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Que devient l’azote des produits résiduaires organiques ?

31 octobre 2018

Après l’épandage d’un Produit Résiduaire Organique, une partie de l’azote qu’il contient est directement assimilable par la culture réceptrice : c’est la fraction minérale de l’azote. Le reste minéralise au cours de l’année voire des 2 années suivant l’apport ou est stocké dans la matière organique du sol.

Les produits résiduaires organiques (PRO) apportent de l’azote sous forme minérale et/ou organique. La répartition de ces deux formes dans les différents PRO conduisent à distinguer deux types d’effets pour l’alimentation azotée des cultures : un effet à court terme et un autre à long terme.

L’effet à court terme est lié à la fraction azotée minérale et à la fraction organique rapidement décomposable (qui est en partie comptabilisé dans le reliquat d’azote minéral du sol si l’apport d’un PRO se fait avant l’hiver par exemple). Ces fractions peuvent être absorbées par la culture réceptrice et éventuellement par la suivante selon le climat et le système de culture.

L’effet à long terme est lié à la modification du stock d’azote organique du sol et à sa vitesse de minéralisation. Celle-ci ne se « verra » sur les cultures qu’à travers le cumul d’apports réguliers pendant au moins une dizaine d’années. A noter que cet effet sera moins rapidement visible pour les PRO tels que les lisiers, les fumiers de volailles avec des doses d’apport de C organique plus faibles, que pour des fumiers de bovins ou de porcs.


Figure : La majorité de l’azote est libéré l’année suivant l’apport

Schéma du devenir des différentes fractions de l’azote contenues dans les PRO

Trois sources de pertes possibles

Une part de l’azote minéral et de l’azote organique qui minéralise peut être perdue par volatilisation, lixiviation ou dénitrification.

Pendant les périodes de drainage, l’azote nitrique - issu de la nitrification de l’azote ammoniacal apporté par les PRO ou de la minéralisation de l’azote organique - peut être lessivé. Ces pertes peuvent mettre en jeu des quantités importantes d’azote notamment dans le cas d’apports de PRO riches en azote ammoniacal avant la période de drainage sur sol nu ou culture à faible croissance.

Une part importante de l’azote ammoniacal peut également être perdue par volatilisation si les produits ne sont pas immédiatement et correctement incorporés dans le sol. Les pertes d’azote par dénitrification (pertes par voie gazeuse) représentent des quantités beaucoup plus faibles que celles mises en jeu par la volatilisation ammoniacale.

Adapter la fertilisation organique selon les besoins de la culture

La connaissance des formes d’azote des PRO renseigne sur leur disponibilité dans le temps pour les cultures et permet d’adapter les apports selon les besoins des plantes. Par exemple, les lisiers contiennent au moins 50 % d’azote sous forme ammoniacale et contribuent à l’alimentation azotée quasi immédiate des plantes. D’autres comme les composts apportent surtout de l’azote sous forme organique, la contribution immédiate à la culture réceptrice est plus limitée.

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6 commentaires 16 novembre 2018 par ARVALIS

Bonjour, Vous avez tout à fait raison. Le devenir de l’azote des produits organiques est lié au carbone qu’ils contiennent. Ce carbone, s’il n’est pas déjà humifié (fumier stocké plusieurs mois en tas ou composts), sert d’énergie aux micro-organismes du sol qui augmentent leur activité - et momentanément leur nombre - immobilisant ainsi de l’azote. La disponibilité de l’azote devient donc la résultante de la minéralisation brute et de l’organisation brute par les micro-organismes du sol. C’est ce qui différencie les types de PRO : une fiente avec peu de carbone apporté va libérer très rapidement l’azote organique qu’elle contient puisque les protéines contenue dans ces fientes minéralisent très vite. Ces mêmes fientes mélangées à une litière dans un fumier de volailles vont libérer un peu moins d’azote et moins vite à cause de cette organisation par les micro-organismes qui vont se développer grâce au carbone de la litière.

