En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des contenus adaptés à votre région et réaliser des statistiques.

En savoir plus
Pucerons marrons sur un épi vert de blé dur début mai 2020 en Auvergne Messagerie Centre / Ile-de-France / Auvergne

Pucerons des céréales : observer attentivement les épis

07 mai 2020

Le blé tendre, le blé dur et même l’orge peuvent actuellement abriter des pucerons. Pas d’inquiétude s’ils sont sur les feuilles. Par contre, en cas de présence sur épis, vigilance. Les dernières pluies leur ont été défavorables, mais un temps sec et chaud signerait leur arrivée, ou leur retour sur épis. A surveiller donc de près dès l’épiaison des parcelles.

Depuis leur arrivée à l’automne dernier, les pucerons n’ont jamais vraiment quitté les parcelles de blé, en raison notamment des températures douces depuis les semis. En sortie d'hiver, leur présence s'est traduit par des symptômes plus ou moins marqués de jaunisse nanisante de l'orge (JNO) dans de nombreuses parcelles d’orge, de blé tendre comme de blé dur.

Très tôt au printemps, la présence de ce ravageur, parfois en nombre important, a été signalée sur les feuilles pendant la montaison. Depuis, les populations s’accroissent.

Parmi les trois espèces généralement visibles (Rhopalosiphum padi, Sitobion avenae et Metopolophium dirhodum), seul Sitobion avenae se développe essentiellement sur épi. Dans le cas d’une parcelle dont les plantes sont déjà porteuses d’individus sur feuilles, le risque d’infestation des épis est donc d’abord lié à la présence de cette espèce.

Tableau 1 : Principaux pucerons présents sur les feuilles de céréales au printemps

Que faire contre le puceron des épis ?

En prélevant la sève des plantes entre les stades épiaison et grain laiteux-pâteux, le puceron des épis provoque une limitation du poids de mille grains (PMG), voire du nombre de grains par épi en cas d’attaque précoce (épiaison, floraison).

L’observation avant tout !

Que les pucerons soient déjà présents sur feuilles ou non, la lutte commence par une observation attentive des épis pour décider de l’opportunité d’un traitement. Cette observation, qui débute à l’épiaison et se poursuit jusqu’au stade grain laiteux-pâteux, doit être régulière (au minimum deux fois par semaine) car la croissance des populations peut être rapide et entraîner de fortes pullulations. Il est inutile de traiter avant l’épiaison, même si les populations sur les feuilles sont importantes.

Sur les blés, le pourcentage d’épis colonisés est un indicateur simple et pertinent pour décider d’une intervention : celle-ci doit être réalisée dès qu'un épi sur deux est colonisé par au moins un puceron. De par la répartition des colonies en foyers, il est indispensable de parcourir la parcelle pour connaître précisément le niveau d’infestation.

Sur orge, la nuisibilité des pucerons sur les épis n’est pas connue car, sur cette espèce, leur forte présence sur cet organe est inédite. Par défaut, la gestion des populations sur orge est donc la même que sur blé (même fréquence d’observation, même indicateur et même seuil).


Photo 1 : Pucerons des épis sur feuille et épi en juin 2004, ARVALIS - Institut du végétal


Photo 2 : Attaque par foyers en juin et juillet 2004, ARVALIS - Institut du végétal

Les auxiliaires peuvent être de précieux alliers en limitant les populations de pucerons. On peut citer entre autres les coccinelles, les syrphes ou les microhyménoptères parasites. En cas de pullulation, leur action est toutefois insuffisante. Il convient donc de se référer au seuil de risque afin d’éviter les interventions trop précoces et préserver au maximum leur effet bénéfique.

Pour plus d’informations, consultez le BSV de votre région chaque semaine : Centre, Ile-de-France et Auvergne.

En curatif : les insecticides

Les insecticides sont essentiellement des produits de contact et leur action excède rarement deux semaines. Leur efficacité peut varier entre 50 et 90 %. Les associations de pyréthrinoïdes sont légèrement supérieures aux produits avec une seule pyréthrinoïde. Lorsque les populations de pucerons sont déjà importantes et que les conditions de développement sont très favorables, l’utilisation de produits à forte action de choc est préconisée.

Lorsque le recours aux insecticides est nécessaire, le raisonnement à tenir repose sur quelques règles :
- Tant que l’on n’a pas atteint le seuil de 1 épi sur 2 infesté, l’intervention n’est pas utile.
- Reprendre la surveillance une dizaine de jours environ après le traitement. Une nouvelle intervention peut être effectuée en cas de nouveau dépassement du seuil.
- Il n’y a plus d’intérêt à traiter au-delà du stade grain pâteux.

Figure 1 : Positionnement des insecticides contre les pucerons des épis - ARVALIS - Institut du végétal

Tableau 2 : Insecticides homologués vis-à-vis des pucerons des épis
Vérifier avant toute utilisation les cultures autorisées

(1) Microsphères dissoactives
(2) Retrait d’homologation en cours, commercialisé jusqu’au 27 septembre 2019, utilisation autorisée jusqu’au 27
 septembre 2020.
(3) Changements mineurs de formulation permettant le mélange avec bore
(4) Les pailles de céréales traitées ne doivent pas être utilisées en alimentation animale

Bonne efficacité pour tous les produits.

Toutes ces informations se retrouvent dans le guide de préconisations régionales « Choisir et Décider – Interventions de printemps 2020 » :
- blé tendre
- blé dur
- orges d'hiver

Pour en savoir plus, rendez-vous sur les fiches accidents ARVALIS.

Réagissez !

Merci de vous identifier pour commenter cet article

2 commentaires 08 mai 2020 par DAVID

a l automne aucun pucerons et aujourd’hui hui on voit l ampleur des dégâts avec des centaines d hectares d orge et de blé retournés

08 mai 2020 par MARIE

Bonjour. merci pour ce point pucerons céréales. Je suis surpris que vous ne rappeliez pas les conditions d’application influant sur l’efficacité des insecticide et le respect de la biodiversité. Salutations. DT

  • ARVALIS - Institut du végétal
    • 3, rue Joseph et Marie Hackin
      75016 PARIS
      Tél : + 33 (0)1 44 31 10 00
      Fax : + 33 (0)1 44 31 10 10