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Le mildiou est une des maladies principales de la pomme de terre affectant qualité et rendement. Sa protection se base en premier sur des mesures préventives. Protection de la culture

Protection contre le mildiou

29 mars 2011

Le mildiou est actuellement la principale maladie de la pomme de terre. Il affecte à la fois le rendement et la qualité. Pour être efficace, la lutte contre la maladie est réalisée de manière préventive, avant la contamination.

Objectifs

► Le premier objectif de la lutte contre le mildiou est de ne jamais laisser celui-ci pénétrer dans la parcelle.
► D’autre part, il est important de limiter les risques de transfert de substances actives phytosanitaires vers les tubercules, ainsi que vers les eaux de surface et de profondeur.

Pour cela, on veillera à limiter le nombre de traitements anti-mildiou effectués sur les cultures :

- en adoptant préalablement à la lutte chimique des mesures prophylactiques et des méthodes culturales de contrôle de la maladie,
- en évitant les traitements inutiles,
- en raisonnant le choix des spécialités commerciales,
- en utilisant des outils d’aide à la décision (type Mileos®).


Tubercule contaminé


Sommaire :

► Mesures prophylactiques

► Méthodes culturales de contrôle de la maladie


► Lutte chimique


► Pour en savoir plus

Mesures prophylactiques

Pendant l’hiver, l’agent responsable du mildiou (Phytophthora infestans) se conserve dans les tubercules laissés au champ, les tas de déchets ou les repousses de pomme de terre. Ainsi, pour prévenir les risques de contamination de la culture, il est essentiel d’adopter des mesures prophylactiques qui visent à réduire ces sources d’infection primaire.

Destruction des tas de déchets

Aucun tas de déchets (rejets issus de triage lors de la mise en conservation ou à la mise en marché) ne doit se trouver à proximité d’une parcelle, d’un fossé ou d’un cours d’eau.

Le lieu de stockage doit être choisi pour :

► éviter les risques d’écoulement des jus vers les eaux de surface ou les périmètres de protection de captages d’eau potable ;
► et réduire les nuisances près des habitations (odeurs, insectes…).

Deux méthodes peuvent être employées pour la destruction de ces déchets :
 
► l’application de chaux vive est à préférer si le tas contient beaucoup de tubercules ou si le risque d’écoulement de jus est important (mélange de la chaux aux pommes de terre à raison de 10 % du tonnage à traiter) ;
► le bâchage sans traitement, avant l’apparition de toute végétation, est possible uniquement si le tas contient beaucoup de terre et s’il n’y a pas de problème d’écoulement de jus.

Tous les tas de déchets devront être traités au plus tard au moment des plantations. L’utilisation d’herbicide ou de défanant est interdite.

A noter : certaines régions imposent la gestion des tas de déchets via des arrêtés préfectoraux.


Les tas de déchets doivent être neutralisés avant toute nouvelle culture de pomme de terre.

Limitation des repousses dans les autres cultures

Il est très important de surveiller les repousses de pomme de terre dans les autres cultures de la rotation. Il n’existe pas de solution efficace à 100 % pour détruire en une seule intervention toutes les repousses de pomme de terre. Il sera donc nécessaire d’associer un ensemble de pratiques culturales afin de limiter leur effet vis-à-vis du mildiou.

► L’hydrazide maléique, appliqué sur pomme de terre comme anti-germinatif de végétation (5 kg/ha), a une efficacité de 40 à 80 % (selon les variétés) contre les repousses dans les cultures suivantes. Cette solution permet de retarder la date de première thermonébulisation pour lutter contre la germination, en cas de conservation de longue durée. Attention au risque de phytotoxicité sur certaines variétés, notamment Monalisa.
► Lors de l’arrachage, il importe de récolter le maximum de tubercules. De même, il convient de ne pas épandre de déchets de pomme de terre après le 31 janvier, car les éventuelles gelées n'auront pas d'action suffisante pour les détruire.
► Les techniques d’implantation sans labour doivent être privilégiées pour la culture suivante, afin de laisser le maximum de tubercules en surface ; ils seront alors plus sensibles à l’action du gel.
► La lutte contre les repousses s’effectue à l’échelle de la rotation, par le respect du temps de retour de la pomme de terre sur une parcelle (au moins 4 ans), le choix de cultures appropriées et l’emploi d’herbicides. Les céréales ont une action étouffante sur les repousses de pomme de terre et permettent de mener une lutte chimique efficace avec des produits à base de fluroxypyr seul (Starane 200 1 l/ha) ou associé à des hormones (Bofix/Ariane 4 l/ha).

