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Chantier de récolte de la luzerne Fourrage

Luzerne : une légumineuse délicate à récolter

14 décembre 2012

Ensilage, enrubannage, foin, affouragement en vert, la luzerne est une légumineuse aux modes de récoltes multiples. Au cours d’une saison, ces modes de récolte se combinent le plus souvent pour tirer le meilleur parti de la luzernière. La récolte en foin est particulièrement délicate à réussir. Il s’agit de limiter la perte en feuilles lors de la chaine de récolte.

En première coupe, l’ensilage avec pré-fanage est souvent préféré au foin car il procure plus de sécurité vis-à-vis des conditions climatiques de milieu de printemps. La deuxième et la troisième coupe sont généralement menées en foin. La quatrième coupe, dont le rendement est plus faible, réalisée à l’automne avec une météo souvent instable, est exploitée en enrubannage.

La date de fauche est un compromis entre rendement et qualité. Au premier cycle, il est conseillé de viser le stade début bourgeonnement. Plus la récolte est tardive, plus le rendement en matière sèche augmente mais plus la valeur alimentaire chute. En repousses, un délai de quatre à six semaines est souvent nécessaire.

La conservation est plus délicate en ensilage

La luzerne est difficile à conserver sous forme d’ensilage car elle contient peu de sucres (matières premières indispensables pour les fermentations), et possède un pouvoir tampon élevée du fait de sa richesse en matière azotée et autres éléments minéraux, tels que le calcium ou le potassium. Contrairement à la fenaison, les principales pertes liées à ce mode de conservation ne surviennent pas au champ mais dans le silo. Le degré de pré-fanage optimal se situe entre 30 et 40% de MS. L’ensilage d’un fourrage trop peu pré-fané peut entraîner des pertes de jus et des fermentations indésirables (acide butyrique). A l’inverse, les levures et les moisissures profitent des fourrages trop fortement pré-fanés et/ou le tassement est insuffisant. En général, la luzerne est moins sensible aux post-fermentations que les graminées. Pour assurer le meilleur tassement possible, il est recommandé de couper le fourrage en brins courts ou de le hacher.

Foin : la valeur est dans les feuilles

Lors du séchage au sol, les pertes des feuilles au champ peuvent dépasser les 30%. Tous les postes de la chaîne de récolte de foin de luzerne peuvent occasionner ces pertes en feuilles. Il n’est pas utile de rappeler que les folioles renferment deux à trois fois plus de matières azotées que la tige. Le respect de quelques précautions permet de limiter les pertes en feuilles lors de la chaîne de récolte :

► Utiliser une rotative classique ou une faucheuse conditionneuse à rouleaux,

► Faucher le matin et faner le fourrage encore humide juste après la fauche afin de limiter les pertes de feuilles. Pour les mêmes raisons, les prochains fanages doivent être réalisés tôt le matin dans un fourrage réhumidifié. Plus la luzerne sèche, plus il faut diminuer le régime de rotation de l’outil de façon à obtenir un fanage de plus en plus souple. Le fanage est responsable de la majorité des pertes en feuilles d’au moins 20% si le fourrage n’est pas réhumidifié.

► Andainer le matin en regroupant les andains pour un pressage rapide,

► Presser de préférence le matin, dès que la rosée s’est retirée, de gros andains pour limiter les pertes et le temps de rotation dans la chambre,

► Eviter les ameneurs rotatifs et utiliser un liage filet.

Le séchage en grange permet de limiter ces pertes de feuilles par émiettement. Ces dernières deviennent importantes à partir de 50 à 60% de MS. Ce mode de conservation est en outre moins tributaire des bonnes conditions météo.

Pour une bonne pérennité des luzernières

Une luzernière possède une durée de vie moyenne de 4 à 5 ans. Il faut laisser fleurir la luzerne au moins une fois dans l’année pour lui permettre de reconstituer ses réserves. La 2ème ou 3ème repousse peut tout à fait monter à floraison. Par ailleurs, il est préférable de faucher haut, au-dessus de 6-7cm minimum. La repousse sera d’autant plus rapide.

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