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une remorque de blé vide le grain dans la fosse à la coopérative Messagerie Centre / Ile-de-France / Auvergne

Présence d’ergot à la récolte : les bonnes pratiques à mettre en œuvre

19 août 2021

Si la présence de ce champignon dans la récolte ne constitue pas systématiquement un danger, des mesures s’imposent pour réduire les risques pour les années suivantes dans les parcelles contaminées.

Une présence révélée par des sclérotes noirs dans les lots récoltés

Les sclérotes constituent la forme de dormance du champignon. Ils lui permettent de passer l’hiver dans le sol, pour germer au printemps. Les sclérotes de blé, de seigle et plus généralement de céréales ressemblent le plus souvent à des crottes de rats. Pour les distinguer, les sclérotes sont facilement sécables et présentent une section blanc violacé. Les plus gros peuvent prendre une forme de « massue » et atteindre 5 cm. Les plus petits correspondent à des microsclérotes adhérents au grain, qui passent le plus souvent inaperçus. Les sclérotes observés dans les bennes peuvent provenir de la culture ou des graminées adventices (vulpin, ray-grass).

Toutes les graminées cultivées ou adventices peuvent être affectées, mais il existe des différences de sensibilité entre espèces : seigle > triticale > blé dur, blé tendre, orge, avoine. Côté adventices, le vulpin apparaît plus sensible que le ray-grass.

Figure 1 : Les différentes catégories de sclérotes
Les différentes catégories de sclérotes

(Source : ARVALIS – Institut du végétal)

Une présence encadrée par différentes réglementations européennes

La nuisibilité de l’ergot ne s’exprime pas sur le rendement, mais par la production d’alcaloïdes toxiques pour l’homme et les animaux.

Des réglementations européennes encadrent la présence de sclérotes et les teneurs en alcaloïdes des lots de céréales.

Pour l’alimentation humaine, la limite maximale réglementaire est fixée, jusqu’au 31 décembre 2021, à 0,5 gramme de sclérotes d’ergot par kilo pour les céréales brutes (excepté pour le maïs et le riz). A partir du 1er janvier 2022, cette limite passera à 0,2 g/kg pour les céréales brutes à l’exception du seigle qui restera jusqu’en juin 2024 à 0,5 g/kg. Des teneurs maximales pour les alcaloïdes de l’ergot sur produits transformées ont été définies et seront également appliquées dès 2022.

Pour l’alimentation animale, la présence de sclérotes dans les lots de céréales ne doit pas dépasser 1 g/kg (Directive européenne 2002/32).

Pour les semences, la réglementation tolère un maximum de 3 sclérotes ou fragments de sclérotes pour 500 g de semences certifiées et 1 sclérote ou fragment de sclérote dans les semences de base (Directive européenne 66/402).

Des solutions de gestion à la parcelle

Labourer la parcelle infestée

Des sclérotes sont généralement tombés au sol avant ou au moment de la récolte. Un labour ou tout autre travail du sol permettant d’enfouir les résidus (et donc les sclérotes) à plus de 10 cm, réduit fortement le risque de contamination pour la culture suivante. Les sclérotes enfouis qui germeront l’année suivante ne pourront pas émettre de spores en surface (source de contamination primaire).

Des essais ARVALIS conduits entre 2010 et 2013 mettent en évidence que des sclérotes enfouis à plus de 5 cm ne sont plus viables après 2 ans passés sous terre. Il est donc recommandé de faire suivre le premier labour par deux années de travail superficiel pour ne pas ramener de sclérotes à la surface.

Eviter de semer une céréale

Eviter de semer une céréale les 2 années suivantes dans les parcelles les plus concernées. Alterner les céréales à paille avec d’autres cultures non-hôtes (oléo-protéagineux, betterave, maïs…) permet de briser le cycle du champignon, à la condition de maîtriser l’enherbement.

Contrôler les graminées adventices

Les graminées étant des relais de transmission de la maladie et une source majeure d’entretien et de multiplication de l’inoculum, leur contrôle sur l’ensemble de la rotation constitue une mesure de prévention incontournable pour limiter la présence d’ergot (fauchage des bordures de parcelles si possible avant floraison, maîtrise de l’enherbement par le désherbage).

Semences de ferme : la vigilance s’impose !

Pour éviter tous risques de contamination de nouvelles parcelles, le mieux est de ne pas utiliser un lot contaminé pour faire de la semence de ferme.

Une vidéo pour tout savoir sur l’ergot en 4 minutes

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