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Quelle est la nuisibilité des mauvaises herbes en céréales à paille ?

25 décembre 2019

Les seuils de nuisibilité des mauvaises herbes sont déterminants pour le raisonnement du désherbage et pour optimiser la rentabilité des applications. Mais ils ne représentent que des valeurs indicatives car de nombreux facteurs en modifient leur degré. L’utilisation stricte de ces seuils peut conduire à des situations difficiles voire catastrophiques et ce d’autant plus lorsque l’agriculteur est confronté à des adventices résistantes. Ces seuils ne prennent en compte que le préjudice direct sur la culture. Or, les effets indirects des mauvaises herbes comme l’évolution du stock semencier sont d’une importance capitale.

Concernant la stratégie de désherbage, il convient de se demander quel objectif de propreté recherche-t-on ? De nombreux essais ont été mis en place afin de quantifier le plus finement possible la nuisibilité des mauvaises herbes avec l’objectif de définir des seuils de nuisibilité par adventice. Ces seuils ne prennent en compte que le préjudice direct sur la culture. Quels sont les seuils de nuisibilité des principales mauvaises herbes et comment peut-on les utiliser dans la pratique, quels sont les facteurs les faisant varier ?

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Comment ça marche ?La nuisibilité des mauvaises herbes recouvre en fait 2 effets distincts : 
• la nuisibilité directe : elle est causée par la concurrence que les mauvaises herbes exercent sur une plante cultivée, elle affecte prioritairement le potentiel de rendement de la culture. Cette concurrence s’exerce vis-à-vis de l’espace, de la lumière, de l’eau… Elle s'exprime par la différence de rendement entre un désherbage efficace et le rendement obtenu sans désherber.
• la nuisibilité indirecte : elle regroupe les autres effets indésirables des mauvaises herbes comme leur impact sur la qualité ou la gêne qu'elles occasionnent sur la récolte, sur la qualité sanitaire de culture (les mauvaises herbes pouvant être réservoirs ou hôtes de divers parasites) et la capacité ultérieure de production (augmentation du stock semencier…).

Raisonner son désherbage passe par la définition de la date optimale du traitement, fonction du niveau d’infestation, plus particulièrement en graminées. Il faut intervenir avant que les adventices n’aient eu le temps de concurrencer significativement la culture en tenant compte du fait que toutes les mauvaises herbes n’apparaissent pas de façon simultanée.

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Les références expérimentales ARVALISDes expérimentations pour définir des valeurs de seuil de nuisibilité biologique…
De nombreuses expérimentations spécifiques de nuisibilité ont été mises en place notamment dans les années 1980 par les instituts techniques et l’INRA afin de chiffrer en priorité l’effet densité critique des principales adventices (situation de concurrence entre une plante cultivée et une mauvaise herbe largement dominante) et l’effet période critique de concurrence (effets de structure temporelle). Outre les effets densité et période, d’autres facteurs (effet de structure spatiale) ont pu être étudiés dans les essais pour leur effet de concurrence.

Des essais menés en Angleterre dans cette même période ont permis à J.W. Wilson de publier des seuils de nuisibilité sur quelques adventices grâce à l’élaboration d’un « équivalent-rendement » définissant une relation entre matière sèche de l’adventice et matière sèche de la céréale à la récolte. Ce ratio permet de définir le nombre de plantes/m² réduisant le rendement d’une céréale de 5 %.

Pour compléter les essais spécifiques, d’autres essais peuvent être utilisés comme ceux menés dans le cadre des essais d’homologation des herbicides pour déterminer dans une culture des pertes de rendement dues à la flore adventice dominante.

L’ensemble de ces données expérimentales a été synthétisé et publié conjointement par l’ACTA, BJ Wilson, le CETIOM et ARVALIS - Institut du végétal : le seuil de nuisibilité de 5 % des principales adventices correspond à la densité d’adventices nécessaires pour provoquer une chute de rendement de 5 %. Certaines adventices à faible densité mettent à mal le rendement. 2 gaillets ou 6 folles-avoines par m² suffisent pour faire chuter le rendement de 5 %. A contrario, le seuil des pensées est plus élevé.


Tableau 1 : Nuisibilité directe de quelques adventices : Nombre de pieds suffisants au m² pour faire chuter le rendement de 5 % des céréales à paille (Source : ARVALIS - Institut du végétal, Wilson, HGCA, ACTA, …)

Des seuils de nuisibilité à utiliser avec prudence
Si la notion de nuisibilité directe a pu être précisée au travers de multiples expérimentations, il faut considérer ces chiffres avec prudence car ses effets se manifestent différemment en fonction de nombreux éléments. Les expérimentations ont mis en évidence que la densité n’est pas l’unique facteur à considérer pour fixer les seuils de nuisibilité : 
• la période de concurrence (date de levée des adventices et date de levée de la céréale), la nature des adventices, la répartition des plantes sur le terrain sont des facteurs tout aussi importants ;
• l’incidence du potentiel de rendement (effet sol-climat) ;
• l’incidence du climat (avec des différences observées selon la zone climatique : continentale ou maritime par exemple) sur la nuisibilité des adventices.

