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ARVALIS - CETIOM Infos

Ravageurs d'automne : limaces, commencer par l'agronomie

01 octobre 2013

Une fin d’été humide ? Une implantation de culture intermédiaire ? Et voilà le risque limace qui revient. Heureusement, la lutte démarre de façon préventive à l’interculture en actionnant les leviers agronomiques.

L’interculture et le semis offrent deux créneaux d’action pour lutter contre les limaces. La priorité est de perturber leur milieu de vie, en les privant de nourriture et de refuges, indispensables à leur survie durant les chaleurs estivales.

C’est pourquoi, dès la récolte d’un colza ou d’une céréale à paille, un déchaumage partiel est recommandé : il détruit les sources potentielles de nourriture que sont les adventices et les repousses, il assèche l’horizon de surface exposant oeufs et jeunes larves sensibles à la dessiccation et il détruit les refuges des limaces en affinant la terre. Elles sont en effet incapables de creuser des galeries dans le sol et ne se déplacent que dans les interstices offerts par les terrains motteux.

Quand l’interculture reste en sol nu, deux à trois passages de déchaumeurs entravent l’activité des limaces et empêchent leur reproduction. Le labour est de ce point de vue moins efficace car il ne fait que retarder leurs déplacements en les enfouissant. Il risque même de les favoriser en leur offrant des refuges dans les mottes. Sauf dans les sols limoneux, non battants : dans ce cas, un labour pratiqué juste avant le semis d’une céréale perturbe les ravageurs par endettement de la surface du sol.

Le choix de l’espèce implantée en interculture joue également. Les repousses de colza et de tournesol sont ainsi particulièrement appréciées par les limaces ce qui impose leur destruction précoce. Certains couverts attirent moins les gastéropodes comme la moutarde, le radis, la vesce et la phacélie.

Pour que le couvert joue bien son rôle (piège à nitrate et/ou protection contre l’érosion), son implantation doit être soignée : un semis à la volée du couvert doit être combiné à un déchaumage pour bien enterrer les graines et les protéger des limaces. Dans tous les cas, une destruction tardive est exclue afin de limiter les attaques sur la culture suivante.

La priorité est de perturber leur milieu de vie, en les privant de nourriture et de refuges.

Pas de semis superficiels

ARVALIS - Institut du végétal a montré que les graines bien enterrées ne sont pas consommées par les limaces grises, au contraire de celles qui sont laissées en surface. La qualité du semis de la culture assure donc une sécurité supplémentaire contre ces ravageurs grâce à un lit de semences bien préparé (terre fine) et, surtout, bien refermé. Car un semis très superficiel crée des « couloirs » à limaces.

Le semis direct est donc à proscrire si le risque de présence de limace est élevé, surtout sous couvert et après une interculture longue. Il faut a minima augmenter la densité de semis. Sur un terrain motteux ou creux, un roulage après semis retarde, quand il est possible, les attaques de limaces en entravant leur déplacement.

Tableau 1 : Comparaison d'appétence de différentes espèces de cultures itnermédiaires


Cliquez sur l'image pour l'agrandir

Plus de 20 limaces/m2 ? Mieux vaut traiter dès le semis

Si ces leviers agronomiques de prévention ne suffisent pas, la lutte peut s'orienter sur la destruction chimique avec l'emploi de granulés anti- limaces contenant des substances molluscicides. Ils agissent par empoisonnement quand ils sont ingérés. Ils s’utilisent donc uniquement quand les limaces peuvent se déplacer pour les trouver : inutile de traiter quand les conditions climatiques ne s’y prêtent pas, par temps frais et sec notamment. C’est le degré d’infestation qui va guider la stratégie.

Inutile de traiter quand les conditions climatiques ne s’y prêtent pas, par temps frais et sec notamment.

Le piégeage s’effectue grâce à des pièces standardisés type piège De Sangosse, à raison de quatre pièges par parcelle durant la période d’activité des limaces.

Avec moins de 20 limaces piégées par m2, l’application peut attendre que les premiers dégâts soient observés. Mais si le piégeage compte de 20 à 50 limaces/m2, un traitement s’impose au semis. L’application a lieu entre le semis et la levée car il est plus probable que les limaces consomment des granulés sur le sol nu. La probabilité augmente encore avec un traitement en fin dejournée ou avant une période humide. Quels que soient les dégâts, ce traitement en plein au semis réduit les populations d'environ 15 %.
Pour des infestations plus importantes, il faut traiter quinze jours avant le semis et revenir au moment du semis. L'efficacité du premier traitement reste limitée car les granulés sont enfouis par le semoir et ne sont donc plus accessibles pour les limaces.

Dans tous les cas, dès que des attaques sont constatées, les leviers agronomiques doivent être mis en oeuvre le plus vite possible, dès l'interculture suivante.


C'est le degré d'infestation qui guide la stratégie de lutte.

Téléchargez ARVALIS - CETIOM Infos septembre 2013 "Céréales et colza : la prévention au premier plan", dont cet article est extrait.

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