Famille de pucerons sur une feuille de céréales à l’automne 2021 en Normandie Messagerie Normandie

Pucerons des céréales : bien observer avant de déclencher tout traitement

28 octobre 2021

La douceur actuelle favorise l’activité des pucerons dans les céréales en cours de levée. Surveiller de près les parcelles pour décider, selon les seuils, si un traitement est nécessaire ou non.

Dès les semis de céréales, il est important de suivre l’activité des pucerons et cicadelles pour éviter toute transmission de virus engendrant des pertes de rendements.

Les températures douces : des conditions favorables à l’activité des pucerons

Les premiers semis ont atteint le stade de sensibilité des céréales aux pucerons (levée – 1re feuille étalée). La pression des ravageurs est dépendante de la météo. Actuellement, les températures supérieures à 12°C peuvent favoriser le déplacement des individus ailés des plantes réservoirs vers les parcelles de jeunes céréales. Le risque ? Que ces pucerons ailés colonisent la parcelle et y introduisent le virus de la JNO (jaunisse nanisante de l’orge). La pluie peut freiner ou retarder les vols. Malgré les épisodes pluvieux de ces dernières semaines, les températures douces doivent appeler un niveau de vigilance sur le risque vis-à-vis des vols de pucerons.

Figure 1 : Températures et précipitations moyennes enregistrées courant octobre 2021 sur la station météo de Caen (comparaison aux températures moyennes des dix dernières années)
Températures et précipitations moyennes enregistrées courant octobre 2021 sur la station météo de Caen

Nb : l’analyse sur d’autres postes météo de la région donne la même tendance.

Les pucerons peuvent survivre tant que les températures les plus basses n’atteignent pas les 
-12°C. Leur activité de vols, et donc potentiellement leur arrivée sur les parcelles, débute à partir de 12°C.

L’observation : une étape indispensable !

Les pucerons sont facilement visibles sur les feuilles des jeunes plantules à condition de respecter quelques règles pour l’observation :
• Moment idéal : afin de ne pas sous-estimer la présence des pucerons dans les parcelles, il faut privilégier si possible des conditions ensoleillées, durant les heures les plus chaudes de la journée (fin de matinée et début d’après-midi). En effet, lors de mauvaises conditions d’observation (ex : tôt le matin ou en conditions froides et pluvieuses), ces insectes sont beaucoup plus difficiles à voir car souvent positionnés à l’insertion des feuilles ou au pied des plantules.
• Localisation idéale dans la parcelle : il est important de privilégier l’observation au niveau des zones à risque des parcelles, proches des haies ou de réservoirs potentiels tels que des bandes enherbées, jachères, maïs…
• Méthode idéale : rechercher la présence de pucerons sur des séries de dix plantes (plusieurs lignes de semis).

Deux points de vigilance :
• Si les conditions d’observation sont défavorables, l’absence de pucerons ne signifie pas qu’il n’y en a pas ! Il faudra revenir sur les parcelles à des créneaux plus propices à l’observation.
• Sur les plantes tallées : l’observation demande une attention particulière, compte tenu du développement des plantes et des conditions climatiques généralement peu favorables. Il s’agit alors de bien inspecter le bas des plantes, notamment d’écarter les feuilles, pour dépister au mieux les pucerons.

Il est recommandé d’intervenir uniquement dès lors que 10 % des plantes sont porteuses de pucerons ou quand la présence de pucerons est observée dans la parcelle pendant plus de 10 jours*.

* Nb : ne pas oublier cette deuxième partie de la règle de décision. En effet, le séjour prolongé des pucerons est souvent largement responsable des attaques observées. Cela signifie qu’en cas de présence durable des pucerons (hivers doux), il faut ré-intervenir sur les parcelles, la persistance d’action des traitements foliaires étant de l’ordre de 10 jours.

Vous n’êtes pas seuls à observer ! Consultez les publications du Bulletin de Santé du Végétal.

Mieux vaut intervenir plus tard que trop tôt !

Les interventions insecticides ne doivent surtout pas être systématisées avec les traitements herbicides, mais bien être fonction de l’activité des pucerons.

La date de traitement ne doit pas être définie en fonction du stade de développement de la culture ou d’une date calendaire. Seules les observations réalisées dans la culture, et la détection des infestations, permettent de déclencher le traitement au bon moment, que ce soit pour la première intervention ou pour son éventuel renouvellement. Ceci est lié aux caractéristiques des produits actuellement disponibles, qui agissent par contact. La lutte sera efficace vis-à-vis des ravageurs présents au moment du traitement. Si la végétation a une vitesse de croissance rapide et que les colonisations se poursuivent après le traitement (observation de pucerons ailés sur les jeunes feuilles), celui-ci présentera une efficacité pouvant être jugée insuffisante à cause d’individus arrivés après le traitement. Dans cette situation, l’application insecticide devra être renouvelée.

Les résultats d’essais réalisés par ARVALIS mettent en évidence une relative souplesse dans la date d’application de l’insecticide : il n’y a pas de perte de rendement lorsque l’application est retardée jusqu’à 14 jours par rapport aux recommandations. Dans certains cas (3 essais sur 13), l’application tardive s’est même avérée bénéfique : elle a permis d’atteindre des pucerons arrivés un peu plus tardivement sur la parcelle.

Réagissez !

Merci de vous identifier pour commenter cet article

aucun commentaire pour l'instant

  • ARVALIS - Institut du végétal
    • 3, rue Joseph et Marie Hackin
      75016 PARIS
      Tél : + 33 (0)1 44 31 10 00
      Fax : + 33 (0)1 44 31 10 10