Il convient d’intervenir sur de jeunes repousses et sans dépasser le stade 1-2 noeuds de la céréale pour les produits type Ariane/Bofix. A l’opposé, l’élimination des repousses dans les cultures de betterave est très contraignante (arrachage manuel). En culture de maïs, l’action de Mikado est intéressante. L’interculture est aussi une période propice à la destruction des repousses. Sur repousses levées et avant tubérisation, il est possible d’utiliser du glyphosate à 1440 g de matière active/ha. Sur des repousses plus développées (tubérisation), cette dose est insuffisante pour détruire les tubercules.

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Méthodes culturales de contrôle de la maladie

Afin d’éviter l’entrée de la maladie, il est important de choisir des variétés peu sensibles au mildiou.

De plus, une plantation suffisamment profonde (entre 15 et 17 cm) et un bon buttage permettent de limiter les risques d’attaque et de protéger les tubercules fils.

L’attaque aérienne est possible dès la levée jusqu’à la destruction totale des fanes. Il convient donc de protéger la plante jusqu’à la destruction totale des fanes. Le choix d’une variété résistante au mildiou du feuillage est essentiel pour limiter le nombre de traitements fongicides.

L’attaque sur les tubercules est visible parfois en cours de culture, mais plus souvent à partir de la récolte. La résistance au mildiou du tubercule de certaines variétés permet de tolérer quelques traces de mildiou du feuillage en cours de culture, sans problème de qualité des tubercules.

De même, il convient de prendre en compte l’ensemble de la parcelle (fourrières, bordure d’obstacles divers, coin de champs) et éventuellement d’autres paramètres (recroisement d’irrigation, etc.) pour assurer une bonne protection contre la maladie.

L’utilisation d’un pulvérisateur en bon état, contrôlé régulièrement, et le choix des périodes de traitement les plus favorables permettent d’assurer un traitement optimal.

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Lutte chimique

Les traitements contre le mildiou doivent être effectués en préventif et tenir compte de la pression parasitaire et des risques de lessivage.

Déclenchement du premier traitement

La première intervention est réalisée selon l’outil d’aide à la décision (Mileos®) ou les BSV (Bulletins de Santé du Végétal®).

Ces deux outils sont indispensables car ils permettent de simuler l’évolution du mildiou et d’en déduire les meilleures dates de traitement. Ils doivent être associés à une observation attentive de la parcelle et de son environnement proche.

Le choix de la parcelle et la gestion des tas de déchets doivent permettre d’éliminer les sources d’infection primaires. Seule la présence d’une de ces sources à proximité de la parcelle conduira à initier les traitements plus tôt que ce que préconisent Mileos® ou les BSV®.

Conduite de la lutte préventive en phase épidémique

L’application des produits est raisonnée en fonction du risque mildiou dans l’environnement, de son mode d’action, du risque de résistance de certains fongicides (en particulier des phénylamides), de la sensibilité variétale, du stade de la culture, de sa résistance au lessivage et de la pression de la maladie. Encore une fois, Mileos® ou, à défaut, les BSV® sont indispensables.

- Choix des spécialités fongicides

Le dépliant « Protection de la pomme de terre » édité régulièrement par ARVALIS - Institut du végétal permet de choisir, à chaque intervention, la catégorie de produit la plus adaptée.

On retient quatre points importants sur le choix des fongicides :

► L’intérêt de certains produits translaminaires diffusants (Acrobat M DG, Eperon pépite, Epok, Micène Pro, Séréno, Tattoo C, Equation Pro, Plebiscit M…) pendant la phase active de croissance des plantes ;
► L’intérêt de certains contacts (Adério, Ranman,…) et des produits translaminaires diffusants (Acrobat M DG, Rêvus, Infinito,…) en fin de croissance active et en végétation stabilisée en cas de forte pression pendant les périodes de lessivage important (pluies, orages, irrigations…) ;
► L’intérêt des produits pénétrants (à base de cymoxanil) pour le rattrapage de contaminations récentes (effet curatif de 1 à 2 jours maximum) ;
► L’intérêt particulier de certains produits de contact ou translaminaires (Adério, fluazinam, Ranman, Infinito, Rêvus…) pour la protection des tubercules en fin de cycle.



