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Suivi des vols de pyrale sur maïs Messagerie Pays de la Loire

Pyrale et sésamie du maïs : attention, vols précoces observés

04 juin 2020

Les papillons foreurs sont désormais chroniquement présents dans notre région y compris au nord de la Loire. La vigilance est de mise cette année.

Quel risque en 2020 ?

Les conditions climatiques très humides de l’hiver ont pu pénaliser la survie des larves en diapause, sensibles à l’excès d’eau. Toutefois, l’été chaud précédent avait permis le développement d’une 2e génération, renforçant les populations. Par ailleurs, les températures excédentaires observées depuis le début de l’année (figure 1) ont précocifié l’émergence des papillons d’une quinzaine de jours par rapport à l'an dernier (vols encore plus précoces qu'en 2011). Il ne faut donc pas se caler sur des dates « habituelles » pour intervenir le cas échéant, mais bien suivre la dynamique des vols indiquée par les réseaux de piégeage.

Dans les réseaux de piégeage (Bulletin de Santé du Végétal entre autres), les premières captures de pyrales ont eu lieu en sud Vendée en semaine 19 (début mai) et en semaine 20 (mi-mai). Pour la sésamie, les premières captures ont eu lieu en Vendée et en Loire-Atlantique en semaine 19.

Pour en savoir plus, consultez les derniers BSV des Pays de la Loire.

Figure 1 : Indicateur potentiel de la précocité des débuts de vol de pyrales et de sésamies, selon le cumul de températures (base 10°c depuis le 1er janvier 2020) à Angers

Foreurs : des impacts sur le rendement et la qualité

Pyrales et sésamies sont aujourd’hui présentes sur l’ensemble du territoire des Pays de la Loire. Leurs larves sont régulièrement responsables d’importants dégâts lorsqu’elles ne sont pas contrôlées, l’impact sur la production pouvant être à la fois quantitatif et qualitatif. En creusant des galeries dans les tiges, les larves entraînent casse et verse des plantes. Elles consomment également les épis, ce qui peut provoquer leur chute, et, de ce fait, des pertes directes sur le rendement.

Sur maïs grain, la nuisibilité moyenne a été estimée à 7 % de pertes de rendement par larve (ou galerie) par plante à la récolte (essais ARVALIS 1998-2015, Sud-Ouest, Centre et Alsace, 1 ou 2 générations).

Sur maïs fourrage, le lien entre niveau d’attaque et nuisibilité est plus difficile à établir. Néanmoins, en situation de pression moyenne (10 essais ARVALIS 2015-2019, Ouest, 1 génération), des pertes de l’ordre de 5 % ont été enregistrées en l’absence de traitement – soit 750 kg MS pour un maïs à 15 t MS/ha (les niveaux de pertes peuvent s’élever à 1 t MS/ha en situation de forte infestation).

Pyrales et sésamies sont également susceptibles de provoquer des dégâts indirects, en dégradant la qualité sanitaire des grains ou du fourrage. En effet, les galeries creusées par les larves constituent des portes d’entrées pour des champignons du genre Fusarium, responsables du développement de mycotoxines. Ce phénomène est amplifié lorsque la seconde génération se développe sur les épis. Les dégâts sont souvent moins importants en maïs fourrage compte tenu de la précocité de la récolte.

Raisonner la lutte

La lutte est avant tout préventive et passe par une bonne gestion des résidus de récolte (broyage et enfouissement). Dans les situations les plus à risque, cela peut ne pas suffire et une intervention peut être justifiée. Cela concerne en priorité les parcelles dans un secteur avec un historique de dégâts importants, les parcelles en succession maïs/maïs, avec une gestion insuffisante des résidus (cas des récoltes tardives en 2019 du fait des conditions très pluvieuses à la récolte). Les parcelles à proximité de zones enherbées et de jachère sont également considérées à risque (zone de refuge des papillons qui viennent pondre dans les maïs). Le BSV fournit des informations pour caractériser le risque à l’échelle d’une petite région (indicateur : nombre de larves ou de galeries par plante à la récolte).

La date d’intervention dépend de la solution retenue

La période optimale d’application d’un produit insecticide en végétation doit être calée sur le vol des papillons, indépendamment du stade du maïs. Les informations sur les dynamiques de vol des ravageurs sont fournies par le réseau d’observation du BSV et d’autres réseaux.

- Les modèles de prévisions, basés sur les cumuls de températures, ou les suivis de chrysalidation des larves permettent d’anticiper le début de vol.

- La pose de pièges (sexuels à phéromones ou lumineux) permet d’établir une courbe de vol, avec un pic, pour aider à positionner les interventions.

Vis-à-vis de la pyrale, deux techniques de lutte sont envisageables : une solution de biocontrôle, les trichogrammes, ou des insecticides de synthèse. Quelle que soit la technique utilisée, son efficacité dépendra du bon positionnement du produit :

- Les trichogrammes visent les premières pontes de pyrales (la larve du parasite se développe dans l’œuf de pyrale). Ils doivent donc être positionnés en début de vol de papillons. Les trichogrammes sont naturellement plus sensibles aux conditions d’application. Au contact du sol, exposés à la chaleur, leur efficacité peut être fortement réduite. En cas de lâchers précoces, sur des maïs peu développés, les diffuseurs doivent être accrochés sur des tuteurs ou protégés par un étui. Dans le cas de lâchers sur maïs peu couvrants, la forme capsules est déconseillée. Attention, les trichogrammes sont inefficaces sur sésamie !

- Les insecticides foliaires ont une action essentiellement larvicide. Ils doivent donc être positionnés au plus proche du pic de vol afin de toucher le plus grand nombre de larves possible, lors de leurs stades baladeurs. Le chlorantraniloprole (Coragen) a une action larvicide et ovicide sur pyrale, ce qui lui confère une plus grande souplesse de positionnement, en comparaison aux pyréthrinoïdes.

Figure 2 : Positionnement des solutions de lutte contre les pyrales selon la courbe de vol des papillons

Vis-à-vis de la sésamie, la lutte est plus délicate car les papillons déposent leurs œufs dans les gaines des feuilles, ils ne sont donc pas ou peu accessibles à la pulvérisation foliaire. De même, lors de leurs premiers stades, les jeunes larves restent dissimulées. De plus, le piégeage difficile de ces papillons rend délicat le suivi du pic de vol. Celui-ci est en général un peu plus précoce que celui de la première génération de pyrale.

Souvent deux générations de papillons dans notre région !

A la faveur des étés chauds de ces dernières années, on observe très régulièrement une 2ème génération de pyrale et de sésamie début à mi-août, y compris au nord de la Loire. Les secteurs désormais concernés par cette 2e génération sont les départements 85, 44, 49 et le sud 72. Cette 2e génération est bien souvent plus préjudiciable avec une plus forte population de chenilles. Dans l’idéal, dans les secteurs régulièrement très impactés, il faudrait intervenir à nouveau sur cette population de chenilles au cours de l’été. C’est envisageable avec des trichogrammes mais, avec des insecticides de synthèse, cela suppose d’être équipé d’un enjambeur.

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