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Blé tendre en début montaison (épi 1 cm) en mars 2020 en Pays de la Loire Messagerie Pays de la Loire

Recommandations pour la conduite des céréales en début montaison

12 mars 2020

La douceur et la pluie sont toujours au rendez-vous en ce début mars. Sous l’effet des températures douces et de l’allongement de la durée du jour, la montaison arrive précocement cette année, avec une avance de 10 à 15 jours qui compense assez largement le retard des semis.

Les quantités de pluie cumulées depuis le début du mois sont particulièrement élevées avec un état d’excès d’eau persistant pour bon nombre de parcelles du bocage. Avec le démarrage de la montée à épi, l’asphyxie des sols devient plus préoccupante, beaucoup de parcelles souffrent avec des conséquences prévisibles sur le potentiel.

Figure 1 : Offre climatique blé tendre d’hiver

Avec 2007, la campagne 2020 figure parmi les plus douces et les plus pluvieuses de ces 20 dernières années.

L’état des cultures est très variable selon le contexte des parcelles

Semis d’octobre : les céréales ont franchi le stade épi 1 cm

• En sol sain (drainé ou non)
Le développement des cultures est satisfaisant. On note même une biomasse assez abondante, en lien avec la douceur et la bonne disponibilité en azote des sols (minéralisation continue et soutenue avec la douceur). Dans ce contexte, il convient de :
- Solder l’apport d’azote épi 1 cm vers la fin mars : pas d’urgence pour apporter sur les parcelles ayant déjà reçu un apport d’engrais, leur alimentation étant actuellement assurée par les fournitures du sol et l’engrais déjà épandu.
- Surveiller le risque de verse, en particulier sur les variétés sensibles présentant une biomasse importante et une montaison précoce. La montée à épi précoce, sous jours courts et couverts, couplée à une forte biomasse, accentuent ce risque.

• En sol marqué par l’excès d’eau
La biomasse mise en place est plus faible, pénalisée par l’anoxie liée aux excès d’eau répétés. Malgré tout, les stades progressent et ces premiers semis entament également la montaison. L’excès d’eau persistant à ce stade va désormais pénaliser le potentiel. Les parcelles qui n’ont pas encore pu recevoir d’azote ; faute de portance seront les plus impactées. Il conviendra donc d’adapter la conduite en conséquence.
- Le risque de verse est faible dans ces situations.
- Apporter l’azote dès que le sol sera ressuyé sur les parcelles n’ayant encore rien reçu, attendre la fin mars pour les autres. Adapter la dose totale au potentiel accessible et en garder une partie pour la fin montaison dont le positionnement et la quantité pourront être réajustés à l’aide d’un outil de pilotage.

Semis de novembre : les céréales sont entre redressement et épi 1 cm

• En sol sain (drainé ou non)
Le développement des cultures est satisfaisant, le retard de semis a été grandement compensé par la douceur. Les céréales sont actuellement correctement alimentées en azote grâce à la minéralisation constante de l’azote organique des sols. En conséquence, il convient d'attendre le ressuyage pour toute intervention et apporter l’engrais en priorité sur les variétés précoces n’ayant pas encore reçu d’azote.

• En sol marqué par l’excès d’eau
Le développement est là aussi pénalisé par l’excès d’eau persistant. Jusqu’à fin tallage, cet état d’asphyxie n’est pas trop préjudiciable. Attendre le ressuyage pour toute intervention.

Semis les plus tardifs, décembre et au-delà : céréales en cours de tallage

La biomasse mise en place est encore réduite, du fait du retard au semis. Les besoins en azote restent modérés à ce stade, et la minéralisation soutenue de l’azote organique du sol suffit à alimenter les plantes. Il n’y a donc pas d’urgence pour fertiliser ces semis tardifs.

Certaines parcelles semées tard, en sol hydromorphe, ne sont pas bien implantées et souffrent sévèrement de l’excès d’eau. Dans ces situations, il convient d’attendre le ressuyage et le redémarrage de la culture pour poser un diagnostic quant au maintien ou non de la culture.

Soufre : un risque de carence plus élevé cette année

Lorsqu’il est nécessaire, nous recommandons d’effectuer l’apport de soufre avec l’apport azoté réalisé autour d’épi 1 cm (sous forme d’azote soufré). Rappelons qu’il est possible de corriger une carence à la vue de symptômes et ce, jusqu’au stade 1 nœud sans perte de rendement.

Un climat favorable aux maladies des tiges cette année

L’extrême douceur et la succession d’épisodes pluvieux sont favorables aux champignons du pied comme le piétin-verse ou le rhizoctone.

En ce qui concerne le piétin-verse, les simulations que nous réalisons avec le modèle TOP et mises à disposition dans le Bulletin de Santé du Végétal, indiquent un risque climatique élevé pour les semis d’octobre.

Rappelons que ce risque climatique ne s’interprète pas seul : il faut l’intégrer au risque agronomique global de la parcelle.

Consultez la grille de risque rappelée dans le BSV ou dans le guide Choisir et Décider – Interventions de printemps 2020 (p 13).

Les variétés dont la note de résistance au piétin-verse est ≥ 5 (Advisor, LG Absalon, Descartes…) ne nécessitent pas de traitement spécifique piétin. A l’inverse, les variétés les plus sensibles (Arezzo, Arkeos, Oregrain, Pilier, Rubisko, Rgt Sacramento, Soléhio…) sont à surveiller.

Message rédigé par ARVALIS - Institut du végétal en concertation avec AGRIAL, la CAPL, la CAVAC, la Chambre d’agriculture de la Mayenne, la Chambre d’agriculture des Pays de la Loire, la Coopérative d’Herbauges, Bernard AgriServices, Les Ets Hautbois, Soufflet Agriculture.
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