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Lutte contre pucerons et cicadelles Messagerie Poitou-Charentes

Pucerons et cicadelles : observez et continuez d’observer vos parcelles

12 novembre 2020

Les conditions climatiques actuelles (températures minimales supérieures à 10°C et maximales supérieures à 18°C) sont très favorables à l’activité des pucerons et des cicadelles. La surveillance des parcelles est indispensable pour déclencher une intervention au bon moment.

L’activité de ces ravageurs aériens est fortement dépendantes des conditions climatiques, que ce soit pour leur déplacement (= arrivée dans la parcelle, déplacements de plantes à plantes) ou leur durée de présence dans la parcelle (= survie et durée des infestations).

L’observation est le seul indicateur fiable pour intervenir à bon escient. Au risque d’insister, une utilisation systématique et répétée de pyréthrinoïdes peut favoriser l’apparition de résistance alors qu’une application bien positionnée sera plus efficace avec un moindre risque vis-à-vis des phénomènes de résistance.

Il est par ailleurs déconseillé d’ajouter de façon systématique un insecticide à un herbicide, et ce particulièrement sur des stades jeunes. Par exemple, le stade 1 feuille est idéal pour du désherbage de postlevée précoce mais, vis-à-vis des pucerons, il correspond généralement aux toutes premières infestations. Ces dernières atteignent rarement les niveaux recommandés pour intervenir (10 % de plantes habitées ou 10 jours de temps de présence).

Figure 1 : Suivi du climat et risques pucerons d'automne - météo observée sur le poste du Magneraud (17)

Côté pucerons d’automne

Les observations terrain ou dans nos essais réalisés sur la Station expérimentale du Magneraud (17) attestent la présence de pucerons (figure 2). Consultez également le Bulletin de Santé du Végétal.

Figure 2 : Suivi des pucerons sur orges et blés d'hiver non protégés - essais 2020/2021, Le Magneraud (17)

• Pour les semis plus précoces des 10-15 octobre, les levées et les tous premiers stades des céréales ont coïncidé avec une période climatique relativement favorable à partir du 20 octobre. Ces parcelles de blés ou d’orges sont actuellement à 2,5 à 3 feuilles. Dans bon nombre de situations, des interventions insecticides ont été réalisées (parfois très tôt, voire trop tôt) sur les variétés sensibles à la JNO. Il faudra maintenir la surveillance si la parcelle est soumise à de nouvelles arrivées d’ailés ou au développement de colonies résiduelles si les températures restent toujours élevées.
• Pour les semis des 22/24 octobre (avant la deuxième période significative de pluie en octobre), la levée s’est effectuée fin octobre, les parcelles sont à 1,5-2 feuilles, elles doivent faire l’objet d’observations attentives cette semaine pour la prise de décision.
• Pour les semis de début novembre et en cours : si les conditions restent douces d’ici 10 jours, observez les parcelles.

Rappel : il est recommandé d’intervenir dès que 10 % des plantes sont porteuses de pucerons ou quand la présence de puceron(s) est observée dans la parcelle pendant plus de 10 jours.

Autre ravageur aérien observé ces derniers jours : les cicadelles !

Si les cicadelles se sont avérées relativement discrètes les années passées, nous constatons sur le terrain leur présence cet automne sur toute la région mais à des intensités variables. Les cicadelles de l’espèce Psammotettix alienus transmettent les virus de la maladie des pieds chétifs en piquant les plantes, virose préjudiciable notamment sur blé d’hiver mais aussi sur orges d’hiver. Ce sont ces cicadelles qu’il faut suivre attentivement. A la différence des pucerons, les cicadelles sont très mobiles dans la parcelle. Elles sont actives et visibles pendant les heures chaudes et ensoleillées.



La présence de cette cicadelle peut être appréciée par piégeage sur plaque engluée jaune. L’intervention est recommandée quand l’effectif de captures hebdomadaires atteint 30 (ou bien, dans le cas d’un suivi bihebdomadaire, lorsqu’il est observé une différence d’une vingtaine de captures entre deux relevés). Une observation directe des cicadelles sur la parcelle peut également être pratiquée en période ensoleillée, la plus chaude de la journée, pour déclencher le traitement. Si, une forte activité est observée (observations sur 5 endroits de la parcelle faisant sauter devant soi au moins 5 cicadelles pour chaque endroit), le traitement doit être immédiat (à la différence des pucerons où une certaine latitude est possible). Aucune variété tolérante ou résistante à la maladie des pieds chétifs n’est à ce jour disponible, que ce soit en orge ou en blé.

Bien reconnaître Psammotettix alienus, cicadelle vectrice de viroses et ne pas les confondre avec les cicadelles vertes non porteuses de virus

Psammotettix alienus : cicadelles adultes de taille de 4-4,5 mm sont bien repérables avec leur coloration générale beige ou beige terreux et d’autres critères observables (cf. illustration suivante pour leur reconnaissance) comme les ailes disposées en forme de toit (^) et des 6 bandes beiges longitudinales sur le sommet de la tête. La cicadelle est de couleur plus foncée brune lorsqu’elle est capturée dans les cuvettes jaunes à eau.



Cicadelle Psammotettix alienus
(responsable de la transmission des virus WDV, maladie des pieds chétifs

Crédit photo ARVALIS

D’autres espèces de cicadelles peuvent être présentes, notamment des cicadelles vertes que l’on observe très facilement aujourd’hui dans les parcelles et sur les pièges englués. Ces cicadelles vertes ne sont pas des vecteurs de virus préjudiciables aux céréales et ne doivent pas être comptabilisées dans l’estimation du risque de la maladie des pieds chétifs.

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