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bilan de campagne blé tendre 2020 en Bourgogne Messagerie Bourgogne-Franche-Comté

Récolte 2020 : des rendements en blé très hétérogènes mais la qualité est là !

27 août 2020

En 2019-2020, la région Bourgogne-Franche-Comté cumule 378 000 ha de blé tendre d’hiver, dont plus de la moitié dans les départements de l’Yonne, de la Côte d’Or et de la Nièvre. Retour sur les faits marquants de cette campagne.


La récolte 2020 s’annonce inférieure à la moyenne décennale en Bourgogne tandis qu’en Franche-Comté, avec des sols plus profonds, les résultats s’inscrivent dans une moyenne haute. Au-delà de la moyenne, et tout particulièrement en Bourgogne, se cachent de fortes disparités en fonction des types de sol et des territoires. La grande zone des plateaux de l’Yonne, de la Nièvre et de la Côte d’Or affiche les rendements les plus faibles - entre 30 et 50 q/ha - comme rarement enregistrés (2011 et 2014).

Du côté de la qualité technologique, les teneurs en protéines sont élevées et les poids spécifiques sont très bons, grâce à une fin de cycle propice au bon remplissage des grains.

Figure 1 : évolution des Surfaces et des rendements de blé tendre d'hiver en Bourgogne-Franche-Ccomté depuis 1976

Automne et hiver : douceur et humidité au rendez-vous !

Après la sécheresse enregistrée au cours de l’été 2019, un climat pluvieux s’installe dès le début du mois d’octobre. En conséquence, les semis s'échelonnent au gré des averses jusqu’à la fin octobre. Outre le décalage de la date de semis, les implantations se réalisent dans des sols humides, rendant difficile l’exploration du sol par les racines. En revanche, la végétation enregistre une croissance rapide sous l’effet de températures douces jusqu’à la fin de l’hiver. Dans ces conditions, les traitements réalisés avec des herbicides racinaires sont efficaces.

La figure 2 positionne la campagne 2020 de manière pluriannuelle en prenant le cas concret de Dijon (21).

Figure 2 : Positionnement des campagnes céréalières en fonction du cumul de pluies et de la température moyenne enregistrés entre le 1er octobre et le 15 mars - station de Dijon (21)

Elle illustre bien le fait que la période automne-hiver 2019/2020 est parmi les plus chaude et humides des 20 dernières années :
- + 12 % de précipitations
- + 1,7°C (seule 2007 surpasse l’année 2020)

Tout au long de l’automne et de l’hiver, les températures douces favorisent les pucerons vecteurs de la jaunisse nanisante. Ils sont peu nombreux mais virulifères au long cours. La perte de rendement peut être importante au cas par cas sur semis précoce sans traitement insecticides, mais reste moins violente qu’en orge d’hiver.

Néanmoins, compte tenu de ces cumuls de températures, raccourcissant la période de tallage, les blés arrivent au stade épi 1 cm avec un nombre de tiges à plus de 3 feuilles limités : 500 par exemple pour Rubisko à Broindon (21).

Sécheresse intense courant montaison

La montaison a débuté à partir du 10 mars pour les semis précoces et à partir du 20 mars pour les semis tardifs. Dès le début de cette phase, une absence de précipitations a eu lieu sur le territoire, durant 40 à 50 jours selon les secteurs.

l'analyse pluriannuelle des conditions climatiques enregistrées entre le 15 mars et le 25 avril sur la zone de Dijon (Figure 3), montre qu'en 2020 :

- Un record de sécheresse depuis 20 ans a été largement battu (proche de l’absence de précipitations).
- les températures sont au-dessus de la moyenne (+ 1°C), sans record à la clé.

Figure 3 : Positionnement des campagnes céréalières en fonction du cumul de pluies et de la température moyenne enregistrés entre le 15 mars et le 25 avril - station de Dijon (21)

Ce manque de pluie conduit à une diminution rapide des réserves utiles des sols, qui ont atteint leurs réserves de survie avant la fin mars pour les sols superficiels (figure 4 à gauche), et début avril pour les sols plus profonds (figure 4 à droite). Il a provoqué des stress hydriques importants pour les plantes.

