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Pucerons sur une feuille de céréales à paille Messagerie Occitanie

Pucerons et JNO : la lutte démarre dès les semis de céréales

21 octobre 2021

Depuis le retrait des traitements de semences ciblant les pucerons vecteurs de JNO, la lutte est plus compliquée sur céréales ; l’utilisation d’un insecticide en végétation ne garantit pas une protection totale. L’observation, le positionnement de l’insecticide et la combinaison avec des leviers agronomiques (date de semis décalée, choix variétal en orge) sont les clés de réussite de la lutte contre cette maladie virale.

Les dégâts provoqués par les pucerons vecteurs du virus de la jaunisse nanisante de l’orge (JNO) sur céréales sont malheureusement bien connus dans notre région. Ils peuvent aller jusqu’à la destruction de toute la parcelle (en orge principalement). Sur orge, la JNO entraîne assez fréquemment des pertes de plantes et d’épis, alors que sur blé, cette maladie affecte plus généralement le remplissage des grains.

Les plantes touchées par le virus peuvent tout de même se développées lorsque l’infection est tardive, mais elles sont plus faibles et plus sujettes aux maladies et autres stress abiotiques.

Les plantes sont très sensibles à l’infection virale dès le stade 1 feuille et jusqu’à début montaison (figure 1). Lorsque les symptômes apparaissent (à partir de mi-février), il n’existe plus aucune solution de lutte curative.

Plus l’infection est précoce, plus le virus est agressif.

Figure 1 : Sensibilité des céréales aux pucerons
Sensibilité des céréales aux pucerons

Lutte indirecte : une efficacité prouvée

Il existe deux leviers pour gérer les risques de JNO : la date de semis pour les céréales et le choix de la variété en orge d’hiver.

La plage de semis optimale dans notre région se situe entre le 20 octobre et le 10 novembre. Choisir les dates les plus tardives de cette plage (avec des variétés adaptées) permet de réduire dans une certaine mesure le risque de viroses (figure 2).

En orge d’hiver, de nombreuses variétés sont tolérantes à la JNO, en 6 rangs comme en 2 rangs. Même si des pucerons peuvent coloniser ces variétés, leur transmettre le virus de la JNO et occasionner quelques symptômes de JNO (décolorations de bouts de feuilles), les pertes de rendement liées à cette virose sont négligeables. Dans de mêmes conditions, les variétés d’orge sensibles peuvent perdre plus de 50 % de rendement.

Figure 2 : Fréquence et intensité de la détection des virus BYDV de la JNO en lien avec la date de semis
Fréquence et intensité de la détection des virus BYDV de la JNO en lien avec la date de semis

Données France entière, 2002 à 2015, source enquêtes pluriannuelles Bayer / Inra / ARVALIS

Observer pour gagner !

Sur jeune plante, les pucerons sont assez facilement visibles sur les feuilles à condition de respecter quelques règles pour l’observation :
• Privilégiez les conditions ensoleillées, durant les heures les plus chaudes de la journée (fin de matinée et début d’après-midi).
• Privilégier les zones à risque (proches des haies ou de réservoirs potentiels à pucerons tels que des bandes enherbées, jachères, maïs)

pucerons

• Rechercher la présence de pucerons sur des séries de 10 plantes consécutives (plusieurs lignes de semis).
• Tôt le matin ou en conditions froides et pluvieuses, les pucerons sont beaucoup plus difficiles à voir car ils sont souvent positionnés à l’insertion des feuilles ou au pied des plantules.

Figure 3 : Différences de comptages selon la période d’observation (site du Magneraud en Charentes-Maritime)
Différences de comptages selon la période d’observation (site du Magneraud en Charentes-Maritime)

Les indicateurs climatiques comme les températures peuvent aussi interpeler sur le niveau de risque. Des températures supérieures à 12°C à l’automne sont favorables aux vols des pucerons. Si les précipitations peuvent limiter les nouvelles arrivées d’ailés dans la parcelle, elles affectent peu la prolifération et la dissémination des pucerons aptères dans les parcelles dès lors que les températures restent supérieures à 5°C. L’absence de gels significatifs (plusieurs jours consécutifs avec des températures négatives) doit inciter à poursuivre les observations durant l’hiver.

Les repousses estivales et la douceur automnales sont deux facteurs propices aux pucerons. Les moissons des parcelles de maïs vont coïncider avec les levées des blés vers la fin du mois. Cela favorise le déplacement des populations de pucerons qui sont actuellement dans les parcelles toujours sur pied.

Reconnaître un puceronIl faut 150 degrés-jours cumulés entre le semis et la levée d’un blé, soit 10 à 12 jours actuellement avec des températures moyennes autour de 15°C.
Dans ce même créneau de températures, les pucerons se développent rapidement : 8 jours sont nécessaires à la larve pour atteindre le stade adulte, pour une durée de vie d’environ 30 jours et un taux de reproduction de 20 larves par individu ailé, principalement dans les premiers jours de ponte. Ces données sont valables pour l’espèce Rhopalosiphum Padi (figure 4).

Figure 4 : Critère de reconnaissance du puceron Rhopalosiphum Padi
Critère de reconnaissance du puceron Rhopalosiphum Padi


Figure 5 : Critères de reconnaissance des pucerons présents à l’automne
Critères de reconnaissance des pucerons présents à l’automne

Lutte directe : tout est dans le positionnement

Le déclenchement de l’insecticide ne dépend pas de l’opportunité de réaliser un mélange avec un traitement herbicide, mais en premier lieu des observations qui mettent en évidence ou non la présence de pucerons dans la parcelle. En effet, les insecticides pyréthrinoïdes sont majoritairement des produits de contact, sans rémanence.

La protection insecticide est à réaliser si plus de 10 % de plantes sont habitées par un ou plusieurs pucerons ou si les pucerons sont présents depuis plus de 10 jours sur la parcelle.

Les produits à base de lambda-cyhalothrine (référence : Karaté Zéon) présentent régulièrement de très bonnes efficacités dans nos essais, ce qui peut être en partie relié à une persistance d’action plus soutenue de cette substance active. Dans des conditions optimales d’application, la différence d’efficacité entre substances actives de la famille des pyréthrinoïdes (lambda-cyhalothrine, cyperméthrine, tau-fluvalinate, esfenvalerate…) est le plus souvent marginale (figure 6).

Tableau 1 : Principales spécialités insecticides sur blé, extrait du dépliant ARVALIS – mai 2021
Principales spécialités insecticides sur blé, extrait du dépliant ARVALIS – mai 2021

Dans la majorité des situations, une seule application d’insecticide bien positionnée suffit. Dans le cadre de nos essais, avec une surveillance assidue, un décalage d’intervention est possible jusqu’à 14 jours après le déclenchement.

Une double application de produit apporte des gains de rendement dans les cas d’infestations prolongées seulement (figure 6).

Attention, les doubles applications favorisent les résistances des pucerons aux insecticides.

Figure 6 : Gains de rendement (en q/ha) en orge d’hiver (variété Etincel) – essais ARVALIS 2015 à 2020)
Gains de rendement (en q/ha) en orge d’hiver (variété Etincel) – essais ARVALIS 2015 à 2020)

Pour en savoir plus, consultez nos guides de préconisations en :
- Blé tendre
- Blé dur
- Orge d’hiver
- Triticale

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