6 mars 2014

Fertilisation des céréales d'hiver

La solution azotée plus sensible à la volatilisation que les autres formes d'engrais

 Trois formes majeures d’engrais azotés sont disponibles sur le marché français : l’ammonitrate, l’urée, et la solution azotée. Si la dernière forme est plus économique, elle affiche de moins bonnes performances que les deux premières, car elle est plus sensible aux pertes d’azote par volatilisation.

Chaque forme d’engrais présente des caractéristiques qui lui sont propres, en particulier la formulation, liquide ou solide, et la forme majoritaire d’azote qu’il contient. L’ammonitrate 27 % ou 33,5 % distribué sous forme de granulés demeure la forme d’engrais la plus sûre. En effet, elle est beaucoup moins sensible à la volatilisation que la solution azotée et l’urée. Cependant, l'ammonitrate est un peu plus cher que les deux autres formes d'engrais.

Sommaire

La solution azotée, un engrais bon marché mais sensible à la volatilisation

L'urée granulée affiche des performances voisines de celles de l'ammonitrate

Veiller à la qualité physique de l'urée pour assurer une régularité de l'épandage

Des pénalités sur les protéines avec l'urée au 3e apport


La solution azotée, un engrais bon marché mais sensible à la volatilisation

La solution azotée est la forme d’engrais la plus économique du marché. De plus, l’apport par pulvérisation en jets filets assure une précision un peu meilleure que l’épandage d’engrais sous forme solide. Cependant, sur céréales à paille d’hiver, la volatilisation ammoniacale liée aux conditions pédoclimatiques , peut générer des pertes d’efficacité significative par rapport à l’ammonitrate. Dans les expérimentations (réseau HYDRO-ITCF), des majorations de la dose d’azote de 10 % en sols non calcaires et de 15 % en sols calcaires par rapport à l’ammonitrate, ont été nécessaires pour compenser cette perte et limiter le risque économique pour l’agriculteur. Ces chiffres correspondent à la plus petite majoration permettant de gommer l'écart de rendement moyen en essais. Cependant, pour combler la différence de teneurs en protéines également observée, la majoration a dû être encore plus importante, de l'ordre de 18 % en sol non calcaire. Le risque de volatilisation augmente d’autant plus que le temps est chaud, sec, et venteux. Ils font donc privilégier les créneaux climatiques favorables à une minimisation des pertes.


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L’urée granulée affiche des performances voisines de celles de l’ammonitrate

Différents essais conduits par les expérimentateurs d’ARVALIS - Institut du végétal ont mis en évidence une perte moyenne de 1,3 q/ha avec l’urée solide par rapport à l’ammonitrate à niveau égal de fertilisation, en sols non calcaires. Au vu du faible écart de rendement, et du faible écart de prix, les majorations de doses ne sont pas justifiées sur des stratégies d’apport d’urée granulée.


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Veiller à la qualité physique de l’urée pour assurer une régularité de l’épandage

Si la qualité physique des urées s’est nettement améliorée ces dernières années, certaines présentent des défauts comme une granulométrie trop fine (granulés inférieurs à 2 mm), irrégulière, ou encore une dureté assez faible. Or, ces défauts nuisent à la bonne régularité de l’épandage de l’engrais. Il convient donc d’être prudent lors du choix des urées, en particulier pour des épandages supérieurs ou égaux à 24 m.


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Des pénalités sur les protéines avec l’urée au 3e apport

L’urée granulée peut aussi être apportée courant montaison. Comme pour les apports plus précoces, elle présente la même performance que l’ammonitrate sur le rendement, mais pénalise un peu la teneur en protéines des blés. C’est sa sensibilité à la volatilisation, certes moindre que la solution azotée, qui explique cette légère moins bonne efficacité.

Enfin, d’une manière générale il ne faut pas anticiper les dates d’apport de l’urée. En effet, dans nos conditions de culture, la transformation de l’urée en azote ammoniacal est relativement rapide, de l’ordre de la semaine.

Farmstar, un outil d'aide au pilotage de l'azote

Pour vous accompagner dans le pilotage de la fertilisation azotée des céréales à paille, ARVALIS - Institut du végétal a développé en collaboration avec Astrium l'outil Farmstar. Cliquez sur le lien pour accéder à l'outil.


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Jean-Pierre COHAN, Christine LESOUDER (ARVALIS - Institut du végétal)

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Commentaires
  • 08/02/2013ARVALIS
    Bonjour, En fait le thiosulfate a un petit effet, sur le papier, de retardateur d’hydrolyse de l’urée. Il pourrait donc avoir un effet pour limiter les pertes, en ralentissant le passage entre Urée et N-NH4. Néanmoins au champ, nous n’avons pas vu ces effets sur des essais réalisés dans le passé avec ce produit. Cordialement, Christine Lesouder Ingénieur service du pôle fertilisation
  • 02/02/2013GUYOT
    utilisateur de solution azotée soufré (avec un soufre sous forme thiosulfate), quand est il de la volatilisation?

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