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Que devient l’azote des produits résiduaires organiques ?

07 novembre 2019

Après l’épandage d’un Produit Résiduaire Organique, une partie de l’azote qu’il contient est directement assimilable par la culture réceptrice : c’est la fraction minérale de l’azote. Le reste minéralise au cours de l’année voire des 2 années suivant l’apport ou est stocké dans la matière organique du sol.

Les produits résiduaires organiques (PRO) apportent de l’azote sous forme minérale et/ou organique. La répartition de ces deux formes dans les différents PRO conduisent à distinguer deux types d’effets pour l’alimentation azotée des cultures : un effet à court terme et un autre à long terme.

L’effet à court terme est lié à la fraction azotée minérale et à la fraction organique rapidement décomposable (qui est en partie comptabilisé dans le reliquat d’azote minéral du sol si l’apport d’un PRO se fait avant l’hiver par exemple). Ces fractions peuvent être absorbées par la culture réceptrice et éventuellement par la suivante selon le climat et le système de culture.

L’effet à long terme est lié à la modification du stock d’azote organique du sol et à sa vitesse de minéralisation. Celle-ci ne se « verra » sur les cultures qu’à travers le cumul d’apports réguliers pendant au moins une dizaine d’années. A noter que cet effet sera moins rapidement visible pour les PRO tels que les lisiers, les fumiers de volailles avec des doses d’apport de C organique plus faibles, que pour des fumiers de bovins ou de porcs.


Figure : La majorité de l’azote est libéré l’année suivant l’apport

Schéma du devenir des différentes fractions de l’azote contenues dans les PRO

Trois sources de pertes possibles

Une part de l’azote minéral et de l’azote organique qui minéralise peut être perdue par volatilisation, lixiviation ou dénitrification.

Pendant les périodes de drainage, l’azote nitrique - issu de la nitrification de l’azote ammoniacal apporté par les PRO ou de la minéralisation de l’azote organique - peut être lessivé. Ces pertes peuvent mettre en jeu des quantités importantes d’azote notamment dans le cas d’apports de PRO riches en azote ammoniacal avant la période de drainage sur sol nu ou culture à faible croissance.

Une part importante de l’azote ammoniacal peut également être perdue par volatilisation si les produits ne sont pas immédiatement et correctement incorporés dans le sol. Les pertes d’azote par dénitrification (pertes par voie gazeuse) représentent des quantités beaucoup plus faibles que celles mises en jeu par la volatilisation ammoniacale.

Adapter la fertilisation organique selon les besoins de la culture

La connaissance des formes d’azote des PRO renseigne sur leur disponibilité dans le temps pour les cultures et permet d’adapter les apports selon les besoins des plantes. Par exemple, les lisiers contiennent au moins 50 % d’azote sous forme ammoniacale et contribuent à l’alimentation azotée quasi immédiate des plantes. D’autres comme les composts apportent surtout de l’azote sous forme organique, la contribution immédiate à la culture réceptrice est plus limitée.

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4 commentaires 11 novembre 2019 par ROEDERER

PS: chez moi (bovins lait) le bouclage est réalisé au mieux de mes moyens, mais j'y ai un intérêt: c'est peut-être cela qui me permet de gagner un peu d'argent...

11 novembre 2019 par ROEDERER

A Martin: A toutes ces surfaces urbaines, j'ajouterai : les places, les ronds-points, les pelouses ... et même en "permaculture"! Ceci dit, on peut remarquer à propos des "PRO"s, que le langage tenu envers les éleveurs (absences de fuites dans le milieu naturel pour un bouclage le plus parfait possible des éléments fertilisants) ne se fait pas envers les reste de la société: combien de stations d'épurations ne fonctionnent pas correctement ou encore: comment sont "traitées" les boues . ? J'ajoute, pour l'avoir fait de nombreuses années, que les utiliser en épandage sur des surfaces agricoles génèrent inévitablement des nuisances qui sont absolument INTOLERABLES (sauf quand on dit aux gens que c'est leur lisier qu'on épand...(:-)). La majorité des personnes rencontrées sur le sujet ne voyant aucune objection à ce que ces boues soient deshydratées dans centres forts lointains... Ce qui est une absurdité énergétique, économique et écologique ! Cependant, il faut noter que ces boues sont absolument inutilisables pour les surfaces qui sont en Bio ou qui sont susceptibles d'y passer un jour (ce qui veut dire que cela concerne tout le monde...). On comprend dès lors les réticences des agriculteurs à fournir des surfaces pour de tels épandages !!! Outre le Bio, il y a un aspect sanitaire qui interroge à utiliser ces fertilisants pour faire pousser des plantes que l'on va consommer (nous ou les animaux), mais cela sera encore plus vrai avec les toilettes sèches qu'on ira vider sur le tas de compost au fond du jardin: les ténias ont de beaux jours devant eux ...! Quand aux écolos bobos urbains, tout ,le monde sait bien que ce qui sort d'eux est du souffle divin, ça ne peut pas polluer car ce sont "les autres" qui polluent, forcément !

08 novembre 2019 par DAVID

Bon article, Carib agro (entreprise de service dans le domaine des analyses de sols et conseils en fertilisation aux Antilles travaille sur ces aspects en Guadeloupe par des suivis agronomique en agriculture bio (ou pas bio) et après épandage de matières organo-minérales diverses et/ou plantes de couverture de type légumineuses….. Beaucoup de travail reste à faire…. c'est bien ! Dominique DAVID Caribagro@live.fr

08 novembre 2019 par MARTIN

Voilà un article qui porte un coup aux écolos bobos urbains qui viennent d'ajouter à l'agribashing actuel taxe nitrate ! Encore merci ! La riposte honnete consiste à refuser tout épandage des boues des stations d’épuration urbaines sur les terres agricoles ! Il faut évidemment les faire épandre sur les zones naturelles urbaines, jardins, toitures terrasses, bacs à fleur etc.,

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