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Un homme prélève des échantillons de blé tendre dans une parcelle à maturité avant la récolte 2021 en Lorraine, pour préparer le bilan de campagne Messagerie Lorraine

Récolte 2021 de blé tendre : des résultats moyens malgré les bons débuts

09 septembre 2021

Retour sur le déroulement de la campagne 2020/2021 de blé tendre, avec un point sur les rendements et la qualité.

En 2020 - 2021, le cumul des surfaces en blé tendre d’hiver s’établit à près de 263 000 ha (+16 % par rapport à la récolte 2020). Un record pour la région. L’explication ? une partie initialement dédiée au colza, qui, faute de conditions propices à son implantation, a finalement été semée en blé (majoritairement blé de blé).

Du côté des rendements, les zones favorables de plaine réalisent des scores un peu moins élevés qu’en 2020, très bonne année pour ces milieux ; au contraire, les sols superficiels plus séchants offrent d’excellentes surprises grâce à un climat printanier beaucoup plus favorable que celui observé ces dernières années. En conséquence, le rendement estimé aujourd’hui s’établit à 71 q/ha, soit 5 % de plus que la moyenne olympique décennale (sans prendre en compte la récolte 2016).

Figure 1 : surfaces et rendements en blé tendre d’hiver en Lorraine – 1980/2021

Côté protéines, les teneurs sont moyennes, avec une tendance qui semblent s’inscrire légèrement supérieures à 11,5 %. Au vu de la fin de cycle très pluvieuse, ce sont les poids spécifiques qui sont très bas, variant entre 70 et 80 selon les secteurs et les parcelles.

Des conditions d’implantation difficiles rattrapées par un hiver propice au développement des blés

Pour cette campagne, on distingue deux vagues de semis distinctes :
- les premiers, positionnés autour du 20 septembre, dans des sols très secs en l’absence de précipitations significatives en août et début septembre ;
- Ceux réalisés après les précipitations importantes de fin septembre / début octobre. Ainsi, il était parfois difficile de conduire les chantiers entre le 25 septembre et le 10 octobre, et les semis de la seconde vague ont parfois eu lieu en conditions laborieuses.

Côté désherbage, l’absence de pluies en août n’a pas permis la mobilisation des leviers en interculture (faux-semis et couverts) et les graminées envahissent les parcelles de blé dès la deuxième décade d’octobre. Néanmoins, les conditions poussantes de l’entrée d’hiver, associées à des sols humides, ont pu faciliter l’efficacité des programmes de désherbage postlevée positionnés dans de bonnes conditions. Néanmoins, le salissement de certaines parcelles était rapidement présent, avec des phénomènes amplifiés sur les semis précoces.

L’hiver a ensuite été marqué par des températures plus chaudes qu’habituellement, avec +0,6 °C entre octobre et mars par rapport aux données fréquentielles des 20 dernières années sur l’intégralité de la Lorraine. Le réchauffement climatique était bien présent cet hiver et a permis aux plantes d’avoir un nombre de talles dans une bonne moyenne en sortie d’hiver, malgré une durée de tallage écourtée de 10 à 15 jours.

Figure 2 : Positionnement de l’année 2021 sur le nombre de talles en sortie d’hiver

Une montaison dans le froid sans facteurs limitants

Les reliquats azotés en sortie d’hiver étaient, sans pouvoir généraliser, dans une tendance moyenne en sols profonds, ce qui a permis d’assurer les besoins en nutrition azotée jusqu’au début de montaison.

Concernant les apports d’azote, les séquences pluvieuses régulières ont permis de sécuriser leur bonne valorisation tant qu’ils étaient correctement positionnés.

Tableau 1 : pluviométrie de février à mai 2021

A partir du début de la montaison (fin mars / début avril), les températures ont chuté drastiquement. Premier phénomène, des gelées sont enregistrées entre -3 °C et -6 °C le 6 avril, sur des blés en majorité au stade 1 nœud. Quelques gels d’épis ont été constatés, sans être généralisés.

A la suite de cet évènement et jusque juin, les températures ont eu peine à remonter et font prendre du retard aux cultures, qui ont fonctionné au ralenti malgré de bonnes conditions hydriques et azotées : au stade épiaison, l’année s’inscrit comme l’une des plus tardives, devant 2013 et 2006.

Les conditions hydriques n'ont pas été limitantes et ont permis de maintenir les talles formées, et d’avoir de belles populations d’épis. Le rayonnement et les températures entre 2 nœuds et floraison ne sont pas non plus limitantes pour la fertilité des épis. Néanmoins, des rayonnements parfois limités à la méïose et à la floraison, couplés à des températures fraîches, ont sans doute eu un impact négatif sur certaines parcelles.

Figure 3 : positionnement de l’année 2021


Du côté des maladies, la septoriose apparaît après le retour significatif des pluies de fin avril et se développe avec les pluies de mai, mais de manière contenue, en lien avec les températures plutôt fraîches de cette période. La rouille jaune et la rouille brune restent très ponctuelles.


Une fin de cycle plus compliquée

C’est dès le début de remplissage des grains (floraison entre le 30 mai et le 10 juin) que les conditions climatiques deviennent capricieuses.
De juin à mi-août, tous les secteurs ont cumulé a minima plus de 200 mm d’eau, avec plus de 320 mm sur les secteurs les plus arrosés (principalement en Meuse, sur le Pays-Haut). Ces pluies étaient accompagnées d’une nébulosité importante, qui a limité le rayonnement encore nécessaire au fonctionnement de la plante pour le remplissage des grains. La mise en place de la dernière composante de rendement, le Poids de Mille Grains (PMG), a donc été impacté. Nos relevées montrent des PMG inférieurs en tendance par rapport au nombre de grains/m².

Figure 4 : positionnement de l'année 2021 sur le PMG selon le nombre de m2

Ces pluies incessantes ont aussi pu provoquer de la verse sur certains secteurs, mais les épis sont restés plutôt sains et, a priori, avec une germination sur pied limitée, sauf cas particuliers.

Pour la plupart des parcelles, bien que la floraison se soit déroulée majoritairement dans des conditions sèches, les pluies et la fraîcheur post-épiaison ont pu être favorables aux fusarioses, avec certaines pouvant dépasser les seuils de DON, le plus souvent en cas de précédent maïs et non labour.

Côté qualité, les teneurs en protéines sont correctes mais les poids spécifiques (PS), bas, notamment pour les récoltes les plus tardives (données provenant du barrois sur la figure 5), en lien avec le cumul de précipitations post-floraison.

Figure 5 : positionnement de l'année 2021 sur la teneur en protéines selon le PS

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