Enfin, ces seuils ne prennent pas en compte les effets indirects des adventices (augmentation du stock semencier). Les chiffres sont tout aussi impressionnants. Une matricaire peut produire jusqu’à 20 000 graines, toutes ne pourront pas certes donner de nouvelles plantes mais avec un tel pouvoir multiplicateur, les quelques plantes qui passent à travers du programme annihilent tous les efforts.

Dans le même ordre d’idée, la longévité des semences est tout aussi éloquente. Des graines de folle-avoine et de vulpin peuvent encore germer 15 ans après leur production. Un essai longue durée mené en Champagne Berrichonne (Coings – 36) dès 1985 illustre bien ce pouvoir multiplicateur : une parcelle non désherbée avec à l’origine 15 vulpins/m² atteint en 4 ans plus de 500 vulpins/m².

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Les préconisations d'ARVALISC’est par l’expérimentation que la définition des seuils de nuisibilité des mauvaises herbes et des périodes critiques est possible. Il faut considérer ces chiffres comme valeurs indicatives car si la notion de nuisibilité directe peut être précisée, ses effets se manifestent différemment en fonction de nombreux éléments comme le climat, le potentiel de rendement, la période de levée des mauvaises herbes… et ne constituent pas les seuls critères de raisonnement de son désherbage. Si l’impasse à court terme peut être rentable, elle entraîne des surcoûts ou des conséquences néfastes sur les cultures suivantes par la multiplication du potentiel semencier.

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Retrouvez toutes les informations complémentaires de cette fiche

Sources documentaires 

- Perspectives Agricoles - N°123 - mars 1988 « Nuisibilité des mauvaises herbes et rentabilité du désherbage ».
- Perspectives Agricoles - N°108 - novembre 1986 « La détermination des seuils de nuisibilité des mauvaises herbes : méthodes d’études ».
- Perspectives Agricoles - N°109 - décembre 1986 « La variation des seuils de nuisibilité des mauvaises herbes : résultats expérimentaux ».
- http://www.infloweb.fr/
- Comment mettre à profit la connaissance et les caractéristiques biologiques des adventices pour mieux les gérer ?


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6 commentaires 28 décembre 2019 par DESPRAS

En conventionnel, avec les importations et la concurrence directe des produits agricoles provenants de pays ou les herbicides, et autres produits phytosanitaires est pas ou peu réglementée, il y a un frein a la diminution de leurs utilisations en France car il faut rester compétitif en quantité et en qualité des récoltes. Donc tant qu on ne reglementera pas cette concurrence "deloyale",je ne vois pas trop la solution . Si on diminue drastiquement les Pdts phytos et on se fait "bouffer" par les pays de L'est et les pays d' OGM !

27 décembre 2019 par MICHEL

En bio on joue beaucoup sur l'assolement,les différentes dates de semis, des plantes couvrantes,...... et ensuite le désherbage mécanique Quand à la invisibilité des pesticides. Tous les agris de mon secteur ne vivent pas très vieux après la retraite voir même avant (ouvrez bien les yeux autour de vous)

27 décembre 2019 par CHICOUENE

Concernant les mauvaises herbes citées au tableau 1, il faut aussi ajouter que certaines gênent la moissonneuse batteuse à divers titres, en particulier les 2 premières (gaillet g. ; et en sachant qu'il y a différentes espèces d'Avena) par l'encombrement des rabatteurs (déjà 1 grosse touffe d'Avena par m2 avec quelques dizaines d'inflorescences fait drôle dans la trémie, sans compter les grilles de triage bouchées par les arêtes). Il y a aussi l'humidité dans la récolte, surtout dans l'orge qui se bat plus tôt ; + les mauvaises herbes à maturité échelonnée (en particulier Avena fatua = folle avoine de printemps ; Lolium multiflorum = RGI remontant jusqu'en octobre). Enfin la toxicité, en particulier avec les cayopses de certaines graminées attaqués par des champignons dangereux (ergot, etc.). Daniel Chicouène.

27 décembre 2019 par TURQUOIS

expliquez moi comment vous faites en bio pour produire du colza et du ble dur ? pourquoi mon O.S. ne veut plus collecter de sarrazin bio ? réponse: a cause du datura ??????

27 décembre 2019 par ROEDERER

En bio, c'est peut-être problèmatique; mais avec la suppression des "pesticides" demandée à cor et à cris en "conventionnel" par notre société toute entière (sauf ceux qui,sont conscients des apports en alimentation humaine desdits pesticides), on mesure par avance ce qui nous attend... C'est à dire un déficit de production par rapport à la demande. Et ça, ça porte un nom: la famine. Pour ma part, je pense sincèrement que parmi les pesticides tant décriés, il y a une gradation dans la nocivité: les plus dangereux pour nous, ce sont les insecticides parce que notre physiologie et assez proche de celle des insectes, ensuite les fongicides, et enfin les herbicides les animaux vertébrés que nous sommes fonctionnant d'une façon différente des végétaux. Si l'on doit se passer de pesticides, à choisir, il vaut mieux garder les herbicides (y compris le glyphosate!), certains fongicides soigneusement choisis et arrêter les insecticides (mais là, la culture du colza va disparaître chez nous...). Je pense que la nocivité des pesticides est surtout MEDIATIQUE, sinon ceux qui en emploient développeraient plus de maladies et en mourraient plus que le restant de la population, et ce n'est pas le cas !

27 décembre 2019 par MORIN

on fait comment en bio???

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