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Protection des épis de céréales contre les pucerons Messagerie Lorraine

Pucerons des épis : comment assurer une protection efficace ?

28 mai 2020

En Lorraine, les fortes attaques de pucerons sur épis dans les céréales sont peu fréquentes (1 année sur 10). En 2020, ces ravageurs sont bien présents et pourraient engendrer des dégâts. Revue de détails du plan d’action à mettre en œuvre.

Pour cette campagne, les céréales ont dû vivre avec les pucerons durant tout leur cycle de développement !

Qui est le suspect ? Sitobion avenae

Ce printemps, les pucerons ont pu être observés en nombre sur le feuillage du blé tendre d’hiver. Plusieurs espèces peuvent cohabiter à ce moment-là (tableau 1). Néanmoins, seule l’espèce Sitobion avenae peut monter sur l’épi et causer des dégâts.

Tableau 1 : Caractéristiques des différentes espèces de pucerons visibles sur céréales à paille

Quels sont les dommages ? Baisse du PMG

L’insecte, par ses piqûres, prélève la sève élaborée des plantes en exploitant à son profit uniquement les acides aminés utiles pour sa croissance. Les sucres constituant l’essentiel de la sève sont rejetés sous forme de miellat.

Ces ponctions affectent le PMG du blé, parfois jusqu’à l’avortement des grains en cas d’attaques précoces. Les dégâts, en cas de fortes pressions, peuvent se chiffrer jusqu’à 30 q/ha de perte.

Quand surveiller ? De l’épiaison au stade grain laiteux-pâteux, 2 fois par semaine

Avant épiaison, les pucerons sont observés sur les feuilles. Néanmoins, aucun lien n’a été démontré entre la pression sur feuilles avant épiaison et sur épis après épiaison. Il est donc inutile de traiter avant épiaison ou en estimant la pression des pucerons sur les feuilles. D’autant plus que les auxiliaires (sensibles aux insecticides) présents au printemps participent à la régulation naturelle des pucerons.

La biologie et la dynamique de croissance des populations de pucerons peuvent amener à de fortes et rapides pullulations. Il est donc nécessaire d’observer régulièrement ses parcelles : au moins 2 fois par semaine.


Sitobion avenae sur épis de blé à Saint-Hilaire-en-Woëvre (55) le 25 mai 2020

Où regarder ? Plusieurs endroits de la parcelle au niveau des épis

Le mode de développement des populations de sitobion avenae conduit à des pullulations rapides et par foyer. Cela nécessite de parcourir la parcelle pour estimer correctement la pression.

Les insectes ayant migré vers les épis sont situés au niveau de la base des épillets. L’épi peut être manipulé sans risquer de faire tomber les pucerons, ils y sont bien accrochés.


Parcelles avec dégâts de pucerons sur épi par foyers en 2004

Quand intervenir ? Lorsque 1 épi sur 2 est colonisé

Les seuils d’intervention établis par des expérimentations montrent l’intérêt d’un traitement lorsque plus de 1 épi sur 2 est colonisé par au moins un puceron.

Avec quels moyens ? Les insecticides pyréthrinoïdiens

La lutte curative passe par l’usage de pyréthrinoïdes. Ces produits ont une action de contact dont l’efficacité est variable (entre 50 et 90 %) et la persistance n’excède pas 2 semaines.
Il est donc nécessaire de les positionner au moment le plus opportun pour maximiser leur efficacité, c’est-à-dire dès que le seuil de 1 épi sur 2 est dépassé.

10 jours après le traitement, la reprise des observations est nécessaire pour effectuer une nouvelle intervention lorsque le seuil est à nouveau dépassé.

Tableau 2 : Insecticides homologués sur pucerons des épis

(1) Microsphères dissoactives
(2) Retrait d’homologation en cours, commercialisé jusqu’au 27 septembre 2019, utilisation autorisée jusqu’au 27 septembre 2020.
(3) Changements mineurs de formulation permettant le mélange avec bore
(4) Les pailles de céréales traitées ne doivent pas être utilisées en alimentation animale
Bonne efficacité pour tous les produits. Vérifier avant toute utilisation les cultures autorisées.

Comment traiter ? Volume de bouillie minimum de 150 l/ha avec des buses double-fente à injection d’air (si disponible)

En cas d’intervention insecticide, il est nécessaire d’avoir une bonne couverture de l’épi lors de l’application de ces produits à action de contact. Par analogie aux expérimentations sur fusariose, nécessitant cette même couverture, plusieurs paramètres favorables ont pu être identifiés.

Un volume de bouillie d’au moins 150 l/ha est le minimum pour assurer la couverture de l’épi. L’usage de buses à double-fente a révélé une augmentation significative de la couverture de l’épi, ainsi qu’une augmentation de la rétention du produit sur les épis. Pensez à utiliser les buses à injection d’air pour éviter la dérive et le bouchage.

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