utilisation de produits phytosanitaires nécessitent de prendre des précautions. L'usage d'équipements de protection individuelle (EPI) est primordial pour protéger la santé de l'applicateur. Cet équipement doit assurer une bonne protection tout en préservant un confort de travail correct.

Les équipements de protection individuelle (EPI) visent à protéger toutes les parties du corps susceptibles d'entrer en contact avec les produits phytosanitaires. L'EPI doit être adapté aux risques encourus. L'équipement complet comporte des bottes ou chaussures imperméables, une combinaison, voire un tablier, des lunettes, et un masque pour un prix inférieur à 100 €/an et par personne. Avant toute manipulation des produits phytosanitaires, il est vivement conseillé de lire les étiquettes afin de s'informer des dangers inhérents à leur utilisation. Un homme avertit en vaut deux !

Se protéger les mains

Les mains sont la principale voie de contamination, par pénétration directe ou indirecte (contact avec la bouche ou les yeux). Si elles ne consitutent que 5% de la surface de la peau, elles représentent à elles seules 60 à 80% des contacts avec les produits. Le port des gants est donc absolument indispensable et doit commencer dès le début du chantier de préparation. Les gants adéquats sont en nitrile ou néoprène, à longues manchettes, suffisamment solides et de taille adaptée à la main. Des gants fins jetables en nitrile peuvent être utilisés au champ pour des opérations nécessitant une plus grande dextérité, comme le débouchage d'une buse par exemple.

Quelques précautions d'usage► Enfiler les gants sur des mains propres et sèches
► Laver les gants à l'eau clair avant de les retirer 
► Retirer les gants avant de monter dans la cabine du tracteur
► Renouveler la paire à la moindre détérioration

Se protéger les yeux

La protection des yeux est importante au moment de la préparation de la bouillie. Le produit concentré peut entrer en contact avec les yeux et causer de graves troubles pour la santé. L'équipement doit offrir une bonne protection latérale, et être compatible avec des lunettes de vue ou un masque respiratoire. Aujourd'hui, une large gamme de produits (lunettes, sur-lunettes ou visière) répond à ces critères.

Se protéger le corps

Tout chantier de pulvérisation de bouillie phytosanitaire, puis d'application au champ peut engendrer des contacts plus ou moins importants avec les produits. Le port d'un vêtement et de chaussures adaptés permet d'éviter les contaminations du corps. Cet équipement spécifique est retiré à la fin du chantier, ce qui évite les contaminations indirectes le reste de la journée.

La combinaison doit être étanche aux produits chimiques, avec un niveau de protection de type 4 au minimum et adaptée à la taille de l'utilisateur. Elle doit être portée pendant la préparation et le traitement. La combinaison jetable présente l'avantage d'être peu onéreuse, mais elle est fragile et ne peut être lavée. Elle doit être changée dès qu'elle est souillée ou âbimée. Les combinaisons lavables sont plus résistantes et certains matériaux offrent un bon confort de travail, mais elles sont beaucoup plus chères.

Le tablier (ou blouse) spécifique est bien adapté pour la préparation de la bouillie, mais il ne peut pas être porté pendant l'application au champ, où une protection du corps reste nécessaire (contact possible avec le matériel, la culture traitée...).

Pour la protection des pieds, le mieux est d'opter selon la saison pour une paire de bottes ou de chaussures imperméables, en revêtement nitrile.

Le port d'un masque respiratoire durant la manipulation des produits phytosanitaires et le traitement est également vivement recommandé. Pour bien choisir son masque respiratoire, cliquez sur le lien.

Nettoyer et ranger les EPI dans un vestiaire

Après utilisation, les équipements doivent nettoyés, séchés, puis rangés dans une armoire vestiaire réservée à cet usage, à proximité du local de stockage. Cet espace technique peut être complété par une douche, obligatoire en présence de salarié et fortement conseillé à la fin du traitement, et par un coin "bureau" pour le rangement de la documentation technique et l'enregistrement des traitements.

Que faire en cas d'intoxication aigüe ?En cas de contact avec les yeux ou la peau, lavez immédiatement et abondamment (pendant 15 mn) à l'eau puis consultez un ophtalmologiste ou un médecin généraliste au moindre doute. En cas d'ingestion ou d'inhalation accidentelle, contactez immédiatement un médecin et/ou le centre anti-poison : n°15 ou 18. Ne vous faîtes pas vomir, n'absorbez rien.
 

Diagnostics des risques

ARVALIS - Institut du végétal a mis au point des diagnostics de risques liés à l’utilisation de produits phytopharmaceutiques.

