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Pourquoi drainer les parcelles agricoles ? Ce mois-ci dans Perspectives Agricoles

Quels sont les enjeux agronomiques du drainage ?

29 novembre 2018

Trois millions d’hectares de parcelles agricoles sont drainés en France. L’installation de nouveaux réseaux se fait au rythme d’environ 15 000 ha par an. Selon Alain Dutertre, ingénieur de recherche chez ARVALIS, le potentiel de surfaces à drainer reste important au regard des enjeux.

Perspectives Agricoles : Qu’apporte le drainage au fonctionnement du sol ?

Alain Dutertre : Dans la majorité des cas, le drainage sert à évacuer rapidement un excès d’eau hivernal provenant, la plupart du temps, d’un horizon imperméable situé en profondeur. Le drainage limite ainsi le ruissellement, en maintenant l’infiltration et en ramenant plus rapidement le sol à sa capacité au champ quand celle-ci est dépassée.
Un réseau de drainage est dimensionné pour répondre à des conditions pluviométriques moyennes et non pour faire face à des épisodes pluvieux particulièrement intenses, comme ce fut le cas en mai 2016. Avec le changement climatique, la fréquence de ces phénomènes exceptionnels risque d’augmenter. Dans ce contexte, pour un même type de sol, une parcelle drainée aura toujours l’avantage de favoriser un retour plus rapide à une situation normale qu’une parcelle non drainée. Il ne faut pas non plus négliger le pouvoir tampon des sols bien drainés qui temporisent les transferts de l’eau vers les fossés et les rivières.


P.A. :
Qu’en est-il des effets sur les cultures ?

A.D. : Des essais ARVALIS ont montré que le drainage régularise les rendements du blé tendre, voire les augmente.
Un excès d’eau limitant la croissance racinaire, l’enjeu est donc de maintenir un milieu favorable au développement des plantes, qui seront alors mieux à même de supporter les aléas de la campagne. L’accès aux parcelles est tout aussi important. Pour répondre aux besoins nutritifs élevés du blé en sortie d’hiver, un état trop humide des parcelles peut retarder les interventions ou, si elles sont effectuées, dégrader la structure du sol. Grâce au drainage des parcelles hydromorphes, l’excès d’eau est significativement réduit. Le pilotage des interventions est ainsi plus facilement réalisé en accord avec les besoins des cultures. Cela se répercute sur l’ensemble de l’itinéraire technique des cultures d’hiver et sur les cultures de printemps qui profitent plus rapidement de conditions favorables lors des semis. Les prairies ne sont pas en reste : la gestion de la fauche ou du pâturage est facilitée, la flore semée est moins sujette à la concurrence de plantes hygrophiles.


P.A. : Le drainage a-t-il aussi une action sur les intrants ?

A.D. : L’infiltration de l’eau favorise le maintien des éléments nutritifs et limite les transferts de produits phytosanitaires dans l’eau en améliorant leur dégradation là où ils ont été appliqués. A l’inverse, le ruissellement augmente les risques de transfert de ces éléments hors de la parcelle, sans compter l’érosion de surface.
En ce qui concerne l’azote, deux processus interviennent selon les conditions du milieu : la minéralisation et la dénitrification. Le bon fonctionnement d’un sol, en particulier son état d’aération, maintient l’activité microbiologique à l’origine de la minéralisation et donc de la production d’azote lessivable - ce qui met l’accent ici sur l’importance des apports d’azote aux bons moments en fonction des besoins des plantes. A contrario, dans un sol engorgé, la minéralisation s’arrête et laisse place, en l’absence d’oxygène, à la dénitrification. Ce phénomène entraîne des pertes dans l’air sous forme de protoxyde d’azote, gaz à fort effet de serre.
La connaissance de ces différents mécanismes, en lien avec les pratiques culturales, est rendue possible grâce à des équipements tels que celui de la station expérimentale d’ARVALIS de La Jaillière (44) en fonctionnement depuis 30 ans (voir la vidéo).

Pour accéder à l’intégralité du numéro, rendez-vous sur le site de Perspectives Agricoles.

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11 commentaires 02 décembre 2018 par LACARELLE

Excellent commentaire de Mr Le Henaff ( que je ne connais pas d'ailleurs ) . Je suis plus forestier qu'agriculteur et très préoccupé de la généralisation du drainage . Il faut penser aussi aux arbres (forestiers ou autres ) qui font silencieusement un sacré boulot d'épuration des eaux ….mais eux aussi ont besoin d'eau , Les réseaux de fossés profonds et les surcreusement des rivières qui s'ensuivent entraînent des abaissements de nappes phréatiques qui, dans les régions à fort déficit hydrique et aux sols à faible RU , pénalisent la croissance des arbres. Et que penser de ceux qui jouent aux "shaddocks" quand ils sont obligés d'avoir une pompe de relevage en sortie de drainage pour renvoyer l'eau dans une 'réserve' à partir de la quelle ils pompent pour irriguer au premier coup de soleil !

01 décembre 2018 par PINAUD

Ah! Monsieur Verron, je n'ai jamais dit que j'étais hostile au drainage... en tant que formateur j'ai "milité", vulgarisé les techniques de drainage, aidé -comme chargé d'études- des éleveurs à accéder à des aides... Mais trop d'abus ont été commis avec des impacts environnementaux détestables... et aujourd'hui le problèmes c'est la dégradation des sols par des pratiques inappropriées... et aujourd'hui ce sont souvent ceux-là qu l'on draine pour essayer de résoudre les problèmes... l'eau qui coule claire à la sortie des drains... pas toujours, hélas !

