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ARVALIS - CETIOM Infos

Inhibiteurs de l'ALS : raisonner à l'échelle de la rotation

27 septembre 2013

Pour éviter l’apparition d’adventices résistantes aux inhibiteurs de l’ALS, ARVALIS - Institut du végétal et le CETIOM proposent une gestion concertée de ce mode d’action dans la rotation.

Depuis 2009, la famille des inhibiteurs de l’ALS (Acétolactate synthase), utilisée depuis longtemps en céréales à paille, s’enrichit de produits applicables sur le tournesol et le colza. Ces solutions de désherbage de post-levée (Pulsar 40, Express XS, Cleranda et BAS798H, DPXA7881) doivent contrôler les adventices difficiles comme le géranium dans les colzas.

Mais la généralisation d’un même mode d’action à l’ensemble des cultures d’une rotation peut accélérer les résistances, d’autant plus si les flores visées sont identiques.

Ces dernières sont déjà confirmées pour les graminées dans les céréales à paille : vulpin, ray-grass, folle avoine, agrostis et brome stérile présentent ainsi des résistances aux inhibiteurs de l’ACCase (« antigraminées foliaires ») et aux inhibiteurs de l’ALS. Coquelicots et matricaires commencent également à résister à cette dernière famille.

La mono-application : un risque majeur d’apparition de résistance

La crainte de l’arrivée des nouveaux produits sur le tournesol et le colza est majorée par certaines pratiques. Le non-travail du sol et les rotations courtes favorisent par exemple de fortes densités d’adventices et accroissent donc statistiquement le risque d’apparition d’une plante résistante. La modulation des doses, si la dose utilisée n’est pas efficace, est une autre pratique à bannir. Mais le principal risque reste l’utilisation systématique du même mode d’action.

La mono-application d’herbicide, répétée tout au long de la rotation, présente un risque d’autant plus élevé que les doses sont réduites et non efficaces. Par exemple, lorsque les nouveaux herbicides à base d’imazamox sont utilisés seuls sur le colza en plus de l’utilisation systématique d’autres inhibiteurs de l’ALS sur les céréales, le risque de voir apparaître des populations de ray-grass, vulpins, folles avoines ou bromes résistants est très élevé. Autre exemple, l’éthametsulfuron-méthyl utilisé sur le colza (DPXA7881) et le tribénuronméthyl en tournesol (Express SX) sont des anti-dicotylédones stricts.

Prévenir les risques impose une alternance rigoureuse des modes d’action.

Les risques d’apparition de résistance portent donc sur les dicotylédones communes aux céréales et à ces cultures oléagineuses : les crucifères, les ombellifères et les géraniums (Tableau 1). Sur ces cibles, les solutions disponibles dans les autres cultures sont parfois limitées (ombellifères) : le recours aux mélanges, dans toutes les cultures, doit être privilégié. Ainsi, les coquelicots figurent parmi les dicotylédones à surveiller avec l’arrivée de l’imazamox sur le colza, si leur contrôle passe systématiquement par un inhibiteur de l’ALS dans la rotation.

Prévenir les risques impose une alternance rigoureuse des modes d’action en s’appuyant sur des programmes ou des associations de modes d’action.

Tableau 1 : Analyse du risque d'apparition de résistance, pour les principales adventices présentes en colza et céréales, avec les nouvellesspécialités utilisables sur colza.


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Tableau 2 : Exemples de gestion herbicides dans une rotation colza/blé/orge, intégrant des solutions de type inhibiteurs de l'ALS sur colza.


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Des programmes pour sauvegarder les nouvelles solutions

A partir de l’ensemble de ces données, ARVALIS - Institut du végétal et le CETIOM ont formulé des propositions de stratégies pour différents types de rotation : colza/blé/orge (Tableau 2), colza/blé/tournesol/blé et tournesol/blé (voir le site perspectivesagricoles.com).

L’idée consiste à intégrer de facto la diversité de substances actives sur les cultures. Pour y arriver, les programmes en céréales (automne puis sortie d’hiver) et en colza (complément avec propyzamide/carbétamide) voire les associations (mélange d’antidicotylédones sur les céréales associant du metsulfuron avec contact, DFF ou hormone) constituent des moyens efficaces de prévention.

Dès que les graminées sont un problème majeur d’une rotation colza/blé/orge, la solution Clearfield (Cleranda ou BAS798) sera déconseillée. L’impasse de ce mode d’action reste le meilleur levier contre la pression de sélection tant qu’une technique alternative fonctionne (prélevée puis Kerb Flo ou Légurame PM). En revanche, dans cette situation infestée en graminées, la solution à base d’ethametsulfuron est envisageable compte tenu de sa pression de sélection nulle sur graminées.

L’idée majeure à retenir est l’intégration, pour toutes les cultures, d’autres substances actives que les inhibiteurs de l’ALS : propyzamide/carbétamide pour les colzas, DFF/urées/flufénacet/prosulfocarbe pour les céréales. Après les applications de Cleranda ou de BAS798H, s’il reste des graminées dans la parcelle, elles devront systématiquement faire l’objet d’un rattrapage avec Kerb Flo ou Légurame PM. Afin de limiter la pression de sélection sur le géranium ou la sanve, l’alternance des modes d’action doit également jouer sur les céréales avec les programmes d’automne, à base de DFF/ioxynil/bromoxynil/bifenox par exemple.

Téléchargez ARVALIS - CETIOM Infos septembre 2013 "Céréales et colza : la prévention au premier plan", dont cet article est extrait.

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