En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des contenus adaptés à votre région et réaliser des statistiques.

En savoir plus
ergot sur blé en 2019 Messagerie Centre / Ile-de-France / Auvergne

Présence d’ergot à la récolte : les bonnes pratiques à mettre en œuvre au champ

14 août 2019

Dans un contexte où la maîtrise de l’enherbement des parcelles et l’entretien des bordures des champs se compliquent, la présence d’ergot n’est pas si rare dans notre région. Après la récolte, les sclérotes tombés au sol constituent une source de contamination pour les campagnes suivantes. Voici les recommandations pour les parcelles concernées.

Une présence révélée par des sclérotes noirs dans les lots récoltés

Les sclérotes de blé, de seigle et plus généralement de céréales, ressemblent le plus souvent à des crottes de rats. Pour les distinguer, les sclérotes sont facilement sécables et présentent une section blanc violacé. Les plus gros peuvent prendre une forme de « massue » et peuvent atteindre 5 cm. Les plus petits correspondent à des micro-sclérotes adhérents au grain qui passent le plus souvent inaperçus. Les sclérotes observés dans les bennes peuvent provenir de la culture ou des graminées adventices (vulpin, ray-grass).

Toutes les graminées cultivées ou adventices peuvent être affectées, mais il existe des différences de sensibilité entre espèces : Seigle > Triticale > Blé dur, Blé tendre, Orge, Avoine. Côté adventices, le vulpin apparait plus sensible que le ray-grass.

Figure 1 : les différentes catégories de sclérotes



Source : ARVALIS – Institut du végétal

Une présence encadrée par différentes réglementations européennes
La nuisibilité de l’ergot ne s’exprime pas sur le rendement, mais par la production d’alcaloïdes toxiques pour l’homme et les animaux. La présence de sclérotes dans les lots de céréales destinés à l’alimentation humaine ou animale est ainsi réglementée pour les céréales non moulues.

Pour l’alimentation humaine : la limite maximale réglementaire est fixée, pour les sclérotes d’ergot, à 0,5g/kg de céréales (excepté pour le maïs et le riz).

Pour l’alimentation animale : la présence de sclérotes dans les lots de céréales ne doit pas dépasser 1 g/kg.

Pour les semences : la réglementation tolère un maximum de 3 sclérotes ou fragments de sclérotes pour 500 g de semences certifiées et 1 sclérote ou fragment de sclérote dans les semences de base.

Labourer la parcelle infestée

Des sclérotes sont généralement tombés au sol avant ou au moment de la récolte. Un labour ou tout autre travail du sol permettant d’enfouir les résidus (et donc les sclérotes) à plus de 10 cm, réduit fortement le risque de contamination pour la culture suivante. Les sclérotes enfouis qui germeront l’année suivante ne pourront pas émettre de spores (source de contamination primaire).

Des essais ARVALIS conduits entre 2010 et 2013 mettent en évidence que des sclérotes enfouis à plus de 5 cm ne sont plus viables après deux ans passés sous terre. Il est donc recommandé de faire suivre le premier labour par deux années de travail superficiel pour ne pas ramener de sclérotes à la surface.

Eviter de semer une céréale

Eviter de semer une céréale les deux années suivantes dans les parcelles les plus concernées. Alterner les céréales à paille avec d’autres cultures non-hôte permet de briser le cycle du champignon, à la condition de maîtriser l’enherbement.

Contrôler les graminées adventices

Les graminées étant des relais de transmission de la maladie et une source majeure d’entretien et de multiplication de l’inoculum, leur contrôle sur l’ensemble de la rotation constitue une mesure de prévention incontournable pour limiter la présence de ce champignon (fauchage des bordures de parcelles si possible avant floraison, maîtrise de l’enherbement par le désherbage).

Semences de ferme, la vigilance s’impose !

Pour éviter tous risques de contamination de nouvelles parcelles, le mieux est de ne pas utiliser un lot contaminé pour faire de la semence de ferme.

Pour plus d’informations, téléchargez le document Céréales à paille et ergot : des solutions pour évaluer et maîtriser le risque

Réagissez !

