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Risque pcuerons céréales 2020 Centre Ile de France auvergne Messagerie Centre / Ile-de-France / Auvergne

Pucerons : il est urgent d’attendre tout en restant vigilant en cas de redoux

03 décembre 2020

Avec la fraîcheur de ces derniers jours, les pucerons restent discrets dans les céréales. Dans ce contexte météo, aucune intervention n’est nécessaire. Toutefois, si la douceur est de retour, les parcelles devront être à nouveau surveillées de près.

Froid et couverture nuageuse : des conditions défavorables à l’activité des pucerons

Pour rappel, voici quelques éléments relatifs à la jaunisse nanisante de l’orge (JNO) (le virus), aux pucerons (les vecteurs du virus) et aux céréales (les victimes) :

- Phase 1 : la contamination des parcelles par l’arrivée de pucerons ailés en provenance de zones refuges (couverts de graminées, repousses de graminées en cours de destruction par exemple). Ces vols sont possibles à partir de 12°C environ. L’absence de pluie est d’autant plus favorable aux vols. Plusieurs espèces de pucerons peuvent être vectrices de la JNO, mais Rhopalosiphum padi reste le plus fréquent.
- Phase 2 : les ailés infectés par la JNO vont la transmettre aux plantes en les piquant pour se nourrir. Le virus transmis va se multiplier dans la plante.
- Phase 2 bis : les ailés en profitent aussi pour se reproduire et donner une descendance sans ailes. Ces aptères sont indemnes de virus à leur naissance. C’est en piquant une plante infectée par le virus, pour se nourrir, qu’ils peuvent devenir vecteurs.
- Phases 3 : le développement des aptères dans la parcelle. Il va être dépendant des conditions de températures. Plus il fait doux, plus il est important. Avec des températures inférieures à 3°C, les pucerons ne sont pas actifs mais ils peuvent survivre ! Au laboratoire, le seuil de mortalité significative est bien plus bas : entre -5 et -12°C en fonction des espèces. Les pluies affectent peu la prolifération et la dissémination des pucerons aptères dans les parcelles dès lors que les températures restent douces.

Les températures de cette semaine ne sont pas favorables à l’activité des pucerons. Il est donc inutile de prévoir des interventions tant que ces conditions persistent.

Cependant, ces températures, même négatives, ne sont pas létales pour les pucerons qui trouvent refuge à la base des plantes. Si un redoux intervient dans les jours à venir, leur activité peut reprendre. Dans ce cas, une reprise des observations sera nécessaire afin d’appréhender le risque.

Figures 1 à 4 : Températures et précipitations moyennes enregistrées entre le 1er septembre et le 29 novembre 2020 sur quatre stations météo de la région (comparaison aux températures moyennes des 10 dernières années)

Les publications du bulletin de santé du végétal les messages et observations des organismes économiques et de développement sont des sources d’information précieuses pour connaître l’évolution du risque.

En cas de retour de conditions favorables

La fréquence de plantes habitées dans la parcelle reste le seul indicateur pertinent pour l’analyse de risque. Vis-à-vis des cicadelles vectrices de la maladie des pieds chétifs, la situation est différente : le piégeage permet leur surveillance et constitue un indicateur de risque.

Sur les parcelles de variétés d’orge tolérantes à la JNO, la surveillance des pucerons est inutile. Il faudra par contre être vigilant vis-à-vis des cicadelles.

Sur jeune plante, les pucerons sont visibles sur les feuilles à condition de respecter quelques règles pour l’observation :
Où ? Privilégier les zones à risque de vos parcelles : proches des haies ou de réservoirs potentiels tels que des bandes enherbées, jachères, maïs…
Comment ? Rechercher la présence de pucerons sur des séries de 10 plantes (plusieurs lignes de semis).
Quand ? Privilégier si possible les conditions ensoleillées, durant les heures les plus chaudes de la journée (fin de matinée et début d’après-midi). Tôt le matin ou en conditions froides et pluvieuses, les pucerons sont beaucoup plus difficiles à voir car ils sont souvent positionnés à l’insertion des feuilles ou au pied des plantules

Il est recommandé d’intervenir quand la présence de puceron(s) est observée dans la parcelle pendant plus de 10 jours ou dès lors que 10 % des plantes sont porteuses de pucerons.

Seules les feuilles présentes sont protégées, une réintervention peut parfois être nécessaire. Dans ce cas-là, alterner les sous-familles des pyréthrinoïdes. Cela peut contribuer à abaisser le risque de développement d’une résistance (les sites de fixation des substances actives diffèrent légèrement).

Les niveaux de recommandation (10 % de plantes porteuses ou présence pendant plus de 10 jours) sont valables pour décider d’une réintervention.

Tableau 1 : Pyréthrinoïdes et sous-familles

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