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Zones de jaunissement dans une parcelle de céréale indiquant des symptômes de carences en Champagne-Ardenne Messagerie Champagne-Ardenne

Prévoir des apports de soufre sur céréales

20 février 2020

Cette année, le risque de carence en soufre sur céréales est favorisé par la forte pluviométrie enregistrée depuis le début de la campagne. Les doses de l’apport doivent tenir compte de ce niveau de pluies et du type de sol.

A quoi sert le soufre ?

Le soufre est absorbé par les céréales essentiellement sous la forme sulfate, il intervient dans la synthèse de la chlorophylle et des protéines. Les céréales absorbent entre 50 et 70 kg SO3/ha. La cinétique d’absorption du soufre est analogue à celle de l’azote, l’essentiel de l’absorption ayant lieu pendant la montaison. Les pertes de rendement dues à une carence en soufre sont de 2 à 10 q/ha dans le cas d’une déficience modérée, et peuvent aller jusqu’à 30 q/ha dans les cas les plus graves.


Photos 1 à 3
 : carence en soufre : symptômes en foyers, croissance légèrement altérée, décoloration des jeunes feuilles.

Un risque de carence différent selon le type de sol

Dans le sol, le soufre est essentiellement présent sous forme organique (comme l’azote). Il est minéralisé sous la forme sulfate et peut alors être entraîné en profondeur par les eaux de drainage. La sensibilité du sulfate au lessivage est plus forte que le nitrate.

La carence en soufre se manifeste préférentiellement sur :
- des sols avec risque de lixiviation du sulfate élevé (argilo-calcaires superficiels) en interaction avec la pluviométrie hivernale,
- les sols de de craie à plus faible capacité de réchauffement au printemps où la minéralisation démarre plus tardivement,
- de manière générale sur les sols à faible minéralisation du soufre organique, soit en raison d’une teneur en matière organique faible, soit en raison d’un taux de minéralisation faible (sols calcaires).

Plus de 400 mm de pluie durant l’hiver : l’année est à risque de carence !

Notre grille ARVALIS de préconisation d’apport de soufre (tableau 1) distingue trois niveaux de risque en fonction des sols. Elle tient compte à la fois du risque de lixiviation du sulfate et de la fourniture de sulfate par minéralisation plus faible ou décalée dans le temps.

1> Dans les situations à risque élevé (sols superficiels filtrants), l’année est considérée à risque lorsque la pluviométrie (du 1er octobre au 1er mars) dépasse 250 mm : le seuil est largement dépassé sur les stations météo de la région puisque la moyenne est à plus de 400 mm, tout en sachant que le cumul s’arrête au 15 février (il faudrait intégrer les pluies de la dernière quinzaine de février).

2> Dans les situations à risque faible et moyen, l’année est considérée à risque lorsque la pluviométrie hivernale (1er octobre au 1er mars) dépasse 400 mm : c’est le cas pour 80 % des postes météo (tableau 2).

Tableau 1 : Grille de préconisation d’apport de soufre (kg/ha de SO3) entre début et fin tallage, sur blé pour un rendement de 80 q/ha - Situations sans apports réguliers et fréquents de matière organique (moins de 3 apports en 10 ans)

Source : ARVALIS - Institut du végétal

Les doses proposées par la grille doivent être modulées selon le potentiel de rendement : écart de préconisation de 5,5 kg SO3/ha pour un écart de 10 q/ha.

En cas d’apports fréquents (≤ 3 ans) et réguliers (au moins depuis 10 ans) de produits résiduaires organiques (fumiers, composts…) contenant du soufre, un apport de 20 à 30 unités n’est conseillé que dans les sols à risques élevés.

Tableau 2 : Cumuls de pluies (en mm) du 1er octobre 2019 au 15 février 2020 (réseau MétéoFrance - ARVALIS - Institut du végétal)

A quel moment effectuer les apports ?

Les apports de soufre sont à réaliser avant le début de la montaison. D’un point de vue pratique, ils sont généralement réalisés lors du premier apport d’azote vers fin tallage.

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