Merci de vous identifier pour commenter cet article

9 commentaires 20 août 2019 par MANGIN

D ACCORD SUR LA VARIETE CHEVIGNON SENSIBLE CA CONCERNNE LES BIOS COMME LE CONVENTIONNELLE FAUT TRAVAILLER ENSEMBLE. ENTRE NOUS ON ES PLUS PRES DES BIOS EN AGRICULTURE RAISONNEE QUE DS L AGRICULTURE INDUSTRIELLE BRESILLIENNE ET AMERICAINNE

19 août 2019 par BOUTTET

Bonjour, Les informations fournies dans cet article sont applicables en bio comme en conventionnel. La présence de sclérotes n'est pas corrélée dans notre région à un type d'agriculture. Les régionaux ARVALIS

17 août 2019 par ROBINET

Oui, je confirme, le Bio est fiable avec de la rigueur, comme le veut notre cahier des charges. L'ergot dans les céréales se constate en Bio comme en conventionnel, lié effectivement à l'année, aux espèces et au variétés les plus sensibles. Il ne faut pas oublier que toute céréale à but alimentaire qui résulte d'une agriculture conventionnelle est "chargée" de produits chimiques que nous consommons.

16 août 2019 par CORDIER

ergot, charbon, datura …. tout ça contient des alcaloïdes qui détruisent le système nerveux. Le bio est t-il vraiment sain?

16 août 2019 par ROEDERER

petit témoignage de 2018. Un boulanger, cherchant à réduire les intermédiaires, m'a demandé de cultiver pour essayer, un lot de semences """bio""" contenant (soit disant) des variétés "originelles antiques". J'y ai consacré 20 ares en conventionnel. Le résultat est merdique! Tout d'abord, le lot de semences contenait plusieurs espèces: orges, seigles, triticales (probablement) et plusieurs sortes de blés... A la récolte 5 ou 6 étages d'épis et une récolte versée. Et 400 kg de grains fortement contaminés à l'ergot... dont on ne sait que faire! Parce que cela ne se trie qu'avec un trieur optique (qui vaut "un bras et la main"). Le boulanger envisageait de transformer cela en farine sans autre forme de procès; mais je lui ai dit qu'il devait prendre la responsabilité d'une intoxication éventuelle chez ceux qui serviraient de cobayes... Mais cela ne l'a pas dissuadé de contractualiser cette année avec un céréalier bio de la région. J'ose espérer, sans trop savoir, qu'il a pris des garanties concernant ce problème . A sa décharge, il faut dire que la fourniture de farine bio en France est couverte par des approvisionnement en Ukraine...! Lequel d'entre nous est capable de certifier que le bio Ukrainien répond aux même critères que le Français ? Et qu'il n'a pas été cultivé sur des terres exposées aux radionucléïdes... Ceci dit, j'ai observé, en conventionnel la présence aussi de sclérotes (+ ou - selon les années) sur la variété Laurier. Renseignement pris, il s'agirait d'une variété qui ouvrirait plus ses glumes et glumelles lors de la floraison-fécondation que les autres. Ce que je n'ai pas la possibilité de vérifier par moi-même. Ce qui est sûr, c'est que je n'arrêterai pas de labourer et que je n'arrêterai pas non plus la variété Laurier (excellent potentiel chez nous) ;

16 août 2019 par MARTIN

On rigole ! Voilà un parasite que des générations d'agriculteurs ont travaillé à éliminer et maintenant les écolo bobos bios en interdisant le traitement des semences le remet en culture ! Bravo ! On en en a encore d'autre à écrire pour mettre par terre l'agriculture raisonnable ? On rappelle des cargaisons de blé panifiable refoulés dans le sports importateurs à cause de la présence de sclérotes ! La réglementation européenne, écolo bobo bio, laxiste sur les dangers de sclérotes est d'autant moins acceptée ailleurs que les céréales des gros pays exportateurs n'est contiennent pas !!!

16 août 2019 par BEINER

Oui le bio est fiable . Mais il faut de la rigueur Déchaumage et faut semis ext..... Être un bon observateur Faire le métier avec amour

16 août 2019 par MAUBAN

Fiabilite du bio ?

16 août 2019 par CAPELLE

ergot vu dsz variete Chevignon surtout

  • ARVALIS - Institut du végétal
    • 3, rue Joseph et Marie Hackin
      75016 PARIS
      Tél : + 33 (0)1 44 31 10 00
      Fax : + 33 (0)1 44 31 10 10