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Les résistances variétales au cœur de l’inscription Ce mois-ci dans Perspectives Agricoles

Quelle est la place des résistances variétales lors de l’inscription de nouveautés ?

19 février 2015

En vue de produire « plus et mieux », le développement de variétés de céréales à paille résistantes aux bio-agresseurs tient une place prépondérante dans les critères d’inscription. Philippe du Cheyron, ingénieur chez ARVALIS - Institut du végétal, revient sur les moyens mis en œuvre pour caractériser les niveaux de résistance des variétés.

Perspectives Agricoles : Comment les résistances aux maladies sont-elles évaluées à l’inscription ?

Philippe du Cheyron : Depuis longtemps, les résistances aux maladies sont largement prises en compte dans les épreuves d’inscription des variétés du CTPS (Comité Technique Permanent de la Sélection). Le poids important attribué à ce critère, conjointement à la productivité et à la qualité technologique, s’explique par le fort potentiel de nuisibilité des maladies sur les rendements et la qualité, mais également par la volonté de minimiser le recours aux produits phytosanitaires. Tous les essais VATE (Valeur Agronomique, Technologique et Environnementale) sont réalisés avec une conduite non protégée vis-à-vis des maladies et une conduite bienprotégée, avec observations des symptômes et mesures des écarts de rendements entre les deux conduites. Des essais spécifiques en conditions favorisantes et inoculés avec des souches représentatives des maladies consolident le dispositif d’évaluation.

P.A. : Comment sont prises en compte ces résistances aux maladies lors de l’inscription ?

P.dC. : Les rendements sans traitement fongicide comptent pour 50 % dans l’évaluation du rendement des variétés, à part égale avec le rendement en conduite bien protégée. De plus, les observations de symptômes et les écarts entre rendement traité et non traité conduisent, en blé tendre et triticale, à l’attribution de bonus ou de malus. En abaissant ou élevant les seuils de rendement à dépasser, ce système de bonus/malus facilite l’inscription des variétés peu sensibles et durcit celle des variétés sensibles.

A partir de ces résultats, le GEVES (Groupe d’Etude et de contrôle des Variétés Et des Semences) établit les cotations de résistance des nouvelles variétés aux principales maladies : de 1 (très sensible) à 9 (très résistant).

P.A. : Qu’en est-il pour les ravageurs et les virus ?

P.dC. : A la demande des obtenteurs déposants, il est possible à l’inscription de caractériser les variétés vis-à-vis de la cécidomyie orange, de la mosaïque ou de la jaunisse nanisante de l’orge. Comme ces démarches sont optionnelles, des essais de caractérisation plus systématiques sont réalisés par ARVALIS – Institut du végétal, en conditions favorisantes à l’expression des caractères, pour confirmer ou compléter les informations.

P.A. : Que se passe-t-il après l’inscription ?

P.dC. : Comme dans les essais CTPS, tous les essais post-inscription comportent une modalité non traitée fongicide pour poursuivre et consolider la caractérisation des résistances aux maladies et estimer leur nuisibilité globale sur les rendements. Des essais inoculés ou réalisés en conditions favorisantes complètent ce dispositif. En parallèle, l’INRA mène un travail de caractérisation annuelle des souches de rouille brune et de rouille jaune pour suivre leur évolution et mettre à jour la note de résistance des variétés.

Par ailleurs, ARVALIS – Institut du végétal participe à de nombreux programmes de recherches sur l’identification des virulences des bio-agresseurs et des gènes de résistance des variétés pour renforcer les méthodes d’étude des comportements aux maladies et mieux anticiper les risques de contournement.


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