13 novembre 2018 par ROEDERER

(suite et fin du message) ...avec l'état de nos connaissances actuelles, il faut regarder cela globalement et éviter de se focaliser sur tel ou tel point. Une seule chose compte à mes yeux: la valeurs des engrais de ferme est bien supérieure à tout apport chimique, ce qui est quand même rassurant pour les éleveurs (voici au moins une justification de leur métier...). Quand à l'enterrage de ces engrais, c'est, pour moi, accessoire. En effet, avec le poids et la taille des engins actuels, on ferait beaucoup mieux de se pencher sur la mise sur coussin d'air de nos épandeurs pour éviter de "dézinguer" la structure de nos sols quand on y passe au printemps, que de "brasser" la terre à ce moment... Un sol bien structuré fixera bien plus d'azote (si c'est cela qui pose problème) qu'un sol tassé,... non ? Le seul intérêt éventuel de l'enterrage se situe au niveau des nuisances olfactives (et visuelles, peut-être). Si la nature a prévu qu'une partie de l'azote contenu dans une bouse devait repartir à l'atmosphère, ce n'est pas nous qui pouvons l'en empêcher, enterrage ou pas. Par contre, que la vie microbienne et macrobienne (ne pas lire macronienne...) soit suffisamment développée et entretenue pour capter et réorganiser un maximum de l'apport (outre l'azote, il faut aussi songer à tout les autres éléments...) me paraît important, et là le cercle vertueux s'amorce, par ce que les engrais de ferme sont incomparables pour cette partie du sol dont on commence seulement maintenant à parler... Disposer d'engrais de ferme permet de donner "à manger" à cet autre cheptel invisible et toute population animale (ou végétale) se régule sur la disponibilité en nourriture... (grand poncif trop oublié). JMR

13 novembre 2018 par ROEDERER

Le soucis est qu'il faut une généralisation pour établir des normes. Or, en ce qui concerne les engrais de ferme, presque chaque cas est différent, même si les principes restent les même. Je crois, qu'en réalité, les engrais de ferme sont différents à chaque élevage et même à chaque éleveur (suivant les pratiques qu'il a ), de même, la réaction de la faune et de la flore du sol variera selon chaque pratique et chaque historique parcellaire. C'est donc une sacrée "bouteille à encre" pour les chercheurs en vue d'une généralisation. Mon sentiment est qu'aujourd'hui, avec l'état de nos connaissances actuelles, il fa

03 novembre 2018 par RONGET

Bonjour, Ne peut on pas considérer aussi dans les pertes une fraction réorganisée en fonction du C/N du produit et/ou de la flore du sol. D'ailleurs cette ré organisation n'est pas irrémédiable. L'azote fixée par les bactéries et autres faune du sol peut à son tour se décomposer et fournir de nouveau une fraction facilement assimilable. Merci. Damien RONGET

02 novembre 2018 par KREMPP

MR A Bouthier, Mr R Trochard, La figure de la répartition de la rapidité de disponibilité de l'azote pour la plante est pertinente. Par contre le commentaire ne me parait pas, mettre assez en évidence la partie rapidement disponible de l'azote d'un apport M O du type par exemple, fiente de volailles a 85% de matière sèche et (+ ou - )3'5 % de N En tout cas que cela soit pour le lisier ou les M O a taux de C faible; les taux de disponibilité rapide indiqués dans la littérature sont très largement sous estimé par rapport aux réalités des résultats visible des fumures en bio. Eugène Krempp

02 novembre 2018 par KREMPP

MR A Bouthier, Mr R Trochard, La figure de la répartition de la rapidité de disponibilité de l'azote pour la plante est pertinente. Par contre le commentaire ne me parait pas, mettre assez en évidence la partie rapidement disponible de l'azote d'un apport M O du type par exemple, fiente de volailles a 85% de matière sèche et (+ ou - )3'5 % de N En tout cas que cela soit pour le lisier ou les M O a taux de C faible; les taux de disponibilité rapide indiqués dans la littérature sont très largement sous estimé par rapport aux réalités des résultats visible des fumures en bio. Eugène Krempp

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