Mode d'action des matières actives


Afin de prévenir les risques de développement de la résistance aux substances actives, il est nécessaire d’adopter une stratégie de gestion des risques. Il convient donc de bien respecter les prescriptions de l’étiquette, de ne pas réaliser plus de 2 traitements avec un fongicide contenant une substance active de la famille des phénylamides (Epok, Eperon Pépite, Micène Pro…) ou 3 traitements consécutifs pour les autres fongicides contenant une substance active à mode d’action unisite (Ranman, Séréno, Equation Pro…) et de les positionner uniquement en préventif.

Il est également recommandé d’alterner les modes d’action dans les programmes de traitement (Tableau 1. Prévention des risques des résistances aux produits en culture de pomme de terre).

En cas de mildiou déclaré

Tout d’abord, il convient de respecter les points précédents pour éviter de se trouver dans cette situation. Il n’existe pas de solution de rattrapage pour faire disparaître les taches de mildiou. L’objectif est de protéger efficacement le feuillage encore sain.

Les foyers atteints par la maladie, voire toute la parcelle en cas de forte infestation, seront immédiatement défanés et l’irrigation sera limitée. Si les symptômes sont diffus dans la parcelle, il faut intervenir dès que possible et avant 5 % de feuillage détruit avec des fongicides à action curative (cymoxanil) et/ou antisporulante (comme Proxanil) dans une succession de 2 traitements à 3 jours d’intervalle en alternant les matières actives. L’utilisation de mélanges autorisés associant des spécialités à modes d’action complémentaires est recommandée pour le premier traitement en cas de très forte attaque (liste de mélanges homologués sur www.arvalisinstitutduvegetal.fr).

Coupe de tubercule de pomme de terre contaminé par le mildiou.

 La combinaison, dans les programmes sur mildiou déclaré, des 2 modes d’action (contact et produit diffusant) permet de ralentir au mieux la progression de l’épidémie.

Il est important de vérifier que le Délai Avant Récolte (DAR) des produits utilisés est compatible avec la date de récolte de la parcelle. Pour ce faire, se reporter aux prescriptions de l’étiquette.

Souches A2Certaines souches de mildiou (A2) ont la possibilité, par recombinaison avec les souches classiques (A1), de former des oospores capables de se conserver dans le sol pendant quelques années. Ce comportement permet, si les conditions climatiques de printemps sont favorables, un démarrage précoce des épidémies.

La proportion de souches A2 dans les échantillons analysés par les Services Régionaux de l’ALimentation a augmenté fortement et régulièrement depuis 2004. Il convient donc de surveiller cette évolution et d’être prudent sur les démarrages d’épidémies lors de printemps humides.

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Pour en savoir plusACTA, 2011 - Index phytosanitaire (mise à jour annuelle).

ARVALIS - Institut du végétal, 2011 - Mildiou de la pomme de terre. Comment bien protéger ses parcelles ? Tiré à part de Perspectives Agricoles, n° 374, janvier 2011.

ARVALIS - Institut du végétal, Ministère de l’Agriculture, DGAL-SDQPV, 2010 - Dépliant « Protection des pommes de terre : lutte contre les maladies, les ravageurs, les mauvaises herbes, le défanage et la germination » (mise à jour régulière).

ARVALIS - Institut du végétal, 2007 - Mildiou : Note technique - Gestion du risque mildiou avant la récolte et bonnes pratiques de récolte et de stockage.

SRAL, ARVALIS - Institut du végétal, 2009 - Stratégie de lutte contre le mildiou de la pomme de terre. Note commune.

Sites internet

Pour les mélanges autorisés sur culture de pomme de terre :

ARVALIS - Institut du végétal : www.arvalisinstitutduvegetal.fr

Ministère de l’Agriculture : www.agriculture.gouv.fr

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