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Gestion des aléas climatiques en production de grandes cultures Ce mois-ci dans Perspectives Agricoles

Quelles stratégies mettre en œuvre face aux aléas météorologiques ?

28 février 2018

Les phénomènes climatiques exceptionnels affectant les cultures sont plus fréquents et plus variés ces dernières années. Stéphane Jézéquel, ingénieur régional ARVALIS, analyse les possibilités d’adaptations dans la conduite des cultures.

Perspectives Agricoles : Comment aborder globalement cette situation ?

Stéphane Jézéquel :
Il convient d’intégrer les aléas météorologiques dans les itinéraires techniques pour ne pas les subir comme une fatalité. La connaissance de l’historique climatique local doit permettre d’identifier les risques auxquels il faut s’adapter. Des itinéraires techniques de base pourront alors être élaborés, en vue de limiter ces risques, et seront bien entendu à ajuster au fil de la campagne. Chaque année étant particulière, la réussite ou l’échec d’une culture ne doit pas influencer cette stratégie générale. Il s’agit ici de raisonner à moyen ou long terme du fait d’adaptations qui peuvent demander un certain temps de mise en place.


P.A. : Quelle attitude adopter en cours de campagne ?

S.J. : Dans le cas de la fertilisation par exemple, nous avons constaté ces derniers mois une situation très contrastée ne permettant pas d’appliquer les pratiques habituelles. Un excès d’eau en fin d’automne dans la partie nord de la France a retardé les apports et nécessitera, probablement, davantage de fractionnements au printemps. Au contraire, une situation très sèche dans le sud a entraîné des reliquats très élevés fin novembre puis, en janvier, l’évolution de ces reliquats, repris par les bactéries du sol, a été rapide. Les variations chaotiques du climat nécessitent donc une adaptation quotidienne pour rechercher la meilleure efficacité des interventions. Cela implique de surveiller de près les évolutions des cultures sur chaque parcelle ou groupe de parcelles.


P.A. :
Quels éléments peuvent être anticipés ?

S.J. : Le choix variétal doit être adapté en vue de privilégier la régularité des résultats plutôt qu’une sélection de variétés reposant sur les performances maximales. Attention donc aux messages conjoncturels évoquant la réussite de telle ou telle variété : les conditions ne seront pas forcément reproductibles l’année suivante. Il s’agit de ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier par le choix de variétés complémentaires. Dans un milieu donné, ce mix variétal est générateur de stabilité en rendement comme en qualité, face à des scénarios climatiques variés. Encore plus en amont dans la réflexion, une modification du système de culture peut être à envisager. Il convient d’engager cette démarche sans attendre de se trouver dans une impasse technique ou économique. Les changements pourront être mis en œuvre pas à pas, avec comme ligne directrice de faire baisser la pression des maladies, des adventices mais aussi de la météo.


P.A.
: Quelles innovations sont dans les tuyaux pour gérer ces aléas ?

S.J. : En 2018, plusieurs travaux d’ARVALIS s’attacheront à intégrer dans les outils d’aide à la décision des données recueillies au champ, en cours de campagne - par satellites, drones ou capteurs, ou par observation directe des agriculteurs. Les modèles sur lesquels reposent ces outils sont conçus pour s’autocorriger selon ces données de terrain.
Par exemple, le projet de recherche en blé, « Épilote », a pour objectif de regrouper les informations sur l’état des cultures, leurs besoins et les conditions agronomiques, afin de mettre à disposition le conseil qui en découle, en temps réel, à l’agriculteur sur son smartphone via son organisme stockeur. Les éléments de conseil pourront être cartographiés, en lien avec un potentiel de rendement et, à terme, une évaluation de l’impact économique de chacune des interventions. Il s’agit de construire un système adaptatif prenant en compte l’ensemble des paramètres.


Pour accéder à l’ensemble du numéro, rendez-vous sur www.perspectives-agricoles.com.

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4 commentaires 03 mars 2018 par CLOGENSON

L'organisme stockeur ne doit pas être la seule interface libre à chacun de choisir . Cela éviterait la trop grande connivence pour les intrants de nos cultures alors que l'on souhaite un conseil indépendant !

02 mars 2018 par CONRADO

Le travail de l'agriculteur est une activité de plein air. Une entreprise sans toit C'est ce que disent les agriculteurs espagnols. Merci beaucoup Arvalis

02 mars 2018 par BONNEVIE

bien d'accord toutes les théories bureaucratiques remettant en cause les connaissances des hommes de terrain montrent que rien est acquit d'avance , c'est le charme du métier !!! merci aux gens d'Arvalis -infos de rester à l'écoute du terrain)

02 mars 2018 par BOLLAERT

On peut toujours essayer de tout calculer, tout prévoir et anticiper, nous n'arriverons jamais à maîtriser la météo. Nos grands ingénieurs ont encore beaucoup à faire mais le grand perdant sera et restera toujours l'homme du terrain qu'est l'agriculteur.

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