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pucerons sur un épi de blé immature en mai 2019 en Poitou-Charentes Messagerie Poitou-Charentes

Protection des blés : surveiller l’évolution des fusarioses et des pucerons de l’épi

16 mai 2019

Pour la majorité des blés tendres et des blés durs, le stade floraison est en cours ou à l’approche. Au vu du contexte climatique, la vigilance est de mise dans les parcelles. Une estimation des risques est nécessaire avant de décider d’une intervention.

Le temps devrait être sec jusqu’en fin de semaine avant le retour de pluies orageuses. Les températures devraient rester fraîches à des niveaux relativement conformes aux normales saisonnières. Ces conditions doivent appeler un certain nombre de précautions quant à la conduite des cultures.

Protéger l’épi contre la fusariose

Les pluies de la semaine dernière ont pu être favorables aux contaminations par la fusariose des cultures déjà à floraison. Mais peu de parcelles de blé dur avaient atteint ce stade à cette période. De plus, les conditions météorologiques de ces dernières semaines ont pu permettre le maintien et le développement des fusarioses sur les résidus de cultures contaminés, notamment compte tenu de l’humidité au début de l’épiaison.

Carte 1 : cumul de pluie du 1er au 8 mai 2019

Des cumuls relativement importants mais les blés durs n’étaient pour la plupart pas encore au stade floraison

Tableau 1 : Floraison des blés durs (précocité de type Anvergur) suivant la date de semis et le poste météo


Tableau 2 : Floraison des blés tendres (précocité de type Oregrain) suivant la date de semis et le poste météo

Pour rappel, deux grands types de fusarioses existent :
- Fusarium (Fusarium graminarum et Fusarium culmorum), responsable de l’accumulation de mycotoxines DON (Déoxynivalenol) dans les grains. Ce type de champignon préfère les températures plutôt élevées (température optimale de 20°C).
- Microdochium (Microdochium majus et Microdochium nivale) responsable d’échaudage de grains mais aussi de mouchetures sur blé dur. Il se développe à une température optimale de 15°C.

L’évaluation du risque a priori est importante

Il faut s’en préoccuper tôt (avant le semis) pour limiter les facteurs de risques agronomiques, d’autant plus dans un contexte où une réglementation qualité sanitaire est en place. La grille suivante (figure 1) aide à évaluer le risque d’accumulation de DON dans les grains de blé tendre lié à la fusariose des épis (Fusarium graminearum et Fusarium culmorum). Elle indique les recommandations à suivre dans chaque situation. Il existe également une grille pour évaluer le risque sur blé dur.

La seule protection fongicide ne suffit pas, les meilleures protections ne dépassant pas 50 % d’efficacité en moyenne. Il est donc important d'agir sur tous les leviers au préalable, ne serait-ce que pour contrecarrer l'influence climatique, non maîtrisable et délicate à prévoir.

Figure 1 : Grille d’évaluation du risque d’accumulation du Déoxynivalénol (DON) dans le grain de blé tendre et aide à la décision de traitement contre la fusariose sur épi (F. graminearum et F. culmorum)

Les recommandations associées à cette grille et l’échelle de sensibilité variétale au risque DON (Fusarium graminearum) sont disponibles dans les guides Choisir et Décider d'ARVALIS.

Attention, la décision finale de traitement devra tenir prioritairement compte du climat pendant la période épiaison - début floraison : une forte humidité ou une période pluvieuse durant cette phase (plus de 48 heures à 100 % d’humidité) conduit à prendre en compte le risque fusarioses avec un traitement fongicide au début de la floraison, principalement quand le risque agronomique est supérieur ou égal à 4.

D’une façon générale, les variétés à privilégier dans les situations où le risque fusariose est important sont les variétés notées résistantes à la fusariose (note supérieure ou égale à 6).

Alors que faire ?

Sur blé tendre, il convient d’être prudent sur les situations à risque élevé à très élevé (figure 1 ou Baromètre maladies), notamment si la floraison a eu lieu la semaine dernière (cas des blés les plus précoces). Les variétés peu sensibles permettent de s’affranchir de tout traitement hors situations très à risque (semis direct derrière précédent à risque notamment). On évitera les produits contenant de l’azoxystrobine et de la picoxystrobine pour assurer l'objectif de qualité sanitaire.

Sur blé dur, un traitement à floraison est recommandé compte tenu du risque climatique (pluies de la semaine dernière et à venir cette semaine). Sur cette espèce, on utilisera des produits à base de prothioconazole, type Prosaro ou Kestrel (si risque rouille brune faible), qui permettent de protéger les cultures contre les deux fusarioses. De fait, cela limite à la fois le risque mycotoxines et le risque moucheture.

Notez qu’en présence de symptômes, les traitements (trop tardifs) sont inefficaces.

Protéger l’épi contre les pucerons

De fortes pressions de pucerons ont été régulièrement observées dans la région ces dernières semaines. Ils restaient néanmoins concentrés sur les feuilles tant que l’épi n’était pas totalement sorti. Sur les variétés les plus précoces, les populations pouvaient cependant être denses (photos 1 et 2). A noter que la reproduction parthénogénétique des pucerons est accélérée de façon très importante en conditions chaudes ; ces conditions étaient plutôt réunies il y a deux semaines.


Photo 1 : Forte infestation de pucerons sur épi (plus d’un épi sur deux était colonisé sur cette parcelle) - Le Magneraud 03/05/2019


Photo 2 : Puceron momifié sur feuille suite à la ponte d’un auxiliaire parasitoïde - Le Magneraud 03/05/2019

Dans la plupart des cas, on observe simultanément une bonne activité des auxiliaires (coccinelles, syrphes, chrysopes et micro-hyménoptères). Ceux-ci devraient réguler en partie les populations. Les températures actuellement fraîches et à venir sont moins favorables aux pullulations des pucerons sur épis. C’est la dynamique de la population au travers du nombre de pucerons présents sur épis qui est l’indicateur déterminant de la nuisibilité.

Tant que les seuils de traitement ne sont pas atteints, il est préférable de ne pas intervenir : un traitement insecticide pourrait en effet détruire inutilement les auxiliaires et provoquer la pullulation de pucerons, non régulés. Le seuil de traitement recommandé est franchi dès qu’un épi sur deux est colonisé (soit 5 pucerons par épi) à partir de l’épiaison. En deçà du seuil, il n’a pas été mis en évidence de forte nuisibilité.

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