Figure 4 : Evolution de la réserve en eau du sol durant la campagne 2019-2020 - Yrouerre (89) à gauche et Dijon (21) à droite

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L’indice de nutrition des blés s'est difficilement maintenu à un niveau correct pour cette campagne. Seuls les apports réalisés avant la période de sec ont pu être valorisés par les plantes et ont parfois permis de maintenir un niveau satisfaisant jusqu’à la mi-montaison dans les meilleures situations. Seul le solde des apports d’azote a été correctement valorisé avec le retour des pluies fin avril.

La figure 5 décrit clairement l’absence, du 15 mars au 25 avril, des 15 mm de pluie nécessaires pour valoriser un apport d’azote.

Figure 5 : Nombre de jours nécessaires pour cumuler 15 mm en 2020 - station de Dijon (21)

Ainsi, le stress hydrique et les carences induites en azote ont affecté la production de biomasse et le nombre d’épis/m² via la régression des talles courant montaison, particulièrement dans les sols superficiels.

La sécheresse et les températures plus élevées que la moyenne ont aussi eu un impact physiologique en accélérant l’apparition des stades. Le stade épi 1 cm est arrivé, en tendance, avec 8 à 12 jours d’avance par rapport à la médiane des 20 dernières années. Le stade méiose apparaît également plus tôt que d’habitude sans souci particulier vis-à-vis des températures. L’avance reste de mise jusqu’au stade floraison.
En contre-partie, l’absence de pluie s’est traduite de façon remarquable sur le développement des maladies foliaires : elles ont souvent été contenus sur les F3, voire F2, avec des pressions faibles, qui n’ont pas présenté de risque pour les rendements. De même, l’absence de pluie significative à la floraison (vers le 20 mai) n’a pas favorisé le développement de la fusariose sur épi, y compris en précédent maïs, ce qui a permis d’assurer une récolte de bonne qualité sanitaire.

Une fin de cycle qui permet de « sauver » en partie le potentiel en sols profonds

Le nombre de grains par épi (la fertilité des épis) aurait pu être affecté par les carences auxquels ont fait face les plantes et les températures froides autour de la méiose (vers les saints de glaces). C’était sans compter sur le quotient photothermique et le retour des pluies vers la fin avril – début mai, qui ont permis une fertilité des épis correcte.

Un essai physiologique, en plaine de Dijon en 2020, montre des très bons poids de mille grains (PMG), parmi les meilleurs enregistrés dans le secteur, dès la mi-remplissage !

Sur la base d’un jeu de données historiques d’ARVALIS sur la région Bourgogne-Franche-Comté, les rendements obtenus à l’issue de la campagne 2019-2020 s’expliquent par :
- un nombre de grains par m² inférieur à la moyenne avec un nombre d’épis limitant en raison du sec et d’une carence en azote induite et avec une fertilité des épis correcte. En moyenne cette année, le nombre de grain par épis est de 26 en sols superficiels et 38 en plaine.
- Un PMG record de + 20 à 25 % par rapport à l’historique. Le retour des pluies fin avril a été accompagné de températures douces. Ces conditions ont perduré jusqu’à la fin du mois de juin. Ainsi, le temps de remplissage des grains a été allongé et le nombre de jours échaudants limité : le remplissage des grains s’est donc déroulé dans des conditions optimales et permet d’atteindre des PMG souvent supérieurs à 50 g et des PS supérieurs à 80 kg/hl.
- Des teneurs en protéines dans la moyenne haute. Elles sont concentrées dans les sols superficiels, en lien avec des rendements faibles, et peuvent être légèrement diluées dans un rendement élevé sur les sols profonds. Le retour des pluies fin avril / début mai a permis une minéralisation tardive et une valorisation de l’azote en fin de cycle favorisant la protéine.

Le remplissage plus long a aussi permis une homogénéisation des stades. Alors que la moisson était prévue tôt, des averses la retardent d’une semaine à 10 jours.

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