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Parcelle de maïs ennoyées après les pluies du week-end du 9 et 10 mai 2020 dans le Sud-Ouest Messagerie Sud-Ouest

Intempéries : des dégâts possibles sur maïs

14 mai 2020

Fortes précipitations, inondations, grêle… les conditions climatiques ont été particulièrement marquantes le week-end du 9 et 10 mai. Certains secteurs ont pu recevoir jusqu’à 150 mm de pluie en 24 h ! Présentation des impacts possibles.

Grêle : attendre quelques jours avant d’observer les parcelles

Plusieurs couloirs de grêle ont traversé le Sud-Ouest ces derniers jours. Il est important d’attendre quelques jours pour évaluer les dégâts. Cela va permettre de juger du bon redémarrage ou non de la culture.

La météo des jours à venir conditionne largement le redémarrage potentiel. Sur des maïs ayant moins de 6 feuilles, même si celles-ci sont déchiquetées, le méristème n’est souvent pas touché et la plante peut repartir. Cependant, en cas d’impact de grêlon à ce niveau, des champignons peuvent se développer au bout de quelques jours, ce qui compromet la survie de la plante. A noter également que les feuilles lacérées en décomposition peuvent bloquer l’émergence des nouvelles feuilles.
Sur des plantes plus développées, le risque que le méristème soit impacté est plus élevé, et le risque de développement de moisissures aussi.

Quelques jours après un épisode de grêle, une observation attentive de la parcelle et des plantes permet de prévoir le pourcentage de pertes de pieds.


Photo 1 : Redémarrage d’une plante 5 jours après la grêle


Photo 2 : Maïs complètement détruit par la grêle

Si les jeunes plantes de maïs n’ont pas subi de dommages irréversibles, les rangs redeviennent visibles au bout de quelques jours. Les vieilles feuilles lacérées par la grêle sont desséchées, mais les jeunes feuilles sont encore vertes. En coupant la tige en deux, on peut vérifier que le méristème n’a pas été touché : s’il est de couleur verte, c’est bon signe. Une couleur marron indique par contre qu’il a été impacté. A l’inverse, si la plante est définitivement détruite, on n’observe plus aucune feuille verte.


Photos 3 à 6 : Visite des parcelles 5 jours après l’orage de grêle

Tableau 1 : Evaluation des niveaux de dégâts sur maïs et pistes pour l’accompagnement des parcelles concernées

Cliquez sur l'image pour l'agrandir

B : Biner dès que l’état d’humidité du sol le permet. Anticiper si possible une partie de l’apport d’azote à ce moment.
Ir : Faire évoluer les tours d’eau en augmentant ceux-ci et en diminuant les doses par apport, surveiller les ravageurs (cicadelles, cirphis notamment).
S : Un resemis serait à envisager si possible (selon date), sinon procéder en combinant B puis Ir.
Ab : Abandon de la culture (si pas d’assurance grêle).

Pour les maïs sous l’eau

Les orages de ce week-end ont provoqué de fortes inondations, notamment dans les Landes et en Gironde.

Carte 1 : Cumul de pluies du 9 mai à 17 h au 11 mai à 17 h (mm)

Certaines parcelles sont complètement ennoyées, et le ressuyage plus ou moins rapide conditionnera la survie des maïs, déjà bien avancés dans certains secteurs. Les dégâts seront au prorata de la durée d’ennoiement : au-delà de 48 heures de submersion, les chances de reprise de la culture sont fortement compromises. La présence de dépôts de limons dans le cornet est un élément défavorable, car ce bouchon empêche les nouvelles feuilles de se déployer. A noter que les maïs qui survivront auront plus de chance de développer du mildiou, de l’Erwinia ou du charbon.

Pour les maïs semés la semaine dernière, rappelons que lorsque le sol est saturé d’eau, l’oxygène n’est pas disponible pour la plante, ce qui peut compromettre fortement la germination et entraîner la mort des semences. Ces conditions pénalisantes peuvent également se traduire par des levées hétérogènes. Elles sont par ailleurs favorables au développement de champignons (Pythium, Fusarium…).


Photo 7 : Début de germination du maïs

Une fois passée la phase de germination au sens strict, les étapes ultérieures, avec le développement de la radicule et du coléoptile, nécessitent également une bonne aération du sol.
D’autre part, les forts abats peuvent créer des croûtes de battance qui vont être un frein physique à la levée des maïs.

Pour les parcelles ennoyées, il sera donc nécessaire dans les prochains jours de bien surveiller pour estimer les pertes.

Possible lessivage des éléments minéraux dans le sol

Autre conséquence des forts abats d’eau : le lessivage des éléments minéraux (azote et potasse principalement). La majorité des parcelles n’ont pas encore reçu l’apport principal en urée, ce qui limite les pertes d’azote potentielles. A noter toutefois que sur les sables, les pertes de potasse sont réelles.

Faut-il prévoir un resemis des parcelles ?

Le resemis des parcelles est encore d’actualité. Si l’on doit resemer, il est nécessaire de respecter certaines conditions :
• Détruire les plantes restant en place, qui ne peuvent que gêner le développement du resemis,
• Ne jamais resemer en parallèle des plantes restantes, qui font de l’ombre au nouveau semis,
• Ne pas semer trop dense, surtout si le resemis est tardif, le potentiel de la culture sera de toute façon plus faible,
• Il n’est pas nécessaire de retravailler le sol, le travail du soc semeur peut être suffisant, mais cela est à voir au cas par cas selon l’état du sol,
• Si la parcelle est sensible aux taupins, protéger le resemis, car même si les plantes poussent plus vite à cette date, elles seront sensibles aux ravageurs dès la levée.

Le désherbage de prélevée du resemis n’est pas utile, on pourra toujours intervenir en postlevée, le cas échéant. Attention, si de la pendiméthaline a été utilisée, faire travailler le chasse-mottes pour écarter le film de produit, sinon on risque une phytotoxicité grave. On peut aussi labourer la parcelle pour diluer en profondeur le produit.

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