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Miniature verse céréales à paille Protection des céréales à paille

Evaluer le risque de verse

13 mars 2014

En sortie d’hiver, c’est le moment d’envisager l’emploi d’un régulateur contre la verse, si le risque est important. Il permet de limiter les pertes de rendements, lorsque les conditions d’expression de la verse sont présentes.

La verse physiologique résulte d’un défaut de rigidité des tiges d’une culture. Ce phénomène s’exprime donc souvent suite à des pluies orageuses ou à des vents violents. Mais en fait, la prédisposition à la verse s’acquiert bien plus tôt au cours du cycle de la culture, selon la sensibilité variétale, les conditions culturales et climatiques durant la croissance des plantes, l’ensemble de ces facteurs interagissant entre eux.

Des facteurs de risque bien identifiés

La baisse de rigidité de la base des tiges peut trouver son origine dans la génétique de la plante. Certaines variétés possèdent des caractéristiques les prémunissant contre la verse : faible hauteur, vitesse de croissance limitée en sortie d’hiver notamment. Le facteur variétal est le premier élément décisionnel de contrôle du risque de verse. Viennent ensuite les conditions culturales ainsi que les pratiquesde fertilisation azotée. Une densité de semis élevée met précocement en concurrence les plantes vis-à-vis de la lumière. Celles-ci se défendent alors par l’allongement des tiges, durant la période des jours courts, qui se fragilisent.
Une date de semis précoce accentue ce phénomène en augmentant la période de tallage et donc le nombre de talles mis en place. De son côté, la richesse du sol, par le biais d’apports azotés importants en début de cycle, augmente à la fois le nombre de talles et amenuise le rapport C/N (carbone/ azote), limitant la solidité des parois cellulaires en début montaison. Ces trois facteurs sont en partie maîtrisables et peuvent à eux seuls limiter fortement le risque de verse.

Attention aux conditions climatiques

Quant aux conditions climatiques, elles peuvent sensibiliser les plantes à la verse et accentuer certains des paramètres de risque de verse. Un défaut de rayonnement peut par exemple provoquer un phénomène d’étiolement de la base des tiges, équivalent à une diminution du rapport C/N observée dans les cas de sur-fertilisation. Des périodes de froid persistantes pendant le tallage ont également leur lot de conséquences car la montaison ne se déclenche qu’après un certain cumul de températures. Elles entraînent la montée d’un plus grand nombre detiges et une montaison plus étalée, ce qui conduit à une élongation plus importante des premiers entre-noeuds. Enfin, il ne faut pas négliger les facteurs extrêmes, comme les orages ou les coups de vent, qui sont responsables de la verse en fin de cycle. Par définition, ces évènements sont difficilement prévisibles.
Néanmoins, face à ce type de conditions exceptionnelles, un blé se comporte différemment suivant le type de sol. Parce qu’il draine moins qu’un sol de craie, un sol limoneux est par exemple plus propice à la verse du fait de sa moindre capacité à ancrer les racines en conditions détrempées.

Un risque variable

Afin d’illustrer l’interaction de certains de ces facteurs, ARVALIS – Institut du végétal a mis en place trois essais entre 2011 et 2012, à Bignan (Morbihan) et à Rots (Calvados). Le comportement d’une variété sensible, Barok, a été comparé à celui de variétés peu sensibles, Bermude et Sankara, pour deux doses d’azote au premier apport (40 ou 80 kg N/ha) et en présence ou non d’un régulateur (Cycocel CL 2 l ou Cycocel CL 2000 2,5 l). Il s’agissait en même temps de tester la sensibilité de la grille de risque verse (tableau 1).
Au regard de cette grille, les risques de verse apparaissent particulièrement élevés dans le cas d’un premier apport de 80 kg N/ha (kg d’azote à l’hectare) sur une variété comme Barok (tableau 1). A contrario, ils sont très faibles pour un apport au tallage de 40 kg N/ha sur Bermude ou Sankara.Le risque devient faible à moyen pour les mêmes variétés avec un apport de 80 kg N/ha. Et en réduisant le premier apport à 40 kg N/ha pour Barok, le niveau de risque selon l’échelle diminue, qualifié de moyen à élevé.

Une grille de risque robuste

Sur le terrain, les notes de verse observées dans les essais, même si elles ne sont pas extrêmes, sont conformes à la prévision de la grille. La verse présente en situation de bilan azoté élevé sur variété sensible est la plus marquée, avec une note de 2,7. La même variété moins fertilisée au tallage suit avec une note d’1,8. L’ajout d’un régulateur (Cycocel C5 2 l) permet de gagner un point sur la note de verse dans ces situations. Elle passe respectivement à 1,6 et 0,8. Mais, dans le premier cas, un seul régulateur n’est pas suffisant pour bien contrôler la verse qui reste à un niveau élevé (note proche de 2).
En situation de risque faible (cas de Bermude ou Sankara avec 40 kg N/ ha), les essais confirment qu’un régulateur est inutile : la note de verse observée est faible avec ou sans régulateur (0,25). En revanche, ce dernier se justifie pleinement pour les situations à risque « faible à moyen » car il permet de gagner 0,2 point de note de verse, qui passe de 0,45 sans régulateur à 0,25. Ces résultats montrent que les choix agronomiques réalisés en amont (variété et bilan azoté) permettent d’apprécier correctementle risque de verse. Une fois celui-ci calculé, l’ajustement ou non avec un régulateur est relativement aisé (tableau 2). Et ce régulateur est souvent d’un grand intérêt pour limiter les pertes de rendements.

Tableau 1 : Risque de verse calculé pour chaque situation testée selon la grille.


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Une note globale de la grille de 2 ou 3 correspond à un risque verse très faible ;
4 à 6 = risque faible à moyen ;
7 à 9= risque moyen à élevé ;
10 et + = risque très élevé.

Tableau 2 : Stratégies de lutte possibles contre la verse, sur blé tendre
selon le niveau de risque évalué au travers de la grille.

En cas de risque moyen à élevé, Modus et Medax Top,
plus chers que Cycocel, peuvent trouver leur place.


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Des pertes de rendements
Dans les zones céréalières à forts potentiels de production, le danger peut venir de la verse physiologique. Si elle est précoce et intense, les pertes de rendement peuvent s’élever à plusieurs dizaines de quintaux par hectare.
Parallèlement à ces diminutions de production, cet accident physiologique peut également affecter la qualité de la récolte, notamment en créant des conditions environnementales au voisinage des épis favorables à l’activité enzymatique des grains ainsi qu’à la germination sur pied. En outre, la verse augmente le temps de récolte, pouvant le tripler dans le cas de parcelles totalement versées.

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2 commentaires 16 mars 2014 par LAMY

serait-il possible de refaire le point sur les densités de tiges optimum selon les variétés

14 mars 2014 par MICHELIN

Bonjour, Comment se fait il que nous n'avons de BSV bourgogne portant sur les céréales seulement un BSV sur le colza?

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