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Faut-il réduire la dose d'azote sur maïs ?

31 mars 2022

Compte tenu des prix actuels de l’azote, il faut raisonner au mieux le calcul de la dose d'azote sur maïs pour approcher l’optimum technico-économique, quelle que soit la forme d’azote utilisée. 

En fonction du coût de l’azote et du prix de vente estimé du maïs, le tableau 1 permet de chiffrer la réduction nécessaire de la dose d’azote à apporter pour attendre l’optimum économique (en marge brute), en comparaison à un optimum technique qui maximise, quant à lui, le rendement.

Pour de l’urée achetée aujourd’hui à 900 €/t, soit 1,95 € l’unité d’azote, et un maïs vendu à 200 €/t, il faut réduire la dose totale d’azote de 25 kg/ha pour maximiser la marge par rapport à un optimum technique. Mais ces paramètres sont rendus très incertains par le contexte géopolitique actuel.

Tableau 1 : Ecart de dose d’azote entre l’optimum technique et l’optimum technico-économique en fonction du prix du maïs et de l’azote (base urée)
Ecart de dose d’azote entre l’optimum technique et l’optimum technico-économique en fonction du prix du maïs et de l’azote (base urée)

Comment raisonner au mieux les apports d’azote ?

Si l’on est amené à réduire la dose d’azote en dessous de l’optimum technico-économique, l’impact sur le résultat se fera automatiquement sentir sur le bilan économique. Il est donc judicieux de chercher à optimiser la valorisation de chacun des postes du bilan azoté. Parmi les pistes à ne pas négliger, on peut citer la mesure du reliquat, le fractionnement, l’enfouissement des apports...

Estimer la fourniture du sol par la mesure du reliquat

Cette pratique n’est pas répandue dans la région, mais elle permettrait, dans certaines situations, de réduire la fertilisation en début de cycle. Si les reliquats au semis sont supérieurs à 60 kg N/ha, il n’est pas utile d’apporter l’azote avant le stade 6 feuilles du maïs (ou pas plus d’une vingtaine de kg N/ha si une fertilisation starter est prévue). Dans ce cas, l’azote ne serait pas très bien valorisé et tout excès risque d’être perdu par volatilisation ou par organisation microbienne.

Fractionner les apports pour suivre les besoins de la plante

Les besoins en azote du maïs sont faibles en début de cycle, ils s’accentuent à partir de 8-10 feuilles. L’absorption d’azote s’accélère jusqu’à devenir maximale autour de la floraison. Le fractionnement des apports permet d’accompagner la plante selon ses besoins. Bien entendu, la minéralisation va aussi jouer un rôle important dans la fourniture d’azote.

Figure 1 : Cinétique d’absorption de l’azote par le maïs tout au long de son cycle
Cinétique d’absorption de l’azote par le maïs tout au long de son cycle

Limiter les pertes par volatilisation

A cette période de l’année, il faudra aussi être vigilant sur les conditions d’apport des engrais azotés pour réduire les pertes par volatilisation. Ne pas hésiter à les enfouir quand cela sera possible (apporter l’azote avant un passage de bineuse par exemple), apporter avant une pluie et éviter au maximum les apports par temps chaud et sec ou venteux.

Valoriser d’autres sources d’azote

D’autres pistes que la fertilisation minérale existent. Pour les exploitations de polyculture-élevage ou les exploitations impliquées dans des projets de méthanisation, l’accès à des produits résiduaires organiques /digestats permet de réduire la dépendance aux intrants minéraux. Il convient alors de les utiliser à bon escient ! Pour vous aider, ARVALIS a développé une calculette, en accès libre.

La volatilisation reste un point sensible en cas d’utilisation de ces formes, veillez également à enfouir ou incorporer au plus près des apports sous peine de perdre très rapidement une grande partie de l’azote disponible dans ces produits.

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