01 décembre 2018 par LE HENAFF

Le drainage est une technique éprouvée de mise en valeur agronomique des sols moyennement ou très hydromorphes. Merci aux structures et à l'argent public qui permettent les études sur le drainage et sur les techniques d'atténuation des inconvénients de cette technique. Agronomiquement le bénéfice est réel et important, mais il ne faut cependant pas négliger les enjeux environnementaux. La mise en culture est en général la trajectoire normale post -drainage. Cela revient donc le plus souvent à apporter des produits phytosanitaires en contextes hydrauliquement compliqués, on parle même dans certaines régions de "zone humide cultivée". Comme il s'agit de sols nécessitant des semis précoces, l'emploi d'herbicides racinaires et rémanents y est important. Certes les ruissellements sont atténués, mais pas annulés. Contrairement aux affirmations, il me semble que l'effet sur les crues n'est pas si bénéfique que cela. Certes nous avons un contrôle des débits via le diamètre des tuyaux, mais qui dit drainage dit fossés importants d'assainissement, voire historiquement rectification et approfondissement des petits en moyens cours d'eau. Nous avons trop souvent des "autoroutes" directement à l'aval des exutoires qui ont remplacé des zones humides ayant une réelle capacité de stockage. La cohabitation des réseaux de drainage avec les arbres, arbustes est loin d'être amicale alors que l'arbre joue lui aussi un rôle favorable en secteur hydromorphe et qu'il sera indispensable pour mieux supporter les effets du réchauffement climatique. Dans une société peu respectueuse de ses sols (artificialisation, déstructuration des paysages, mécanisation abusive,...) nous aurons impérativement besoin de produire sur nos sols à contraintes agronomiques fortes : sols légers à cailloux, sols drainés, sols pentus,..., mais faisons en sorte d'avoir une vision globale au sein de territoires agricoles résilients. Cela revient à atténuer autant que possible les effets non intentionnels du drainage notamment en diagnostiquant les territoires drainés, en aménageant les fossés d’assainissement, en généralisant les zones tampons humides artificielles en sortie de drainage, en acceptant des arbres en secteurs drainés, en choisissant les phytosanitaires les mieux adaptés au contexte drainé (c-a-dire en allant plus loin que les exigences règlementaires). En un mot, en jetant aux orties la "course à la lenteur" qui a trop longtemps été le résultat de la cogestion et en acceptant de revisiter les aménagements parfois abusifs des cinquante dernières années. Au sein même d'un territoire agricole et au plus près de parcelles de tailles raisonnables, il faut sans doute viser autour des 4% d'espaces semi-naturels ou naturels interstitiels multi fonctionnels jouant un rôle de biodiversité, d'atténuation des pollutions diffuses aquatiques et aériennes, de réduction de l'érosion, d'hydraulique douce,.... Il en va de la reconquête de la fertilité de nos sols, de notre capacité d’autosuffisance alimentaire et du respect des générations à venir. Guy Le Hénaff, AgrEaunome

01 décembre 2018 par VERRON

Bonjour Voila qui est très très bien dit , Mr Doillon . la profession vous dit MERCI Quand à moi Mr. PINEAUD ; j'ai 81 ans ; je suis né dans une ferme , j'y ai grandis ; j'y ai été formé, je l'ais reprise et y passé ma vie . J'ai donc connu et vécu toutes les évolutions ; et ainsi pu voir et juger . J'y ai connu des terrains hydromorphes où il n'y poussait que du jonc et où certaines années le sol était encore recouvert d'eau a la fenaison et dont le foin n'avait absolument aucune valeur ! Nous les avons drainés , et remis en culture , chaulés ; et ensuite ils sont devenus les meilleurs terres de l'exploitation ! avec une vie microbienne , bactérienne et vers de terre supérieure aux autres bonnes terres et en plus ne souffrant pas de la secheresse De plus , lors de grandes pluies , on constate que l'eau , au lieu de sortir du champs a mesure que la pluie tombe du fait qu'elle ne peut s'y infiltrer, et bien elle ne coule que le lendemain ! ce qui limite donc la rapidité de grossiement des cours d'eau ; ainsi que l'érosion ; car l'eau sortant par les drains est claire et limpide , contrairement à l'eau boueuse s'écoulant par dessus ! Ne le prenez pas mal , mais ceci est de l'expérience vécue . Cdt.

30 novembre 2018 par DOILLON

il y en a assez des gens qui disent ce qu'ils savent mais qui ne savent pas ce qu'ils disent .Un sol hydromorphe est un sol ou il n'y a pas de vie. Le drainage en apportant de l'oxygene favorise les vers de terres et tout ce qui va avec . Le monde agricole en a plus que marre de tous ces pseudos écolos qui veulent se donner de l'importance en commentant n'importe quoi n'importe comment ; un jour le glyphosate , un jour le drainage ,et demain encore autre chose .... En France, ceux qui travaillent gènent et dérangent , mais n'oubliez jamais que ceux là tiennent la France à bout de bras et que bientôt ils ne pourront plus et plus grave , ils ne voudront plus . Quant à ceux qui sortent le dimanche pour observer ds les campagnes , ils laisseraient le 4x4 au garage , ce serait mieux pour tout le monde . Les champs ne vivent pas que le dimanche , ayez le courage d'aller ds les fermes , dites ce que vous pensez en face des personnes concernées , demandez des explications , allez ds les champs sous la pluie , allez -y tot le matin ou tard le soir , suivez un agriculteur une journée complète , faites vous vos propres idées .Suivre un troupeau n' a rien de valorisant , surtout qd c'est un troupeau de charognards .

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