AQUASITE® est un outil de diagnostic des risques de pollutions ponctuelles sur  l’exploitation. Ceci concerne les équipements liés aux produits phytopharmaceutiques (aire de remplissage, pulvérisateur, stockage des produits phytopharmaceutiques, équipements de protection) mais aussi plus largement la gestion des déchets.

AQUAPLAINE® est un outil d’évaluation des risques de pollutions par les produits phytopharmaceutiques dans la parcelle en lien avec le mode d’écoulement des eaux. Il permet de caractériser les risques d’entraînement hors de la parcelle, d’évaluer les pratiques et de définir les solutions les mieux adaptées pour maîtriser ces risques (périodes d’application des produits, techniques culturales, bandes enherbées, choix des produits).

Enfin, AQUAVALLEE® permet de réaliser un pré-diagnostic à l’échelle d’un bassin versant pour cibler les zones devant faire l’objet de diagnostics plus approfondis type AQUAPLAINE®.

Pour la réalisation de ces diagnostics, se renseigner auprès de vos techniciens habituels (organismes de développement ou organismes économiques).

Identifier l’origine de tous symptômes anormaux en culture

Toute présence de symptômes anormaux doit faire l’objet d’un examen minutieux, notamment en vue du risque des parasites de quarantaine.

Il faut être attentif :

► en végétation : au flétrissement et/ou tâches du feuillage, au jaunissement, à l’enroulement, aux nécroses, à la décoloration, la pourriture, le nanisme, les foyers ou zones plus ou moins circulaires, à une végétation faible ;
► sur tubercules : aux signes de tumeurs, d’exsudat, de déformation, d’éclatement, de tâches internes, de pourriture.

En cas de doutes sur le parasite ou la maladie identifiée, il est fortement recommandé de le signaler aux Services Régionaux de l’Alimentation (SRAL) : plus la détection est précoce, plus son élimination est facile et sa propagation limitée.


Pour en savoir plus

Arrêté du 12 septembre 2006 relatif à la mise en marché et à l’utilisation des produits visés à l’article L.253-1 du code rural (produits phytopharmaceutiques).

Arrêté du 7 avril 2010 relatif à l’utilisation des mélanges extemporanés de produits visés à l’article L. 253-1 du code rural.

ACTA, 2011 - Index phytosanitaire (mise à jour annuelle).

ARVALIS - Institut du végétal, Ministère de l’Agriculture, DGAL-SDQPV, 2010 - Dépliant Protection des Pommes de terre. Lutte contre les maladies, les ravageurs, les mauvaises herbes, le défanage et la germination (mise à jour régulière).

ARVALIS - Institut du végétal, 2004 - Expertise, prenez votre environnement en main, des outils pour conduire l’exploitation en accord avec l’environnement à l’échelle du bassin versant, de la parcelle, de l’exploitation (plaquettes Aquasite®, Aquaplaine®, Aquavallée®).

CORPEN, 2006 - Techniques d’application et de manipulation des produits phytosanitaires. Juillet 2006.

CORPEN, 2003 - Mesures réglementaires concernant les produits phytosanitaires, leur utilisation et leur incidence sur l’environnement. Septembre 2003.

BOUSQUET N., 2009 - Protection des cultures et environnement: un arsenal législatif. Perspectives Agricoles, n°358, juillet-août 2009.

MOINEAU A., MOQUET M., LAGARDE F., 2008 - Produits phytosanitaires : des règles simples pour bien se protéger. Perspectives Agricoles, n° 351, décembre 2008.

MOINEAU A., MOQUET M., 2003 - Produits phytosanitaires, quels équipements pour bien se protéger ? Perspectives Agricoles, n° 294, octobre 2003.

JOUY L., BOUSQUET N, 2006 - Réglementation phytosanitaire : pleins phares sur le nouvel arrêté. Perspectives Agricoles, n°328, novembre 2006.

Affiche Phytomieux - Mieux traiter en toute sécurité.

Phytoma, 2007 - Dossier « Outils d’aide à la décision ». Phytoma, n°603, avril 2007.

Phytomieux, 2007 - Les bonnes pratiques de protection des cultures. Edition octobre 2007.

Sites internet

ARVALIS - Institut du végétal : (mélanges autorisés et l’outil « Aide au choix des buses » en libre accès)

Ministère de l’Agriculture : agriculture.gouv.fr 

Comité National Interprofessionnel de la Pomme de Terre : www.cnipt.fr 

MSA : http://references-sante-securite.msa.fr/

Union des Industries de la Protection des Plantes : www.uipp.org

TRAME : http://www.pardessuslahaie.net/trame

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