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Identification morphologique des pucerons sur feuilles de blé Protection des cultures

Reconnaître les espèces de pucerons qui colonisent les céréales à paille

30 avril 2020

Les céréales à paille peuvent être colonisées à plusieurs époques par des pucerons de différentes espèces. Comment savoir qui est qui ? Pas toujours facile ! Voici un résumé de quelques-unes de leurs caractéristiques.

Sur jeunes plantules, que ce soit pour les céréales d’automne ou de printemps, plusieurs espèces de pucerons - même en faible quantité - peuvent entraîner de forts dégâts suite à la transmission de virus de la jaunisse nanisante de l’orge (JNO). L’espèce la plus commune à l’automne - et la plus redoutée - est Rhopalosiphum padi. Les céréales sont d’autant plus affectées par cette maladie que l’inoculation virale a lieu au début de leur cycle de développement (de la levée aux premières feuilles). Elles restent sensibles à l’inoculation jusqu’à fin tallage. Une vigilance particulière doit être portée sur les orges, plus sensibles à cette virose que le blé tendre et le blé dur.

Au printemps, sur les semis d’automne, les populations de pucerons peuvent se développer sur les feuilles, parfois avec des effectifs importants, sans que leur nuisibilité n’ait été mise en évidence. Seuls les pucerons qui passeront sur épis (espèce Sitobion avenae) seront nuisibles : un diagnostic sera à faire à ce moment-là.

La répartition des différentes espèces sur le territoire n’est pas homogène. Elle subit des variations annuelles et saisonnières.

Sitobion avenae (ou puceron des épis)

Comme son nom l’indique, Sitobion avenae se développe essentiellement sur épi, mais peut coloniser le limbe des feuilles supérieures. Il n’y a pas d’élément - ni dans la bibliographie ni dans nos références historiques - qui indique que sa présence en quantités importantes sur feuilles entraîne forcément une pullulation sur épis. En revanche, ce puceron peut être porteur des virus de la JNO : vigilance donc pour les jeunes céréales, à l’automne comme au printemps.

Après l'épiaison des céréales, il est important de savoir le reconnaître pour suivre son évolution car il peut être à l’origine de dégâts importants sur épis par prélèvement de sève du stade floraison au stade grain laiteux-pâteux. En aspirant la sève des plantes, ces pucerons induisent une limitation du poids de mille grains (PMG), voire du nombre de grains par épi en cas d’attaque précoce.

D’une longueur comprise entre 1,3 et 3,3 mm, il présente des cornicules noires (appendices situés de part et d’autre de la partie postérieure de l’abdomen) avec des antennes noirâtres mesurant presque la longueur du corps. La couleur n’est pas caractéristique pour les aptères : elle peut varier du vert au rouge en passant par le jaune.

Figure 1 : Fiche d’identification de Sitobion avenae

Source : ACTA/INRA/ARVALIS

Metopolophium dirhodum (ou puceron des feuilles de graminées)

Ce puceron se développe essentiellement sur les feuilles au printemps et ne passe pas sur les épis. Dans nos travaux historiques, même lors de fortes pullulations au printemps sur céréales d’hiver, sa nuisibilité n’a jamais été mise en évidence. Sur jeunes plantules, ce puceron peut transmettre les virus de la JNO.

Il est le plus souvent de couleur vert pâle avec des cornicules claires (appendices situés de part et d’autre de la partie postérieure de l’abdomen).

Figure 2 : Fiche d’identification de Metopolophium dirhodum

Source : ACTA/INRA/ARVALIS

Rhopalosiphum padi, espèce fréquente et redoutée à l’automne

Ces pucerons globuleux, avec une zone rouge sombre ou rouille à la base des cornicules bien visible sur les aptères sont fréquemment observés à l’automne sur les jeunes plantules. Ils sont alors responsables de dégâts indirects en transmettant des virus lors de leurs piqures alimentaires. Plus tardivement ils se rencontrent sur feuilles ou gaines, plus rarement sur épis. Au printemps, leur présence sur feuilles est un risque seulement pour les jeunes céréales de printemps encore sensibles à l’infection JNO (avant montaison).

Une autre espèce du même genre, Rhopalosiphum maidis, a été observée sur plantules d’orge ces dernières années. Elle est également vectrice des virus de la JNO. De couleur vert bleuté clair à foncé, elle présente une plage violacée autour de l’insertion de chaque cornicule.

Figure 3 : Fiche d’identification de deux espèces de pucerons du genre Rhopalosiphum

Source : ACTA/INRA/ARVALIS

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D’autres espèces vectrices constituent également un risque JNO sur les jeunes céréales à paille, comme par exemple Schizaphis graminum.

Figure 4 : Fiche d’identification de Schizaphis graminum

Source : ACTA/INRA/ARVALIS

Et le puceron vert du pêcher ?

Attention ! Myzus persicae, le puceron vert du pêcher, n'est pas un vecteur de JNO. Très préjudiciable pour d’autres cultures (comme la betterave), il est possible de l’observer à l’automne sur céréales à paille.

Figure 5 : Larves et adulte de Myzus persicae

(source : © Encyclop’Aphid, INRAE)

Aptère (à gauche) : vert clair à vert jaunâtre, tubercules frontaux convergents, cornicules très légèrement renflées, assez longues et claires.
Ailé (à droite) : vert clair avec une plaque sombre sur l'abdomen échancrée latéralement et perforée, tubercules frontaux proéminents et convergents, antennes longues et pigmentées sauf à la base de l'article III, cornicules longues, sombres et renflées (sur hôtes secondaires), cauda en forme de doigt.

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2 commentaires 01 mai 2020 par ROBILLARD

C'est Myzus persicae

01 mai 2020 par FRANCOIS

Bonjour, Lesquels de ces pucerons sont aussi vecteur du TUyV dans le colza ? Merci

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